Ils ont dit de Perdus/Trouvés

Boutique    |   Articles    |    Listes    |   Suggestions   |   Accueil
Nos livres    |   
Newsletter   |   Facebook   |   Contact   |   La belle colère

.

« Tous les hommes du roi commence
comme une comédie du pouvoir, emprunte les chemins
de la fresque historique et se conclut sur un entrelacs
de tragédies, la somptuosité de l’écriture le disputant
dans chacun de ces registres à la profondeur de la pensée.
Chef-d’œuvre ? Oui, dix fois plutôt qu’une. »
Les Inrocks

.

I L S   O N T   D I T
D E   P E R D U S / T R O U V É S
(A L O R S   Q U E   N O U S   A V I O N S
L E   D O S   T O U R N É
)

. . . . . .

« On se glisse à l'intérieur de ce livre comme on pénétrerait à l'intérieur d'un sanctuaire: discrètement, en silence, histoire de ne pas troubler la quiétude du lieu. Avec d’autant plus de dévotion ici que l’on se sent privilégié, convié à retrouver quelques-uns des « Soleils noirs » de la littérature (c’est ainsi que l’on désigne les écrivains maudits, et tous ceux que le poids de l’actualité a propulsés, d’une simple pichenette, dans les oubliettes de l’Histoire). À l’exception de Jean-Marc Aubert (encore bien vivant), tous ces écrivains ont en commun d’avoir vécu quelques heures de gloire, avant d’être brusquement éclipsés. Chacun démontre qu’il ne suffit pas de briller au présent pour passer à la postérité : comment se peut-il, par exemple, que Sherwood Anderson soit désormais oublié, lui qui contribua aux vocations de Faulkner et d’Hemingway ? Par quel funeste hasard Hans Fallada en est-il venu à s’effacer des mémoires, lui dont le roman Quoi de neuf, petit homme fut réimprimé quarante-cinq fois l’année de sa parution ? Que s’est-il passé pour Hanns Heinz Ewers qui, en 1914, était l’auteur allemand le plus traduit au monde ? Et pour Paul Scheerbart, naguère encensé par Walter Benjamin, pour GAstion de Pawlowski, dont les Inventions nouvelles et dernières nouveautés hantaient la table de chevet de Marcel Duchamp, ou pour Robert Crégut qui avait su séduire Sartre, Breton et Péret ?… Cette anthologie ne propose aucun élément de réponse, mais donne à lire, et c’est là toute sa valeur, une vingtaine de textes narratifs (de 4 à 40 pages) qui méritaient d’être exhumés. En espérant que cette défense et illustration soit, pour chaque auteur, un premier pas vers la résurrection.»

D. G., Le Matricule des Anges, février 2007.

 

« Lorsque les éditions de Monsieur Toussaint Louverture publient un livre, ça n'est pas de la gnognotte. Imaginez ce que ça peut être lorsque Benoît Virot des éditions Attila est invité à la direction de l'entreprise. Hé oui, c'est encore moins de la gnognotte.
Je dirais même, c'est un truc couillu pour adultes consentants. Il ne vous reste plus qu'à demander l'autorisation à votre instance supérieure, qu'elle soit centrifuge ou centripète, et à parcourir ce qui va suivre avec une attention soutenue.

Perdus/trouvés coûte 25 euros, contient 544 pages, et pèse approximativement 1000 grammes, ce qui est très proche du kilogramme.

Au départ, il semble y avoir une envie commune de déterrer des trésors ce qui, lorsqu'on a su garder une âme d'enfant, est tout à fait envisageable. Le plaisir d'avoir de la terre sous les ongles est incommensurable. Et lorsqu'il s'agit comme ici de cadavres littéraires, la terre se fait poussière de colle, et c'est aussi difficile à mesurer, ce plaisir-là. «Nous revendiquons l’étiquette de spéléologues, voire de profanateurs de sépulture» lit-on chez Monsieur Toussaint Louverture. Ici en territoire airmolien, nous voulons bien le comprendre, et partager cette déviance.

Mais venons-en au fait : l'objet. De la prise en main à la typographie, des illustrations aux postfaces biographiques, du choix des textes aux notices, tout y est extrêmement agréable, pour ne pas dire voluptueux. Et l'on se surprend bêtement, si si on se sent bête, à tout lire jusqu'au moindre détail, du dépôt légal aux hommages et copyright, car des pépites d'or s'y trouvent.

L'ouvrage se construit autour de trois grands chapitres.

Intime et tragique : s'y trouvent, entre autre, La doublure, de Noël Calef, où un certain Mario ne cesse de pleurer la mort de sa femme, et va tenter d'être une doublure parfaite pour avoir de quoi acheter une pierre tombale à la défunte. Mais sauter au-dessus d'un toit, c'est un enjeu ambigue.
Je cherche mon vieux, de Hans Fallada est un texte assez extraordinaire, un long monologue d'un jeune homme face au juge. Je ne vous en dis pas plus, ça serait de mauvais goût.
L'homme qui n'avait jamais vu le printemps, par Pierre Humbourg, laisse un goût étrange dans la bouche, mélancolie et embruns.
Mon préféré de ce chapitre sera Fireman Flower, d'un certain William Sansom, superbement traduit par Fanny Soubiran. Le pompier plonge au coeur du bâtiment en feu, et creuse sa propre identité dans les couloirs aux trompeuses ramifications, à la recherche de la source du feu. Surréaliste et survolté, ce texte-là m'a marqué à jamais.

Insolite et dérisoire : On commence en territoire conquis avec Portrait mou avec l'artiste à l'intérieur, d'un certain Jean-Marc Aubert. Un critique artistique va relater l'évolution de l'artiste qu'il a côtoyé tout en vidant sa cave à vin, jusqu'à l'inexplicable.
Hamlet en yiddish est, comme son titre l'indique, l'histoire de la version juive américaine de ce texte mineur d'un anglais oublié. Israël Zangwill joue avec les bassesses humaines et jongle à merveille.

Etrange et fascinant : Marc Agapit nous sert une manille muette implacable, où les faux-semblants sont réjouissants.

En fait, j'en suis à peu près là, je n'ai pas terminé le livre, je le savoure. J'ai volontairement parlé de quelques-unes des nouvelles ici présentées, pour que celles que j'ai oubliées vous pètent à la gueule. Car rien n'est à jeter, la richesse des différents thèmes et styles vous donnera un plaisir sans fin, soyez-en certains.

Enfin, pour les curieux, un petit jeu de questions-réponses pour mieux savoir à qui vous avez affaire.»

Airmole.blog

 

« Voilà une jeune, singulière, et jubilatoire maison d'édition. Les livres sont soignés, précieux et accessibles, aussi il ne faut pas ne pas les découvrir...
Il est possible de commencer la découverte et la lecture par un Collectif, Perdus / Trouvés, Anthologie de littérature oubliée, dirigé par Benoit Virot qui anime l'icconoclaste et salutaire revue LE NOUVEL ATTILA, la revue qui met du sang dans son vin....

« Tout le monde se fout des auteurs oubliés. Sinon ils ne serait pas oubliés ».

C’est sur ce constat un brin provocateur que la jeune et iconoclaste maison d’édition Monsieur Toussaint Louverture ouvre le bal des dédaignés, à défauts des débutants. Benoît Virot, fondateur de la revue et de la maison d’édition Attila est l’« éditeur invité » de ce livre soigné qui séduit d’emblée le lecteur par ses qualités graphiques et sa belle allure bibliophilique. En chef d’orchestre littéraire l’éditeur inspiré a dû puiser dans sa bibliothèque et celle des autres pour exhumer de vieilles plumes certes, mais d’une étonnante acuité littéraire. Si les noms de Adolfo Bioy Casares, Hans H. Ewers – auteur de l’effrayant La Mandragore – Noël Calef, Loïs Masson ou Marc Agapit disent encore « quelque chose » aux lettrés et aux lecteurs exigeants, qu’en est-il d’André Baillon, de Pierre Humbourg ou de Clark Ashton Smith ? Ce qu’aime par-dessus tout Benoît Virot, ce sont les maudits et les oubliés – c’est ici son credo - , les « soleils noirs » ou les « tricards » de la littérature. Alors pour nous les faire découvrir, il ne ménage ni ses efforts ni sa curiosité. L’éditeur justifie ces choix, peste contre les ignorants et clame haut que les écrivains dont il dit du bien, il les a lus !
Les auteurs présentés, ici et ainsi, sont par la plupart inédits en France, épuisés en librairie et même réellement bannie de la mémoire collective. Aussi pour inviter le lecteur à faire de véritables découvertes, Benoît Virot a pris soin de convoquer d’autres jolies plumes – Hubert Haddad, Guy Darol ou François rivière pour ne citer qu’eux – afin qu’ils présentent les nouveaux re-venus. Portraits alertes et bibliographie complètent ainsi les textes rares.
On l’aura deviné Benoît est un passeur littéraire qui a su faire d’un seul livre une bibliothèque en devenir et de qualité.

ÉRIC POINDRON, Le Cabinet des curiosités.

 

« D’un livre à l’autre, d’un auteur à l’autre, il y a des accordailles (mignon le mot, non ?), des filiations qui ne sont pas plagiat. Question d’humeur, de sensibilité, de hasard ? (mais non ! il n’y a pas de hasard). Ces jours-ci, je suis accrochée à un gros livre (tout bleu), étrange, forcément étrange, puisqu’il s’agit d’une « anthologie de littérature oubliée ». Son titre : Perdus / Trouvés. On y lit en quatrième de couverture : « Une épique publication de Monsieur Toussaint Louverture. 25 euros, merci beaucoup. »

Quitte à faire dans l’outrance, et même à vous barber, je reparlerai de ce recueil « épique » de nouvelles. Mais revenons à nos moutons, les accordailles. Je lis Lettre à mon vieux. L’auteur m’est inconnu (bien entendu) : Hanz Fallada (1893-1947). Première ligne : « Non, monsieur le juge, pour sûr je n’ai pas fauché son vélo…» Ma mémoire (vive !) se met à ronronner. Flash-back. Je liste quelques nouvelles ou romans dont le narrateur s’adresse directement à « monsieur le juge », en une sorte de confession libre, sinon libertaire : Lettre à mon juge (Georges Simenon, 1947). La vie de ma mère ! (Thierry Jonquet, 1994) ; Mail à mon juge (Alessandro Perissinotto, 2008), et puis ce petit dernier, Hans Fallada, qui, en fait, est le premier (texte écrit en 1944). Certains des narrateurs ne sont pas présumés innocents, ou pas vraiment... Faut mener l’enquête (lire!)

Et les auteurs ? coupables ou non coupables ? Quelle sentence pour ses fauteurs de troubles littéraires ?

Coupables ! monsieur le juge ! coupables ! je le jure sur mon blog. Ce qu’ils ont écrit là, c’est de l’irrévocable.»

MARTINE LAVAL, Télérama.

 

« Monsieur Toussaint Louverture est une maison d'édition toulousaine assez jeune et discrète mais qui apporte un grand soin à ses livres, revues ou anthologies. Son nouveau volume est une ambitieuse compilation de textes d'auteurs oubliés ou méconnus (Pierre Humbourg, Hans Fallada, Ring W. Lardner, etc.), immédiatement tombés dans les limbes de l'histoire littéraire. Un joli travail d'exhumation, qui ferait bonne figure sous n'importe quel sapin. »

Les Inrockuptibles, décembre 2007.

 

 

Retour au livre

 

.

V O U S   Ê T E S   S U R   L E    S I T E   D E S   É D I T I O N S
M O N S I E U R   T O U S S A I N T   L O U V E R T U R E