UN JOUR D'EMBAUCHE - LES PRÉLIMINAIRES, UN EXTRAIT

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« Tous les hommes du roi commence
comme une comédie du pouvoir, emprunte les chemins
de la fresque historique et se conclut sur un entrelacs
de tragédies, la somptuosité de l’écriture le disputant
dans chacun de ces registres à la profondeur de la pensée.
Chef-d’œuvre ? Oui, dix fois plutôt qu’une. »
Les Inrocks

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U N   J O U R   D ' E M B A U C H E
U N   E X T R A I T   D E S   P R É L I M I N A I R E S

PAR ANDRÉ CORES

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Aujourd’hui le propriétaire est venu me dire qu’il s’attendait à une visite du service sanitaire et qu’il fallait que je quitte la cave.
On l’avait dénoncé à la mairie, il ne pouvait vraiment pas me garder. J’ai dit que cela ne faisait rien, je trouverais bien autre chose. Ça n’a pas été très long de ramasser mes affaires, mais le propriétaire m’a ensuite demandé de l’aider à remonter le lit et la table, il ne fallait pas qu’on les trouve là. Nous avons eu bien du mal avec le lit, qui était très large, mais nous y sommes parvenus. Je voulais dire au revoir aux personnes que je connaissais dans l’immeuble, mais il ne m’en a pas laissé le temps : ils pouvaient arriver d’une minute à l’autre. Je lui ai fait remarquer qu’après tout je pouvais très bien être un simple visiteur, il acquiesça ; mais tout de suite après il me mit en garde, il était presque sûr que ceux qui l’avaient dénoncé avaient également donné mon nom, il valait donc mieux qu’ils ne me trouvent pas dans les environs, ça pourrait bien me faire des ennuis.
Dans le couloir d’entrée j’ai croisé deux hommes en costume, heureusement il faisait trop sombre pour qu’ils puissent distinguer mon visage. L’un d’eux sembla vouloir me parler, mais je ne me suis pas arrêté et il n’a rien dit.
Dehors il faisait frais, je suis resté un moment à flâner dans le quartier, pas trop loin de l’immeuble, espérant apercevoir l’un de mes voisins. Le café d’en face était fermé, sans doute eux aussi avaient peur d’une inspection, quoiqu’il m’avait toujours semblé que l’établissement était proprement tenu. Je me demandai si cela ferait vraiment plaisir à mes voisins que je leur dise au revoir, après tout je les connaissais à peine et j’allais les retarder alors qu’ils se rendaient à leur travail. Il était inutile de les mettre dans une situation embarrassante, je décidai de partir. Je m’éloignais rapidement lorsque je vis réapparaître les deux hommes en cravate accompagnés du propriétaire. Ils semblaient en bons termes, l’inspection s’était sans doute bien déroulée, il avait réussi à détourner leurs soupçons. 

RETOUR AUX PRÉLIMINAIRES

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V O U S   Ê T E S   S U R   L E    S I T E   D E S   É D I T I O N S
M O N S I E U R   T O U S S A I N T   L O U V E R T U R E