I L S   O N T   D I T
D E   P E R D U S / T R O U V É S
(A L O R S   Q U E   N O U S   A V I O N S
L E   D O S   T O U R N É
)

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« On se glisse à l'intérieur de ce livre comme on pénétrerait à l'intérieur d'un sanctuaire: discrètement, en silence, histoire de ne pas troubler la quiétude du lieu. Avec d’autant plus de dévotion ici que l’on se sent privilégié, convié à retrouver quelques-uns des « Soleils noirs » de la littérature (c’est ainsi que l’on désigne les écrivains maudits, et tous ceux que le poids de l’actualité a propulsés, d’une simple pichenette, dans les oubliettes de l’Histoire). À l’exception de Jean-Marc Aubert (encore bien vivant), tous ces écrivains ont en commun d’avoir vécu quelques heures de gloire, avant d’être brusquement éclipsés. Chacun démontre qu’il ne suffit pas de briller au présent pour passer à la postérité : comment se peut-il, par exemple, que Sherwood Anderson soit désormais oublié, lui qui contribua aux vocations de Faulkner et d’Hemingway ? Par quel funeste hasard Hans Fallada en est-il venu à s’effacer des mémoires, lui dont le roman Quoi de neuf, petit homme fut réimprimé quarante-cinq fois l’année de sa parution ? Que s’est-il passé pour Hanns Heinz Ewers qui, en 1914, était l’auteur allemand le plus traduit au monde ? Et pour Paul Scheerbart, naguère encensé par Walter Benjamin, pour GAstion de Pawlowski, dont les Inventions nouvelles et dernières nouveautés hantaient la table de chevet de Marcel Duchamp, ou pour Robert Crégut qui avait su séduire Sartre, Breton et Péret ?… Cette anthologie ne propose aucun élément de réponse, mais donne à lire, et c’est là toute sa valeur, une vingtaine de textes narratifs (de 4 à 40 pages) qui méritaient d’être exhumés. En espérant que cette défense et illustration soit, pour chaque auteur, un premier pas vers la résurrection.»

D. G., Le Matricule des Anges, février 2007.

 

« D’un livre à l’autre, d’un auteur à l’autre, il y a des accordailles (mignon le mot, non ?), des filiations qui ne sont pas plagiat. Question d’humeur, de sensibilité, de hasard ? (mais non ! il n’y a pas de hasard). Ces jours-ci, je suis accrochée à un gros livre (tout bleu), étrange, forcément étrange, puisqu’il s’agit d’une « anthologie de littérature oubliée ». Son titre : Perdus / Trouvés. On y lit en quatrième de couverture : « Une épique publication de Monsieur Toussaint Louverture. 25 euros, merci beaucoup. »

Quitte à faire dans l’outrance, et même à vous barber, je reparlerai de ce recueil « épique » de nouvelles. Mais revenons à nos moutons, les accordailles. Je lis Lettre à mon vieux. L’auteur m’est inconnu (bien entendu) : Hanz Fallada (1893-1947). Première ligne : « Non, monsieur le juge, pour sûr je n’ai pas fauché son vélo…» Ma mémoire (vive !) se met à ronronner. Flash-back. Je liste quelques nouvelles ou romans dont le narrateur s’adresse directement à « monsieur le juge », en une sorte de confession libre, sinon libertaire : Lettre à mon juge (Georges Simenon, 1947). La vie de ma mère ! (Thierry Jonquet, 1994) ; Mail à mon juge (Alessandro Perissinotto, 2008), et puis ce petit dernier, Hans Fallada, qui, en fait, est le premier (texte écrit en 1944). Certains des narrateurs ne sont pas présumés innocents, ou pas vraiment... Faut mener l’enquête (lire!)

Et les auteurs ? coupables ou non coupables ? Quelle sentence pour ses fauteurs de troubles littéraires ?

Coupables ! monsieur le juge ! coupables ! je le jure sur mon blog. Ce qu’ils ont écrit là, c’est de l’irrévocable.»

MARTINE LAVAL, Télérama.

 

« Monsieur Toussaint Louverture est une maison d'édition toulousaine assez jeune et discrète mais qui apporte un grand soin à ses livres, revues ou anthologies. Son nouveau volume est une ambitieuse compilation de textes d'auteurs oubliés ou méconnus (Pierre Humbourg, Hans Fallada, Ring W. Lardner, etc.), immédiatement tombés dans les limbes de l'histoire littéraire. Un joli travail d'exhumation, qui ferait bonne figure sous n'importe quel sapin. »

Les Inrockuptibles, décembre 2007.

 

 

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