Une Pulsion de glace vitale

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Personne ne gagne de Jack Black
débarque en librairie !

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U N E   P U L S I O N   D E
G L A C E   V I T A L E

PAR PEDRO BOSQUET /HERALDO

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?Il y a diverses façons d’aborder une œuvre. Pouvoir l’analyser sous différents angles permet de se faire une idée du travail accompli par l’auteur. C’est le cas du Séducteur, un de ces livres qui peuvent se disséquer d’un point de vue sexuel, affectif, social et bien plus encore. Ce qui est certain, bien qu’il fût écrit il y a vingt ans en norvégien, à une époque où il n’y avait pas de téléphones portables, c’est que c’est un roman toujours actuel car il est universel et intemporel. Comme le dit son auteur, Jan Kjærstad, « la littérature ne reflète pas la réalité, c’est la réalité ». Partant de cette déclaration d’intention aussi frontale qu’honnête, il nous livre un texte vaste et pas uniquement du point de vue de l’amplitude. Il bifurque dans le temps, pénètre les pulsions, et pas seulement sexuelles, trace l’esquisse de la psyché que toute personne garde précieusement en elle, et amène ainsi le lecteur à pénétrer dans son moi intime.

Il y a des scènes très cinématographiques, mais compte tenu de son ampleur, l’œuvre transcende la platitude de l’écran et s’immisce dans les moindres commissures et rides que possède le lecteur pour lui raconter rien moins que la danse passionnée et parfaitement chorégraphiée de dizaines de danseurs. Une réalité apparemment jetée en vrac mais avec tact, qui se révèle dans un spasme épique lors d’un match de tennis qui oppose le protagoniste à son beau-père, voilà un exemple de ce
que nous offre ce roman. Une force supplémentaire pour comprendre l’homme qui a réussi et qui rejoue sa vie, et par conséquent donne à voir ses faiblesses et, quoique sans le vouloir, les fondements de son caractère. Rien que pour cela il mérite d’être lu. Si, de plus, le lecteur s’abandonne, il recevra pour sa peine un set de vérités qui semblent être tombées là par hasard, alors qu’elles sont le hasard. Et, par l’intermédiaire de Jonas, découvrira ce qui constitue réellement un être humain. Ce roman raconte d’une voix basse quoiqu’indélébile ce qu’est la Norvège, la société occidentale ou un continent qui, pour ne pas partir à la dérive, lit des œuvres comme celle-là, des œuvres qui élargissent l’horizon sans pour autant être religieuses, qui donnent de l’air sans qu’on ait besoin d’ouvrir les fenêtres et offrent des possibilités de nous libérer de la prison dans laquelle nous croyons tous être. Elle nous vainc en nous donnant des gifles de sincérité dans certains chapitres, et nous tend la poche de glace dont nous avons besoin après avoir reçu des coups, dans d’autres. Lecture matraque, elle nous aide à comprendre l’être (Jonas) qui se cache sous le vernis de la célébrité que son travail lui confère. Oui, Le Séducteur séduit, mais ne laisse personne avec un air bête sur le visage, encore moins avec l’air arrogant de celui qui sait tout. Je mets la note maximale pour l’auteur qui avec le premier tome de sa trilogie secoue sans ménagement le lecteur qui refuse de voir la réalité. Même si cette dernière s’appelle littérature.

R E V E N I R  AU  S É D U C T E U R

 

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V O U S   Ê T E S   S U R   L E    S I T E   D E S   É D I T I O N S
M O N S I E U R   T O U S S A I N T   L O U V E R T U R E