À propos de Steve Tesich

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« Tous les hommes du roi commence
comme une comédie du pouvoir, emprunte les chemins
de la fresque historique et se conclut sur un entrelacs
de tragédies, la somptuosité de l’écriture le disputant
dans chacun de ces registres à la profondeur de la pensée.
Chef-d’œuvre ? Oui, dix fois plutôt qu’une. »
Les Inrocks

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S T E V E   T E S I C H
[1942-1996]

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Stojan Tešic est né à Užice en Yougoslavie (dans l’actuelle Serbie), le 29 septembre 1942 et est décédé le 1er juillet 1996. Jusqu’à ses 14 ans, il fut élevé par sa mère (Goya) et sa sœur (Nadja) dans sa patrie, tandis que son père (Radishe), lieutenant dans l’armée Yougoslave durant la seconde Guerre Mondiale est porté disparu. En fait, Rade Tesich s’est rebellé et opposé au régime communiste du Maréchal Tito, puis s’est réfugié en Angleterre après s’être échappé d’une prison nazi. En son absence, Steve se crée un père mythique, héros de guerre, dont il raconte sans cesse les aventures.

En 1957, ils se rejoignent tous aux États-Unis, et l’adolescent de 14 ans  (désormais appelé Steve Tesich) se retrouve dans le quartier est de la ville de Chicago, ne parlant pas un mot d’anglais, mais des étoiles plein les yeux. Il apprend rapidement la langue (entre autres grâce à la télévision qu’il n’avait jamais vu auparavant) et, après le lycée, il obtient une bourse de lutteur à l’université d’Indiana, mais il se reconvertit au cyclisme après avoir découvert ce sport. En 1960, après seulement 3 années de retrouvailles un peu compliquées, Rade Tesich succombe d’une tumeur au cerveau, laissant son fils avec un vide existentiel qu'il explorera dans son œuvre, y compris dans Karoo. À l’université, Tesich obtient un master de littérature russe et commence un doctorat à l’université de Columbia. Lorsqu’il découvre qu’il est doué pour l’écriture, il abandonne son doctorat pour devenir écrivain.

« Au bout du compte, j'ai compris qu'une des meilleures façons d'apprendre à écrire était d'aller à l'université pour y étudier la littérature russe, l'une des meilleures du monde. Et pas seulement la littérature russe, d'ailleurs, mais aussi Shakespeare, Thomas Mann, Proust... Je n'ai jamais vraiment considéré cela comme une formation au métier d'écrivain, mais sans cette toile de fond, sans ce respect des idées qui m'a été transmis, je n'aurais jamais pu écrire quoi que ce soit. Il faut avoir quelque chose à dire avant de mettre une feuille dans une machine à écrire ; sinon, ce n'est que du gaspillage.» — Steve Tesich

Fin des années 1960, il essaye de vendre des chansons qu’il écrit. Mais pour payer les factures, il lui arrive de travailler à Brooklyn, en 1968, en tant que travailleur social. Ce boulot est parfait pour lui, sans réelle surveillance, il peut «s’éclipser» plusieurs heures par jour, il ne lui reste qu’à coucher sur papier, le soir, ses idées. C’est là aussi qu’il rencontre sa future femme, Rebecca Fletcher. Leur couple fonctionne très bien, Steve dira : « J’avais décidé d’être écrivain, et Becky avait toujours voulu être le genre de femme capable de soutenir un type comme moi.» 

En 1969, sa première pièce, The Predators est produite et jouée à l’Académie américaine des arts dramatiques. Avant ça, il est aussi coureur suppléant dans l’équipe des Phi Kappa Psi. En 1962, lors de la course cycliste Little 500, son coéquipier, Dave Blase, court 139 des 200 tours et mène son équipe à la victoire, en franchissant la ligne d’arrivée en tête. Ils se lient d’amitié par la suite. Dave Blase deviendra le modèle du personnage principal dans le scénario récompensé, entres autres, d’un Oscar de Tesich en 1979 : Breaking Away (La Bande des quatre).

Sa pièce Division Street, avec John Lithgow et Keene Curtis, débute à Broadway en 1980. Les pièces de Tesich après 1989, furent cependant moins optimistes que ses scénarios des années 1980. The Speed of Darkness (1989), Square One (1990) et On the Open Road (1992) reflètent tous une vision de l’Amérique beaucoup plus sombre que celle qui caractérisait son œuvre à ses débuts.

C'est par l'intermédiaire de Peter Yates qui, après avoir assisté à la représentation de l'une de ses pièces, lui demandera de travailler sur un scénario pour le cinéma. Le scénario ne sera pas porté à l'écran, mais Peter Yates sollicitera encore Steve Tesich pour un scénario original de ce dernier (tiré de son expérience de cycliste), « Breaking Away » (avec Dennis Quaid), qui sera porté à l'écran et recevra plusieurs récompenses dont l'Academy Award du meilleur scénario. Cette première collaboration ouvre les portes d'Hollywood à Steve Tesich. Après son Oscar et ses nombreux prix, la carrière de Tesich s’accélère, on lui propose beaucoup de projets. Néanmoins, il ne met pas de côté sa carrière de dramaturge, se servant de sa renommée dans le cinéma pour se faire connaître.

Durant sa carrière six scénarios qu’il écrivit furent portés à l’écran, ce qui est, pour beaucoup, significatif de son talent. Il ne se considérait pas comme un scénariste, ni un romancier ou un dramaturge ou encore un essayiste, il se voyait comme un écrivain au sens large du terme. Il écrivait tous les matins pendant 2 ou 3 heures et prenait des notes tout le reste de la journée (idées de situations, lignes de dialogues, souvenirs de son passé, questions et considérations). Ces notes, il les incorporait ensuite librement dans ces différentes créations (pièces, articles, romans).

Il publie son premier roman en 1982, Price, qui connaît un grand succès et est traduit en plusieurs langues. 14 ans plus tard, écrivain libre, il meurt au moment où son regard sur les États-Unis a changé du tout au tout — passé de l’utopiste rêveur qu’il était en arrivant à un critique amer et déçu — et son talent est parvenu enfin à maturité et s’incarne cruellement bien dans un livre unique et inoubliable, Karoo.

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V O U S   Ê T E S   S U R   L E    S I T E   D E S   É D I T I O N S
M O N S I E U R   T O U S S A I N T   L O U V E R T U R E