« Qu'il marche ou pas, le livre a tout du best-seller: construit et dialogué avec un grand savoir-faire, émouvant jusqu'à l'insupportable, il raconte sur un mode froidement surréaliste la cinquantaine en crise d'une ordure de Manahattan après le rush des années fric.» — Le Nouvel Observateur
Karoo
traduit de l'anglais (États-Unis)
par Anne Wicke
608 pages / 22 euros Achetez le livre
Achevé quelques jours avant la mort de Steve Tesich [1942-1996], Karoo est le chant du cygne d’un auteur hors norme.
Ce roman est l’odyssée d’un riche consultant en scénario dans la cinquantaine, Saul « Doc » Karoo, gros fumeur et alcoolique, écrivaillon sans talent séparé de sa femme et traînant plusieurs tares émotionnelles. En tant que script doctor pour hollywood, Saul Karoo mutile et «sauve» le travail des autres. En tant qu’homme, il applique le même genre de contrôle sournois à sa vie privée et se délecte de nombreuses névroses très particulières: son incapacité à se saouler quelle que soit la quantité d’alcool absorbée, sa fuite désespérée devant toute forme d’intimité, ou encore son inaptitude à maintenir à flot sa propre subjectivité. Même s’il le voulait, il ne pourrait pas faire les choses correctement, et la plupart du temps, il ne le veut pas. Jusqu’à ce qu’une occasion unique se présente à lui: en visionnant un film, il fait une découverte qui l’incite à prendre des mesures extravagantes pour essayer, une fois pour toutes, de se racheter.
SiKarooest bien l’ambitieux portrait d’un homme sans cœur et à l’esprit tordu, c’est aussi un pur joyau qui raconte une chute vertigineuse avec un humour corrosif. C’est cynique. C’est sans pitié. C’est terriblement remuant. C’est à la fois Roth et Easton Ellis, Richard Russo et Saul Bellow.