Samarkand ! Samarkand !
Monsieur Toussaint Louverture, numéro quatre
Ce cri de vigie, au sortir des brumes annuelles post-festives, est
un appel au merveilleux. Samarkand, pour la petite histoire, fut une
capitale de l’empire ottoman. Elle se trouve aujourd’hui
en Ouzbékistan. Fondée au XIVe siècle par Timur
Lang (Tamerlan, en V.F.), qui n’était pas la moitié d’un
mégalomane puisqu’il se prétendait l’héritier
de Gengis Khan, Samarkand fut un centre intellectuel et artistique
au rayonnement cosmique (j’exagère à peine).
Ce
nouvel opus de l’équipe de Monsieur Toussaint Louverture
mérite le qualificatif de « super », si cher à ses
concepteurs. Pourquoi est-il “super” et pas juste “bien” ?
C’est parce que cette revue, débordant d’enthousiasme,
est réalisée avec de petits moyens et qu’en voyant
le résultat du travail de ces jeunes gens, on ne peut qu’être
absolument ébloui (par très beau temps, de préférence).
Une qualité de papier largement satisfaisante, une couverture
joviale et décalée, des illustrations aberrantes de créativité.
Un petit livre qui mériterait sa place dans la bibliothèque
de des Esseintes, le dandy d’A rebours, de J.K. Huysmans.
Mais
surtout, et c’est essentiel, douze histoires remarquables.
Douze contes de styles très différents (de la pureté Hemingwayienne à la
complexité de Kafka) ayant pour thématique enfouie un
lieu magique, utopique, une atmosphère confinant à la
rêverie. Dans la diversité de ces textes, il y a toujours
un espace qui canalise nos émotions vers le fantastique.
Que
ce soit en pays de Caux, avec Aube, de Matthias Gosselin,
ou au Mexique (Le diable ne se paye pas en Tequila, de Didier
Rouge-Héron),
on a l’impression de flotter entre les lignes, hors du temps
! Tout les univers oniriques de ces auteurs s’offrent à vous
pour une poignée de dollars (nous acceptons aussi les euros).
Le numéro quatre de Monsieur Toussaint Louverture est un instant
de détente, il faut s’y jeter à corps perdu, comme
l’indique la gravure du très joli marque-page d’Anne
Careil qui accompagne ce livre. Et, une fois arrivé à Samarkand,
espace de liberté artistique, laisser libre cours à la
poésie, à l’innocence et au rire.
PS : L’abus de parenthèses étant dangereux pour
la santé, je vous recommande de lire ce texte en les évitant
soigneusement.
Jean-Louis Benavent
. . . . . .
Monsieur Toussaint Louverture, la suite
Samarkand ! Samarkand ! : c'est le titre du nouveau numéro
de la vaillante revue de nouvelles Monsieur Toussaint Louverture, toujours
plus loufoquement belle sous sa couverture verte ou bleue en relief
et avec ses gravures signées Philippe Lemaire. Au sommaire,
des textes de Christian Zorka, Didier Rouge-Héron, Céline
Robinet ou Pierre Cendors, entre autres ; informations, commandes et
textes inédits sur le site de la revue.
Chronic'art.
. . . . . .
Monsieur Toussaint Louverture qui «présente aujourd'hui
Samarkand! Samarkand!», je cite, n'est ni une revue ni un livre
mais, émanant de Midi Pyrénées, un objet intermédiaire
empruntant au livre pour la forme et au spicilège (recueil
varié de découpures d’écrits, d’images
et de notes) pour les douzes participations qui constituent son contenu.
Sur le versant livre, c'est une réalisation d'une préciosité indéniable:
la couverture en relief avec dorure à chaud! les Garamond! le
Centaur naturel 110 gr!… La bibliophilie ne peut qu'être conquise.
Sur le versant anthologie: douze nouvellistes inconnus au bataillon
ayant pu aboutir chez les maîtres d'œuvre par voie électronique
(j'indique aussi que leur site est un modèle de clarté).
Enfin, cerise sur le gâteau, les reproductions des collages de Philippe
Lemaire qui ajoutent la touche «fin
de siècle» de définitive à cet ouvrage.
Comme un terrier dans l'igloo…
dans la dune!
Samarkand! Samarkand!