Samarkand ! Samarkand ! et ses auteurs !

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« Tous les hommes du roi commence
comme une comédie du pouvoir, emprunte les chemins
de la fresque historique et se conclut sur un entrelacs
de tragédies, la somptuosité de l’écriture le disputant
dans chacun de ces registres à la profondeur de la pensée.
Chef-d’œuvre ? Oui, dix fois plutôt qu’une. »
Les Inrocks

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L E S   C H A R M A N T E S   E T   C H A R M A N T S
A U T E U R S   D E   S A M A R K A N D !   S A M A R K A N D ! ,
C E   Q U ' I L S   O N T   S U R   L E U R S   B U R E A U X
E T   C E   S U R   Q U O I   I L S   T R A V A I L L E N T
E N   C E   M O M E N T .

PAR EUX-MÊMES

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Stéphane Sanchez

Sur son bureau, il y a lui, effondré sur ses papiers épars, et au milieu de ce chaos trône une plante. C’est une orchidée. Une phalaenopsis schilleriana. Il aurait dû se méfier de cet étrange végétal: ses fleurs rares et ses longues feuilles plates – séparées par une quarantaine de centimètres de tige nue – se détestent. Si l’on veut d’elle des feuilles saines et bien vertes, un arrosage régulier est requis; mais alors, point de fleur. Juste une tige dressée, ridicule et stérile. À l’inverse, si l’on veut voir ses délicates fleurs roses calicées de blanc éclore, peu d’eau il faut. Toutefois, pendant ce temps, les feuilles à sa base jauniront et s’affaisseront comme un carton humide.
— Regardant sa plante, il comprit qu’il ne valait guère mieux qu’elle. Lui aussi était une histoire.
Et sans rien connaître de la philosophie allemande, il rit de son auteur et de sa triste imagination, il rit sans fin, de ce rire nietzschéen que personne n’entendra jamais.

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Didier Rouge-Héron

Rien. Sur son bureau il n’y a rien. D’ailleurs, un écrivain ça n’a pas de bureau. Ou alors partout, nulle part. Ça ne produit pas à la demande, attaché à sa chaise, un écrivain, ça ressent et à tout instant. Chaque seconde de sa vie est une pétoire à émotions. Le bureau, il lui servirait à quoi, hein, quand il se promène dans le noir, quand il nage dans le vague, quand il baise ou qu’il pisse et continue de penser? Les images défilent en permanence, à toute vitesse, souvent beaucoup trop vite pour pouvoir les saisir. Le stylo, le clavier, c’est juste pour fixer ce qu’il a pu attraper au passage, les débris de la tornade quoi.
— En 2006 paraîtra aux Belles lettres la nouvelle «À l’ouest du paradis», une fugue amoureuse poétique et dépressive sur toile chromo de ciel californien. La dérive stroboscopée en noir et blanc de deux âmes égarées, deux êtres rongés de solitude qui luttent pour ne pas se perdre dans leur propre néant. Avant même de penser à s’aimer.

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Pierre Cendors

Une boîte d’aquarelle, un pot rempli d’eau, six dessins finalisés, cinq numéros de Pestry Tyden (La semaine multicolore, un illustré tchécoslovaque de 1941), des pinceaux, un carnet, une lampe, deux CDs (Mystère des voix bulgares et le dernier Tiersen)
— 1) L’homme caché, un recueil de nouvelles sur Endsen. Parution chez Finitude, en février 2006. 2) Un roman sur Endsen (encore sans titre). Environ deux cent pages jusqu’ici. On y découvrira son vrai visage avec celui de Flora Lunebourg, Lars Norstrom et Harry Houdini. 3) Une commande d’illustrations pour un recueil musical. Parution en fin de cette année. 4) «Talismans mythographiques», un cycle de douze toiles (100 x 100cm), huit terminées. 5) Sur moi ! 6) Et sur l’appartement. Je viens de déménager. 7) Le questionnaire d’un certain représentant…

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Cécilia Colombo

Elle a installé son bureau sous son lit, parce que c’est une idée plaisante, ce qui est une justification suffisante. Peut être aussi parce que la situation quasi souterraine de son aire de jeu limite le nombre de choses qu’elle peut y entasser. Equipée d’une lampe, de dizaines de crayons de toutes les couleurs, de pinceaux, d’un suzuri, de carnets, de sable rouge du Maroc, de littérature érotique, de piles usagées qui attendent le recyclage, d’un Monsieur Jack et de son chien Zéro, de tickets de métro usagés ou neufs, d’encre de Chine en bâton et en flacon, d’une tasse de thé blanc, de mots rares et précieux, d’échantillons de crèmes, de parfums et de shampoings très chers, d’un galet de cade, d’un pliage origami qui représente un Totoro, de marque- pages en papier, de trousses en cuir, de plioirs, de mouchoirs de papier, d’une planche à découper auto-cicatrisante, de photos de famille et d’amis qui rigolent, de celle d’une femme endormie, de fleurs fanées, de pommes de pin, de boîtes en bois, d’un page’up à motif vache, de pièces italiennes, d’aquarelles en godet, de bouts de cuir, d’une déclaration d’impôts, de livres de Yoko Ogawa, de BK77 bleus, d’un palm, de roses dans une fiole pleine d’une solution ambrée trouvée dans une poubelle, de kaléidoscopes, de numéros de téléphone, de Kusanagi et d’Akira, d’une boite à musique qui joue en boucle les premières mesures de la «Sonate au clair de lune» de je sais plus qui, d’un plan rafistolé de Toulouse, de papiers méga chers et d’autre pas, et d’un ordinateur d’une marque très classe, le tout organisé en strates, elle s’attelle à raconter des histoires portant sur des choses dont elle n’a aucune idée, et se déroulant dans des endroits où elle n’a jamais mis les pieds, se situant à l’est de Toulouse et au-delà de Marseille.

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Pascale Dietrich

Une lampe à ressort, un bloc-notes à poils, une cuillère à doser, un teckel miniature, une gomme à conneries, un stylo à bulles, une loupe grossissante, un téléphone muet, une trompe à vélo, la tête de ma voisine en plastique mou, une épingle à tricoter plantée dedans, bien au centre du crâne, voici les éléments indispensables à ma concentration qui sont en permanence sur mon bureau (une grande planche soutenue par deux piles de cent cinq numéros de la RNB, Revue Nationale de la Broderie).
— Mais j’allais oublier l’essentiel : mon écran plat dernier cri et mon ordinateur qui renferme dans son ventre l’un de mes premiers romans, Pustule, publié chez Manuscrit.com, ma première nouvelle de science fiction primée, «Le Hasard destructeur», ainsi qu’une autre nouvelle primée et publiée il y a deux ans à l’occasion de la Manifestation Lire en fête à Paris, «Le silence des machines». Il contient également, entre autres, deux étranges romans encore inconnus du public et est actuellement en train d’ingurgiter une histoire dont le narrateur principal est un SMS.

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Mathias Gosselin

Trop de choses car je voudrais qu’il n’y ait rien. Tout le temps nécessaire. Des dictionnaires : des synonymes, analogique, Petit Robert, Larousse. Des chemises contenant des nouvelles à réécrire pour la cinquième fois. Dans le coin gauche, un écran d’ordinateur hors d’usage qui sert de panneau photos, surmonté d’une toile peinte tendue sur un cadre. Des recueils de nouvelles de grands maîtres, et le modeste mien, «Le Tas», paru chez Editinter. Des coquillages, des clefs, des boîtes, des têtes de personnages en papier qui tirent la langue. Beaucoup de bazar en attente. Juste la place pour poser mon ordinateur portable.
— Sur une nouvelle. Sur une méthode d’écriture un temps délaissée : ne pas commencer une phrase tant que la précédente ne me satisfait pas. Que du plaisir !

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Ibis Sepùlveda Santana

Mon bureau est toujours surchargé, pourtant,il est très spacieux. La charge se compose des mêmes – chers – objets qui m’accompagnent et me ravissent depuis une éternité. Bien sûr, il y a eu des ajouts, comme l’ordinateur et l’imprimante; des changements, comme le téléphone, mais les boîtes à stylos, à crayons et à pinceaux restent. Les boîtes pour l’aquarelle et la peinture à l’huile s’empilent dans un coin. Les papiers ne sont pas partout , ils ne s’éparpillent que dans la moitié droite où je peins et fais mes collages. Au milieu ou au fond du bureau, il reste toujours une place pour TIGRILLO (alias Margay) qui adore m’embêter lorsque «je travaille» et pour qui ce n’est qu’un jeu de plus pour nous deux. Il s’endort en jouant avec la colle, un morceau de tissu, une gomme. Souvent, il y a aussi un Lapsang Souchong qui fume et qui me réchauffe le cœur et les pensées. Il y a aussi, au moins, quatre paires de ciseaux? c’est que j’aime faire du découpage! En ce moment, je peins et je fais des collages car je prépare une petite exposition pour le mois de février. Mes tableaux se composent de divers éléments. Celui-là, qui est presque fini, raconte l’histoire d’un « poichou » (poisson) bleu qui, en jouant avec des perles,  rêve de devenir un joli vase bleu qui porterait de belles fleurs rouges ! À moins que ce ne soit le vase qui aurait déjà rêvé d’être un poichou. Hou là-là!

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Julien Campredon

Mon bureau est assez petit, d’un côté une caisse de rangement contient quelques livres, et de l’autre une caisse de vin contenant des numéros zéro de MTL surélève mon ordinateur portable pour des questions ergonomiques. Une autre caisse (cette fois-ci c’est une boîte de matériel médical de l’armée) contient tout ce que je ne sais pas où ranger. Sur le petit carré libre qui reste, une masse informe de documents plus ou moins importants traîne. Heureusement j’ai une annexe à mon bureau : mon lit. Dessus il y a une lettre de refus de publication pour une nouvelle publiée depuis un an dans MTL, des livres sans doute et des mouchoirs. Mais il reste une place libre… J’attends une réponse d’un éditeur pour publier un petit livre contenant une seule nouvelle, celle-ci ayant pour sujet le Salon du livre de Paris de l’année dernière. Rien n’est encore sûr. Le titre en est: «Boris le Babylonien contre l’Aligot Littéraire».
— L’idée de cette nouvelle m’est venue l’année dernière, période au cours de laquelle j’ai eu pas mal d’idées: j’avais alors noté trois autres projets de nouvelles. Je suis en train d’entamer la dernière qui a pour sujet la difficulté du logement, celle-ci poussant le personnage principal à sous-louer une tombe. Concernant les deux que je finis de corriger actuellement, «Condevielh!» parle de l’ANPE et du choc générationnel larvé que nous connaissons aujourd’hui, et «Jean-François Cérious ne répond plus» a pour sujet la mégalomanie, et un tout petit peu Montauban, ville que contrairement à ce que l’on pourrait croire, je connais peu. Aujourd’hui la logique voudrait que je m’attaque à un roman, mais je ne suis pas certain que la forme romanesque me corresponde. En attendant, je vais lire Don Quichotte, que je n’ai toujours pas lu (c’est un scandale!)

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Bernard Quiriny

Un ordinateur portable Hewlett Packard Pavilion ze4500 ; un bocal de stylos; une lampe de bureau; un avis d’imposition pour la taxe d’habitation 2005, reçu hier; un Petit Larousse illustré 1989 rafistolé au scotch; un porte-documents bourré à bloc; un exemplaire de mon recueil L’Angoisse de la première phrase (Phébus, 2005); Les Fous littéraires d’André Blavier, à rendre à la bibliothèque universitaire le 15 octobre; une clef USB de petite contenance; un exemplaire du Droit du contentieux administratif de René Chapus, onzième édition.
— Sur le Droit du contentieux administratif de René Chapus, onzième édition; sur un texte de commande concernant l’excellent libraire d’anciens et romancier Gérard Oberlé; sur une série d’articulets littéraires et musicaux; sur toutes sortes de nouvelles nouvelles, en états d’achèvement variés; sur Chronique des Indiens Guayaki de l’anthropologue Pierre Clastres, en vue d’une histoire qui se passerait dans une tribu amérindienne complètement louche.

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Céline Robinet

Sur mon bureau, de gauche à droite: Le dieu des petits riens d’Arundhati Roy, Accordez-moi cette valse de Zelda Fitzgerald, une clé, une disquette, un ordinateur portable, deux carnets de notes, l’étui de mes lunettes de piscine, une pile de Monde Diplomatique et Courrier international non lus, les nouvelles de Kafka, un bloc de post-it, une tasse de thé, Portrait d’un juif d’Albert Memmi, deux autres carnets de notes, un pot de crayon gris et un de stylos, une pile de dossiers (banque, appartement, assurance, téléphone, électricité…), mon portefeuille et un bougeoir.
— Projets en cours: recueil de nouvelles plus roman (sortie prévue septembre 2006). Synopsis: Manipulation. Grande soeur. Journal intime. Complexe d’infériorité. Fuite. Berlin. Schizophrénie. Paranoïa. Mythomanie. Dédoublement de personnalité. Inceste. Jeux. Destruction perverse, affective. Projections. Chimères. Optimisme désespéré. Impasse. Suicide. Manipulation?

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Christian Zorka

Au-dessus du bureau de Christian Zorka, on verra surtout des reproductions de tableaux sous forme de cartes postales (portraits réalisés par Van Dongen, Schiele, Heckel, Goya). Sous son bureau, il n’y a guère que des fils électriques. Sur la surface de travail elle-même, il n’y a guère que des Post-It, un peu d’émotion et encore des cartes postales. À présent, Zorka est à l’écriture d’un roman (presque terminé), de plusieurs recueils de poésies et d’une sorte de journal intitulé Brooklyn-Montréal. Il travaille également à l’élaboration de son site web: www.christianzorka.com

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Thierry Acot-Mirande

Sur son bureau, il y a, comme d’habitude les éléments de son ordinateur. À sa droite, une bibliothèque… Il se trouve face à une fenêtre.
— Aujourd’hui, je n’ai rien fait, mais de nombreuses choses se sont accomplies en moi (Roberto Juaroz, Poésies verticales) Au moment où sort ce recueil, Thierry travaille à la traduction en anglais de l’un de ses recueils de poèmes; l’une de ses nombreuses nouvelles, «Interview», vient d’être publiée dans une anthologie sur les tatouages et une autre, «Ghost», dans une anthologie consacrée au jazz. Il vient de finir un roman fantastique Paradis perdu qu’il cherche à publier, s’apprête à créer une collection d’entretiens, prépare une étonnante anthologie sur les anti-religions, et enfin, collabore à une anthologie sur les écrivains oubliés ou enterrés.

Samarkand ! Samarkand !

 

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V O U S   Ê T E S   S U R   L E    S I T E   D E S   É D I T I O N S
M O N S I E U R   T O U S S A I N T   L O U V E R T U R E