D E S T E S T S F
A C I L E S
P A R R O B E R T B E N C H L E Y
L’une des mesures proposées afin de réduire
le nombre des accidents de la route est d’interdire la vente
de l’essence aux conducteurs ivres. On ferait bien également
d’interdire qu’on leur vende de l’alcool.
L’ennui,
avec cette prohibition de l’essence, c’est
que le pompiste doit distinguer celui qui est intoxiqué de
celui qui ne l’est pas. Or, à moins d’être
marié avec
le conducteur, comment pourrait-il le savoir? Comment arriverait-il à identifier
un de ces nobles ivrognes qui
se redressent très dignes en fronçant les sourcils
juste avant de s’écrouler? Et le buveur de thé folâtre
qui n’est rempli que d’une joie animale? (Peut-être
conviendrait-il de ne pas lui vendre d’essence.)
Pour aider
les pompistes, on pourrait dresser une liste d’un
certain nombre de symptômes dénotant infailliblement
l’ébriété chez
les conducteurs:
1. Lorsque le conducteur est assis adossé au
tableau de bord, les pieds posés sur le dossier du siège
du chauffeur.
2. Lorsque la personne qui est assise à côté de
lui descend au moment où il s’arrête devant la
pompe à essence
et déclare qu’elle préfère terminer le
trajet en autobus.
3. Lorsque les occupants de la banquette arrière
sont blottis sur le plancher, les bras sur la tête.
4. Lorsque
le conducteur dit en tendant un doigt vers la pompe à essence: «Donnez-moi
une livre de foie de veau, s’il vous plaît.»
5.
Lorsque le conducteur est déguisé, et qu’il
a dans la bouche un sifflet en papier dans lequel il souffle sans
arrêt.
6. Lorsque le conducteur insiste pour que le pompiste
prenne sa place au volant et que lui (le conducteur) remplisse le
réservoir
d’essence, après avoir d’abord insisté pour
qu’ils échangent leurs chapeaux.
7. Lorsque le conducteur
disparaît dans les toilettes et ne
revient pas.
8. Lorsqu’une corde à linge garnie de sa
lessive est Fichée
au-dessus du capot.
9. Lorsque le conducteur est seul et nu comme
un ver.
10. Lorsqu’il n’y a pas de conducteur du tout.
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