Une Pulsion de glace vitale

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Personne ne gagne de Jack Black
débarque en librairie !

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L A  V I E   E N   U N   M I L L I E R
D E   F R A G M E N T S   S C I N T I L L A N T S

PAR ANA PATTERSON / THE INDEPENDANT

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Jan Kjærstad est un auteur courageux : un Viking de la littérature, que prendre des risques à grande échelle n’effraie pas. Le Séducteur est le premier volume de la trilogie de l’écrivain norvégien, laquelle a nécessité presque dix ans de travail, compte bien 1 500 pages et contient plus de
200 « histoires ».

Que l’on ne prenne pas ces chiffres impressionnants pour un avertissement caché. Le Séducteur est un véritable roman en plus d’être une lecture formidable. Le personnage principal en est Jonas Wergeland, génie insaisissable à l’origine de l’hypnotique série télévisée Thinking Big. Jonas doit sa célébrité aux cadeaux que le destin et le talent ont placés sur sa route : une curiosité insatiable, une conscience aiguë des réalités émotionnelles, la capacité d’apprendre dans un but précis et d’aimer pour aimer. Enfin, un irrésistible magnétisme érotique ainsi qu’un « pénis miraculeux ».

Même enfant, Jonas parvient à faire succomber des femmes épanouies et dominatrices, tandis que leurs présents feront de lui l’homme qu’il est désormais.

Kjærstad est un conteur hors pair, ajustant intrigues et images en un ensemble parfaitement emboîté. Ses contes reprennent la structure des motifs des tapis orientaux, en usant de thèmes tirés des mythes orientaux, en particulier les mille et une histoires qui sauvèrent la vie de Shéhérazade. Chaque vie, nous dit-il, est une collection d’histoires : celles dont nous nous souvenons et celles dont on se souvient à notre propos.

Jonas perçoit de manière instinctive ce qui est important, et se fie davantage aux sensations qu’à ce qu’enseignent les livres. Il conçoit la connaissance comme un prisme qui révélerait dans l’aveuglante lumière de l’existence, des couleurs vives et chatoyantes. Ayant réchappé de l’école en citant les œuvres classiques et d’un cursus universitaire en astronomie en apprenant tout de la planète Pluton, il accède à la gloire en découpant au format télé des fragments de la vie des grands hommes de son pays

Ces événements nous sont racontés par un mystérieux narrateur omniscient. Bien que se désolant de ne pas être norvégien, ce dernier soutient qu’être étranger lui offre une perspective plus large. D’autant plus que les expériences tous azimuts de Jonas refluent sans cesse dans le personnel, et que sa terre natale est la plus précieuse des icônes. La Norvège, autrefois pauvre et puritaine, désormais riche et ouverte, est présentée dans le récit comme une sorte d’être collectif, chéri quoique sévèrement réprimandé.

Selon Kjærstad, un récit solide importe plus qu’une voix singulière. Malgré le ton parfois un peu ampoulé du narrateur, Le Séducteur se lit comme une conversation rythmée, élégante et enlevée.

Chaque chemin du récit labyrinthique converge vers un même lieu, un « tableau vivant » filmé au ralenti : Jonas rentrant chez lui, son épouse bien-aimée gît morte sur le sol, abattue d’une balle de l’antique Luger de son mari, un objet dont on ne connaît (pour l’instant) pas la signification. Il faut qu’il appelle la police, pourtant, il sent qu’une telle action secouerait le kaléidoscope entier de son existence. Donc il hésite.

Il ne compose le numéro des services d’urgence qu’à la toute dernière page. Rien n’est encore résolu à ce stade, mais, sachant que deux autres volumes d’histoires sur Jonas nous attendent (Le Conquérant et Le Découvreur), notre frustration cède la place à l’anticipation.

R E V E N I R  AU  S É D U C T E U R

 

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V O U S   Ê T E S   S U R   L E    S I T E   D E S   É D I T I O N S
M O N S I E U R   T O U S S A I N T   L O U V E R T U R E