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Karoo est un salaud
mais la presse l’adore.
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N U M E R I S T A
A N T H O L O G I E D E N
O U V E L L E S
À L
I R E À T Ê T
E R
E P O S É E
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Quelques explications.
Numerista est le recueil numéro I
de Monsieur Toussaint Louverture, là où
Les Préliminaires devaient vous mettre en jambe – vous
donnez un aperçu – l'eau à la bouche – Numerista
est vraiment le type de livre que nous aurions aimé trouver
en librairie (ici notre argument marketing), un petit bouquet d'histoires
foutrement bien écrites qui ne vous laisseront pas indifférents
(parce que vous avez un cœur et des tripes). Si nous avons créé
MTL (mais c'est vrai ça, au fait, pourquoi?), c'était
pour arriver à publier des textes, des histoires comme ça ;
des auteurs qui sortent de nulle part et qui d'un trait nous
désarment,
ils ont tellement envie de vous rencontrer.

Techniquement, Numerista se présente comme
un livre ordinaire de 16,5 cm par 23,5, un grand livre ordinaire
de 10 euros seulement. Il contient 176 pages de surprises et nous
avons fait notre possible pour donner aux auteurs que nous aimons
(même Julien
Campredon)
le meilleur écrin pour ces bijoux d'histoires qu'ils ont
bien voulu nous faire passer pour que nous les fassions passer à
notre tour (ce monde merveilleux de l'édition entre jeunes
gens en colère et personnes de bonne volonté). Voici
donc les auteurs géniaux et des extraits de leurs textes :
UNHAPPY END
par le surprenant
Guillaume de La Croix.
« Je n’ai pas peur de mourir. Non, en réalité,
j’ai plutôt peur de mal mourir, de mourir dans la honte
ou dans la souffrance, de mourir au mauvais endroit, au mauvais
moment.»
VARIATION AUTOUR DE L'ILLUSTRE SCÈNE DE LAFFREY
par le délicat Cyril Pizoird.
« Onomatopée. Toc. Toc. Toc. Napoléon toque
à la fenêtre. Quoi encore ? “Une faute d’orthographe
!” Le vieux m’emmerdait. Parasite ! Trou du cul ! Vermine
! Ouste ! Retourne noyer tes manies dans le rhum ! Silence.»
SPYDER
par le mystérieux
Thierry Acot-Mirande.
« Un jour d’été, une très jeune
femme découvrit une porte, un passage plutôt, elle entra,
elle éprouva le sentiment déchirant qui touche à
la maison de l’enfance et aux traces qu’elle a laissées
pour toujours dans l’âme vagabonde. Elle prit une décision
; elle habiterait ici. Et c’est ainsi que commence cette histoire.
Le nom de la jeune femme, c’est Spyder.»
SULLE ROVINE/SUR LES RUINES
par le charmeur Franck
Rouanes.
« Je me suis installé dans le sens de la marche.
Je tourne ainsi le dos à d’où je viens. Je pars,
donc, puis me lève soudain : j’abaisse à ma
gauche la fenêtre à guillotine du compartiment et
me penche au dehors, malgré la mise en garde, – mon
visage alors giflé par le vent… Je me retourne une
dernière
fois sur elle ; sur moi…»
LA NOUVELLE HISTOIRE
par l'incroyable
Marie Bouts.
« M’ont eu, les ordures.
Le colosse m’a fait tomber.»

BRÛLONS TOUS CES PUNKS POUR L'AMOUR DES ELFES
par l'insupportable Julien
Campredon.
« Aujourd’hui le plus curieux c’est que –
même ma promotion – tout m’indiffère. Je
n’aime pas l’hiver. Du coup je préfère prendre
mes vacances en été et donc, désireux de fouler
de belles moquettes, j’ai suivi à partir de décembre
dernier un stage dans un service de direction de la Culture.»
LE SYNDROME DU SABLIER
par le
silencieux Frédéric Legros.
« Eddy claqua la portière de sa ford Mustang 1973 et
se mit une Pall Mall à la bouche. Il sortit son Zippo 50 et
joua du chalumeau pour allumer sa clope. Ed, comme on l’appelait
dans sa vallée, allait mourir d’un cancer métastasé
à 56 ans, les poumons aussi noirs que son trou du cul. Mais
aujourd’hui, il venait d’avoir 21 ans et à 21 ans,
comme on dit, on a la santé.»
VIENT VITE LA MONTAGNE À DOUCEMENT DESCENDRE
par l'étrange Sarah B.
« Direct dans 5 minutes, c’est la voix dans mon oreille.
Parce que cette vieille vision des choses, comme quoi il y a les
messages et il y a les messagers. Il faut bien dire que ça
marche dans les deux sens. Selon Simon, la plupart des gens n’ont
aucune opinion réellement personnelle à propos de
la télévision.
À propos de ce qu’est la télévision.»
Et bien entendu la participation surprise de Serge
Meitinger, Martine Prunier, Luc Santolini, Jean Vilain, Philippe de
Jonckheere, Édouard Marsal, Alain Sevestre, Benoït Bories,
Anna-Maria Bigot, John Kador, Sonia Marques et Laurent Decazeviele.
Nous espérons sincèrement que ce recueil
vous plaira, parce que comme d'habitude : nous y avons tout mis,
toute notre passion, tout notre temps, tout notre argent et tout
notre amour.
*
S I V O U S A
V E Z D E S Q U E S T I O N S ,
U N E X P E R T H A U T E
M E N T Q U A L I F I É
P E U T V O U S R É P O N
D R E ,
E N F I N .
*
Et pour ceux qui voudraient en savoir plus sur nos merveilleux auteurs,
souvent ça aide de savoir qu'un auteur est mondialement connu
pour acheter son livre.
MARIE BOUTS est née et a grandi dans le Sud-Ouest, elle vit
et travaille dans le Nord-Est, en ville. Elle invente des stratégies
de promenade et cherche le rythme de la pensée lente. Elle coud
ses pensées dans un manteau. Elle imagine une ville fondée
sur des rapports de contrôle et d’exclusion, dans laquelle
les humains se libèrent par la parole (Le Chemin de Ronde). Elle
va servir des verres de rouge aux clochards dans des verres à
pied et recueille leurs paroles (La Nouvelle Histoire). Elle se livre
à une manie quotidienne : dessiner les moments vécus et
cartographier les espaces entre les gens. Fait des tentatives répétées
d’envol au moyen de deux cagettes à légumes cousues
sur ses manches. Fait parler les maisons. Photographie le monde pour
s’assurer que les autres sont bien là et qu’il est
possible de vivre.
SARAH B. ne mange pas les enfants, ni ne se protège du soleil
avec une crème solaire. Ce n’est pas le genre de personne
à avoir grandi quelque part. Elle ne s’embarasse pas de
bagage quand elle voyage, selon le principe qu’elle ne peut pas
tout prévoir, alors elle ne voyage pas.

CYRIL PIZOIRD est étudiant en droit et sciences politiques à
Bordeaux.
FRANCK ROUANES nous parle de sa rencontre avec Monsieur Toussaint Louverture
: « C’était un dimanche. J’étais descendu
à Toulouse. Avec O…, on se promenait. Vers la prairie des
filtres. Je sais pas si tu vois où c’est ? » Je vois
à peu près. « Bon. On marche, tranquille, on discute
et puis soudain au milieu de la prairie, un cercle de tentes se dresse
devant nous. On entend un tambour, un fifre. Un grand feu crépite
au centre du cercle et un très jeune soldat accroupi près
du feu boit son café brûlant dans un récipient métallique.
Quelques chasseurs traînent, achèvent un déjeuner
frugal mais arrosé. Trois artilleurs plus loin sous une des tentes
bourrent des balles pour leurs fusils, modèle 1778. Un maréchal
d’Empire s’apprête à passer en revue derrière
le tambour et le fifre une escouade de hussards bien brossés
quand surgit un général noir, d’époque :
avec tricorne, et tout… » Et après ? « Et bien
après, ce monsieur m’a demandé de rédiger
une courte notice biographique à l’attention de quelques
amis possibles. » Il n’y a pas une philosophe qui rédigeait
toute biographie comme ça : “ Il est né. Il a travaillé.
Il est mort ” ? Heidegger, n’est-ce pas ? « Oui. Je
crois. » Et t’es même pas mort. « Non. Je ne
crois pas. » J’attendrai que tu sois mort pour lire quelque
chose de toi. « Attends toujours : j’ai tout juste vingt-cinq
ans ! » Tu ne crois tout de même pas sérieusement
que t’as de l’avenir ? «Raclure… »
FRÉDÉRIC LEGROS a 24 ans, c’est un petit barbu
à lunettes. Il est avant tout scénariste de bande-dessinée.
Dans ses bédés, il raconte souvent des histoires d’ours
costauds et de petites fées qu’affectionnent beaucoup les
enfants. BREF, tout le contraire de ce qu’il peut écrire.
À part ça, dans la vie, il aime bien certaines nouvelles
de H.P. Lovecraft, la cuisine italienne et la bédé que
certains trouvent mal dessinée... Il aime aussi beaucoup les
gens patients qui le laissent parler pendant des heures.
THIERRY ACOT-MIRANDE, né quelque part à Boulogne sur
Seine (France) dans la seconde moitié du vingtième siècle,
est un écrivain errant. Même s’il possède
une adresse administrative ; l’errant, à l’origine,
est quelqu’un qui ne sait pas où il va, qui ne l’a
pas déterminé au préalable, tandis que le nomade
connaît toujours ses chemins, ses relais, il a les étoiles
pour le guider. L’errant, c’est un apprenti d’ailleurs,
quelqu’un qui expérimente au fur et à mesure ses
chemins, qui les invente. Publications symétriques : deux romans
et deux recueils de poèmes (Odin éditions, Akimbo/Gilbert
Salachas), une nouvelle dans l’anthologie d’Alain Pozzuoli,
Le Sang des écrivains (éditions A Contrario). Collabore
à Monsieur Toussaint Louverture, publie des essais dans La Sœur
de l’Ange. Prépare un ouvrage de référence
sur les infiltrations extraterrestres dans nos cultures contemporaines.

GUILLAUME DE LA CROIX, guidé par une inlassable curiosité
et une énergie sans fin, a profité de ses premières
années d’homme majeur pour exercer de nombreux petits boulots.
Il a été notamment cosmonaute, ministre, pilote de F1,
chirurgien plasticien et danseur étoile. Pourtant, c’est
en restant tout simplement chez lui un dimanche après-midi pluvieux
qu’il a trouvé sa véritable vocation. Saturé
de séries américaines et de jeux vidéo, il a éteint
son poste, a pris un stylo, du papier et s’est enfermé
en mars 2002 dans sa chambre. Il en est ressorti un an plus tard avec
un roman intitulé Tom Cruise m’a volé ma vie. Encouragé
par ses proches, Guillaume a alors adressé son manuscrit à
son ancien camarade des Alcooliques Anonymes, Frédéric
Beigbeder qui s’est empressé de le faire publier chez Flammarion
où il est directeur littéraire. Présent en librairie
depuis le 3 mars 2004, ce roman connaît un beau succès
critique et public. À bientôt 30 ans, Guillaume de La Croix
est un écrivain heureux. Il s’apprête, dans les semaines
qui viennent, à s’enfermer de nouveau dans sa chambre pour
une année.
JULIEN CAMPREDON est un enfoiré qui mange à tous les
râteliers. Au dire du Représentant, il serait né
en Avril 2004 lorsque ces deux hommes se sont rencontrés ; d’autres
encore disent que Julien Campredon a déjà collaboré
à des centaines de revues, dont le fameux numéro 72 de
Brève. Enfin quoi, Julien Campredon est une légende et
si vous interrogiez les éditeurs, ils seraient unanimes : il
n’existe pas. Personnellement, je dirais que s’il existait,
il aurait la tête d’un mec qui est né en 1978 et
qu’il sent bon la violette. Curieusement, on ne trouve aucun numéro
spécial du Magazine Littéraire sur Julien Campredon. Alors
retenez ce nom et lisez braves gens : Julien Campredon Julien Campredon
Julien Campredon Julien Campredon Julien Campredon Julien Campredon
Julien Campredon Julien Campredon.
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