Quelques questions aux éditeurs de Perdus/Trouvés

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« Tous les hommes du roi commence
comme une comédie du pouvoir, emprunte les chemins
de la fresque historique et se conclut sur un entrelacs
de tragédies, la somptuosité de l’écriture le disputant
dans chacun de ces registres à la profondeur de la pensée.
Chef-d’œuvre ? Oui, dix fois plutôt qu’une. »
Les Inrocks

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Q U E L Q U E S    Q U E S T I O N S
A U X    É D I T E U R S
D E    P E R D U S / T R O U V É S

PAR JEAN-PIERRE FAVARD

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1 - Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter en quelques mots. Quels désirs vous animent, chacun en ce qui vous concerne ? Quelles productions vous doit-on à ce jour ?

BENOIT VIROT : On m’appelle Saül, Brutus, ou le beau Vociférateur. Je n’ai pas 30 ans, je ne voulais pas faire d’édition, j’ai mis le pied dans ce milieu par mégarde alors que je voulais consacrer ma vie au journalisme. En attendant, je publie des textes qui m’épatent, avec des gens dont le travail m’étonne, sous forme d’objets qui m’amusent. En tant qu’éditeur, j’ai sorti Gog, roman pamphlétaire d’un ancien futuriste italien, Giovanni Papini, et Ascension, de Ludwig Hohl, petite pépite qui derrière un sujet infime (l’ascension d’un glacier) embrasse mille détours fracassants. En tant qu’auteur, je prépare une somme romanesque sur Fantômas (dont je suis la réincarnation).

DOMINIQUE BORDES : Personnellement, il n’y a qu’une chose qui m’intéresse vraiment dans tout ça : faire rire les gens ; et son corollaire : les étonner. Après, que ce soit dans la littérature, dans l’édition ou dans d’autres domaines, c’est du pareil au même, du moment qu’on s’y penche avec passion, acharnement et distance. Idem pour les moyens d’y parvenir. J’ai publié plusieurs anthologies collectives d’auteurs au début de leur carrière d’écriture, qui sont nées après beaucoup de sueurs, beaucoup de ratures, de compréhension et pas mal d’alcool (pour la compréhension) ; mais toujours avec l’envie d’envisager les choses un peu de biais mais de manière tout à fait professionnelle. Je travaille à l’ancienne, avec des auteurs et du texte, on se met le nez dedans et on ne publie que quand on en est satisfait.

2 - Dans le même ordre d’idées, pouvez-vous présenter MTL ? Le Nouvel Attila ? (politique générale, ligne éditoriale, historique, douleurs et perspectives…)

BENOIT VIROT : Attila est né à l’été 2004, sous forme de revue, à la poursuite d’auteurs en marge, pirates ou mésestimés. Objet fin et élégant vendu 3€ (ce qui en fait la moins chère de France), « la revue qui met du sang dans son vin » mêle critique et création, littérature et dessins, avec l’ambition de donner envie, de susciter la curiosité. L’envie de publier est venue ensuite, avec la résurrection par nos soins du Prix Nocturne, un prix réservé aux livres épuisés, décerné tous les automnes au restaurant Le Fauteuil hanté, rue Lepic, à Paris. Notre « filiale d’édition » (puisqu’Attila est maintenant aussi éditeur à part entière) s’est fixée deux priorités : la réédition de textes introuvables, et la traduction de textes étrangers laissés en friche.

DOMINIQUE BORDES : Monsieur Toussaint Louverture va essayer de publier des livres qu’on ne trouverait peut-être pas ailleurs, mais surtout d’une façon bien personnelle. Après ça, il n’y a pas de ligne éditoriale. Nous publions beaucoup de nouvelles, parce que nous n’avons pas encore trouvé de romans qui nous correspondent, mais je suis sûr que ça viendra. L’intérêt de Monsieur Toussaint Louverture c’est son aspect outil éditorial, c’est-à-dire que c’est une sorte de boîte à outils pour publications impossibles. Nous planchons sur plein de projets infaisables ailleurs et c’est là tout l’intérêt. C’est dur, c’est long, c’est fatigant, mais ça rapporte— ah non, ça ne rapporte rien ; mais c’est tout de même marrant (enfin, au début on est enthousiaste, on rigole, mais quand il faut s’y mettre, c’est systématiquement le jour où je dois m’occuper de la lessive). Je souhaite que MTL continu dans cette direction étrange où je n’incarne absolument pas le seul acteur. Je ne pense pas qu’on ai tous de bonnes idées de façon infinies, donc je suis très ouvert aux projets des autres.

3 & 4 - Enfin, présentation du projet « Perdus/trouvés » à proprement parler. La genèse, le déroulement, la sortie. Le sujet en quelques mots. Comment s’est effectué le choix des textes / des auteurs (personnel, aléatoire, guidé par une volonté particulière et si oui, laquelle ?) ?


BENOIT VIROT : Tout ceci est expliqué, avec le talent et l’impudeur qui nous caractérisent, dans le paratexte du livre, en forme de journal intime, pages 6 et 7.

DOMINIQUE BORDES : Que dire de plus. En découvrant le travail de Benoit, je n'ai pas pu m'empêcher d'immédiatement imaginer le livre qui pourrait résulter de notre collaboration. Alors, je lui ai proposé d'essayer d'y penser (j'avoue que ça ne s'est pas fait comme ça, si facilement, mais ça s'est fait.)

5 - Étant deux éditeurs à travailler sur le même projet, comment vous êtes-vous débrouillés afin de ne pas vous entretuer ? Les textes présentés sont-ils le reflet d’une entente parfaite ou des disputes ont-elles éclatées ? Vous parlez-vous toujours au jour d’aujourd’hui ?

BENOIT VIROT : Nous avons mis 600 km entre nous (la distance Paris-Bordeaux), ce qui n’est pas négligeable. Des dissensions, mal cicatrisées, sont apparues pour deux ou trois textes. À peine 10% du corpus. Actuellement, on ne se parle plus que par l’intermédiaire de notre banquier. Mais je ne désespère pas de retravailler bientôt avec Monsieur Toussaint Louverture, afin que de nouvelles crises salvatrices chassent les précédentes.

DOMINIQUE BORDES : Benoit Virot ? Connais pas.

6 - Donner un éclairage à des écrivains maudits, est-ce le fruit d’une volonté de partage avec les lecteurs ou la simple expression d’un désir de faire sortir de l’ombre certains textes oubliés (ou auteurs voire les deux) ?

BENOIT VIROT : L’un va difficilement sans l’autre. Le plaisir d’exhumer un texte, de polir des pépites dans son coin, rejoint celui qu’on a à le faire passer de main en main, à en discuter, à le voir éclairé, critiqué, pourfendu ou porté au pinacle.

DOMINIQUE BORDES : Hmm… pareil.

7 - Comment avez-vous choisi les textes au sein des productions des auteurs que vous vouliez voir figurer dans cet ouvrage ?

BENOIT VIROT : Pour la moitié des textes, c’est le texte qui a imposé l’auteur. Pour d’autres, j’ai soumis à Monsieur Toussaint Louverture, parmi la production de mes auteurs de prédilection, les textes qui me paraissaient les plus percutants au sein d’un recueil, et on a choisi ensemble.

DOMINIQUE BORDES : Oui, voilà. Pour certains, on a relu tout ce qu’on pouvait trouver, discutant le morceau de gras (« Celui-là ! — Non, celui-ci ! — T’y connais rien ! — Hmm… ») On a l’un comme l’autre nos déception, les textes qu’on a pas pu mettre, mais pas uniquement à cause de l’autre. D’un autre côté, je suis très content du résultat.

8 - Un tel travail doit demander beaucoup de temps. Depuis quand ce projet vous anime-t-il ?

BENOIT VIROT : Depuis la Comédie des livres à Montpellier en juin 2005. Deux ans et demi.

DOMINIQUE BORDES : Vous avez lu le livre ? C’est marqué, au début. Sinon, oui, deux ans et demi, et surtout un énorme travail de production sur la fin, quelque chose d’harassant l’un comme pour l’autre. Mais ça nous aurait été épargné si j’avais les moyens de nos ambitions.

9 - La plupart des auteurs présents dans cet ouvrage sont morts. Songez-vous à faire de même avec d’autres illustres inconnus, mais vivants ceux-ci ?

BENOIT VIROT : Ce serait pas mal, mais la meilleure chose, à mon goût, serait de faire le même travail, quel que soit le degré de vitalité de l’auteur, avec des textes strictement inédits (français et étrangers).

DOMINIQUE BORDES : Je passe. Cette question est beaucoup trop compliquée pour moi, il est encore une fois 2 heure du matin, alors que je me couche régulièrement à 21h45 tellement je suis fatigué. Si quelqu’un est déçu par cette réponse, qu’il écrive un petit mot sur une carte postale fort jolie en détaillant bien ses griefs, qu’il n’oublie pas de mettre son nom et son prénom et un timbre et qu’il jette le tout à la poubelle. Non, mais ! Il faut être sans cœur pour exiger une réponse à une question aussi simplet et tordue.

10 - Un autre recueil est-il envisagé si celui-ci rencontre le succès international auquel il est promis (malgré un manque évident de traductions) ?

BENOIT VIROT : Je vois poindre ici une critique infondée sur le manque de textes étrangers dans le volume… Certes, la répartition géographique des auteurs n’est pas très originale, des Belges ont chassé des Hongrois, et des Russes ont été occis par des Argentins. Une suite au recueil n’est envisagée que par nos plus fervent gruppies. Toussaint et moi privilégions plutôt un recueil du même type, mais sur une autre base (cf réponse précédente).

DOMINIQUE BORDES : Ah bon ? Je n’avais pas du tout noté que je préférai travailler sur une autre base. (Je plaisante, je suis assez d’accord avec… avec … mais comment s’appelle-t-il déjà… Benoit ! Je suis d’accord avec Benoit Virot. Mais cette fois le livre sera vert !)

11 - Le nombre de textes recueillis doit être important, certains ont-ils été délaissés faute de place ? Ou pour d’autres raisons ? Lesquelles ?

BENOIT VIROT : Je vous renvoie au très bel erratum. Questions de place, question de motivation, question de droits.

DOMINIQUE BORDES : Je ne comprends toujours pas pourquoi on n’a pas mis une nouvelle de Barthelme.

12 - À quels genres de problèmes avez-vous été confrontés (questions de droits, disponibilité, volonté des ayant-droit d’y être associé ou, au contraire, de ne pas y être associé…) ? Avez-vous une anecdote tordante à ce sujet ?

BENOIT VIROT : Pensum n°1 : la gourmandise financière des agents saxons. Pensum n°2 : la difficulté à trouver les textes qu’on cherche. Pensum n°3 : la difficulté trouver un accord financier avec les traducteurs.  Pensum n°4 : la difficulté à trouver des auteurs pour les notices. Pensum n°5 : la difficulté à retrouver les ayants-droits. Pensum n°6 : les regrets de certains ayants-droits de ne pas avoir été davantage associé à notre édition.

DOMINIQUE BORDES : Je n’avais presque jamais été confronté aux questions de droits jusqu’à ce projet ; et j’avoue bien cherché, mais depuis, rien que d’y penser et je dois prendre un Xanax. Il y a par exemple, cet employé de l’agence Benisbi, qui gère des droits étrangers, L. qui lorsque je l’appelle et lui parle d’un auteur dont il doit avoir les droits en gestion, me dit :  « Ah bon ? Chez nous ? Je vais vérifier, mais ça ne me dit rien. — Hmm… j’ai fait une longue enquête, 10/18 m’a renvoyé sur Stock, Stock sur le Rocher, le Rocher sur 10/18, et finalement quelqu’un s’est exclamé : “Voyez avec Rivages. ” Ce que j’ai fait, et eux, m’ont dit que sûr c’était vous qui aviez ça. De toute façon, cet auteur est très connu dans son pays, il est mort depuis un bail, mais vraiment c’est une star. — Ah ? Je vais vérifier. » Je rappelle deux semaines plus tard, pour m’entendre dire qu’en effet, ils ont l’auteur dont je souhaite publier un texte, pour lequel je suis prêt à payer, pour qui je vais faire un livre beau que les gens vont lire… bref, pour m’entendre dire par L. : « De toute façon, cet auteur est très connu dans son pays, il est mort depuis un bail, mais c’est vraiment une star. On ne peut pas vous laisser les droits, à vous. » Rien que de me remémorer cette anecdote, j’ai envie de renouveler mon abonnement au câble et renoncer à faire des livres.

13 - Une telle production demande un gros travail de recherches. Sur quelles bases vous êtes-vous posés afin de mener à bien cette véritable quête ? Quelles bibliothèques avez-vous pillées ? Combien de bouquinistes ont fini éventrés, le nez dans la poussière ?

BENOIT VIROT : Mais, ce travail, c’est un peu ma vie de tous les jours. Je passe mon temps dans les librairies, dans les annexes des bibliothèques, dans les réserves des bouquinistes. La Bnf, l’Arsenal, la Bilipo, les bibliothèques de Paris et celles d’amis collectionneurs nous ont procuré maints plaisirs textuels. Certains textes ont été trouvés par hasard. D’autres étaient tapis chez moi depuis toujours. Mais nous n’aurions jamais l’énergie pour entreprendre ces recherches sans le relais de « passeurs de texte », esprits avides, curieux et généreux avec lesquels on échange des tuyaux, des livres et des impressions plus souvent qu’à son tour. Ils nous aident à partager cette affaire de passagers clandestins qu’est la littérature, comme nous aiderons plus tard les lecteurs à la partager à leur tour.

14 - Comme à son habitude, Monsieur Toussaint a particulièrement soigné la présentation de cet ouvrage. Est-ce un choix délibéré de sa part ou un bienheureux hasard ?

BENOIT VIROT : C’est moi qui lui ai mis la pression.

DOMINIQUE BORDES : C’est tout à fait vrai, il n'y a que 3 jours qu'il m’a rendu ma femme et ma fille.

15 - Comment, à une époque où l’on dit que le livre traverse une crise majeure (perte de lecteurs, moindre intérêts face à de nouveaux médias plus « immédiats ») peut-on se lancer dans une telle aventure ?

BENOIT VIROT : Des sondages montrent que les Anglais n'achètent plus des livres que « pour faire joli » : à ce sport, on espère que ce sont les livres les plus beaux qui finiront par être achetés.

DOMINIQUE BORDES : J'ai aussi proposé à Benoit ce projet parce qu'il y avait (le projet pas Benoit, quoique…) un côté absurde à faire ce genre de choses maintenant (mon dieu! que cette phrase est bateau!)

16 - Quel est votre degré de folie personnelle ?

BENOIT VIROT : Pas plus élevé que celui de la moyenne de mes employeurs.

17 - Pourquoi n’avoir pas mis quelques textes d’auteurs plus « visibles » afin d’amener un lectorat plus large à cette production ?

BENOIT VIROT : Mais c’est justement ce que nous avons fait : Bioy Casares et Fallada sont là uniquement pour appâter le libraire rétif et faire parler de nous dans les medias.

DOMINIQUE BORDES : Anna Gavalda que tout le monde a oublié depuis son premier recueil de nouvelles n'était pas disponible.

18 - Visiez-vous un lectorat particulier en agissant de la sorte ?

BENOIT VIROT : Tous les curieux et les amoureux des livres.

DOMINIQUE BORDES : Oui, exactement (merci de votre compassion).

19 - La volonté de rendre visible ceux de l’ombre est tout à votre honneur mais ne craignez-vous pas, au final, une certaine confidentialité de l’ouvrage ?

BENOIT VIROT : L’avenir a montré que non : 500 exemplaires vendus les trois premiers mois, c’est mieux que le premier roman de Nicolas Fargues ou que le dernier Quignard.

20 - Combien d’exemplaires de « Perdus/trouvés » ont été imprimé ? De quel(s) moyen(s) de distribution disposez-vous ?

DOMINIQUE BORDES : 1000 exemplaires. Et MTL vient de se doter d'une employée dont nous parlerons bientôt et qui s'occupe de a.

21 - Où peut-on se procurer cet indispensable volume ?

Ici.

22 - Beaucoup d’hommes et peu de femmes au final… Faut-il y voir un machisme littéraire exacerbé ? Ou, au contraire, le signe d’un réel manque de talents féminins ?

BENOIT VIROT : Amy Hempel, Anna Kavan, Claude Silve auraient dû figurer dans ce recueil si les prétentions des agents, ou des éditeurs qui les représentent, n’avaient été exagérées. Tant pis, nous en ferons des éditions pirates.

23 - Et ces animaux étranges dont vous avez parsemé votre ouvrage ? Sont-ce là de simples chimères ou plutôt le délire éclairé de quelques drogués sous influence ?

BENOIT VIROT : Ce sont les enfants qu’Attila a faits à Monsieur Toussaint Louverture.

24 - Pensez-vous pouvoir représenter la France lors du prochain concours de l’Eurovision ?

DOMINIQUE BORDES : Si les Fatals Picards n'ont pas gagné, je ne vois pas qui pourrait.

25 - Dans un erratum fort drôle vous indiquez que « le livre que vous tenez entre les mains a subi plusieurs mutilations d’importance par rapport au projet initial ; la somme de 5 000 pages que nous rêvions de vous offrir aurait pu et dû contenir les textes suivants […] des fragments du Stéréoscope des solitaires de Juan Rudolfo Wilcock, si Gallimard n’avait pas entrepris de tout republier dans l’Imaginaire » ? Est-ce là un signe de votre jalousie maladive ?

BENOIT VIROT : Un éditeur se construit aussi sur les projets qu’il n’a pas pu réaliser. Un bon éditeur est un éditeur jaloux.

26 - Pourquoi n’avoir pas mis un texte de Paul-Loup Sullitzer (pourtant mort lui aussi) ?

BENOIT VIROT : Son nègre exigeait d’être payé en jeunes vierges. Nos effectifs sont encore trop restreints pour qu’on paye des textes à ce prix.

27 - Songez-vous à sortir le DVD du making-off ?

DOMINIQUE BORDES : Pas assez de place sur un DVD pour caser toutes nos disputes.

28 - L’un d’entre vous est-il une ancienne miss France ?

DOMINIQUE BORDES : Hé bien…

29 - Après ce gargantuesque plat de résistance, quels sont vos projets de desserts ?

BENOIT VIROT : Je verrais bien un petit rôti de salamandre à la sauce Capek, arrosé d’un nectar de microfictions.

DOMINIQUE BORDES : Un recueil de nouvelles et de bêtises de Robert Benchley; une version luxe de Brûlons tous ce punks; une anthologie collective consacrée à l'horreur et dont le nom est Fantômes, choses gluantes et belladone… et l'année prochaine des choses extraordinaires… hmm… si nous existons encore.

30 - Vous indiquez que votre imprimeur roule en Porsche. Et vous ?

31 - De telles collaborations sont assez rares dans le monde de l’édition (enfin, selon mes maigres connaissances). Pensez-vous être des novateurs ou, au contraire, de doux utopistes ?

BENOIT VIROT : Monsieur Toussaint Louverture, qui impulse, est quelqu’un qui sait très bien où il va. J’apprends bigrement à son contact et je lui fais confiance dès qu’il me propose un projet dément (au hasard : les œuvres complètes de O.Henry, le Livre noir des livres introuvables, la biographie romancée des pères de Massin…)

DOMINIQUE BORDES : Comme j'aime bien le répéter en ce moment (lorsqu'il faut que je meuble des entretiens imaginaires où je fais semblant d'être Benoit Rivot, non… Virot), au début de MTL je pensais que ma tâche était de chercher des auteurs, mais très vite, je me suis rendu compte que je cherchais aussi des éditeurs. Des gens ayant des idées de livre mais hors d'une structure capable de lui donner les moyens de produire ce livre. Et de toute façon, un éditeur seul (même bien entouré) ne peut pas avoir toutes les bonnes idées de la terre. Alors autant créer un outil éditorial en mesure de donner corps aux idées, plutôt que de s'épuiser à tourner en rond.

 

Le site du Nouvel Attila.

 

 

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