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Chronique d'Augustin Trapenard
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1000 façons de rater sa vie

«Ça parle de filles, de lobotomie frontale, de football et de mille façons de rater sa vie. Ca décrit le présent comme un mauvais souvenir et le passé comme un sombre pressentiment. Bref, ça défoule quand on est de mauvaise humeur. Ce qui arrive assez souvent, avouons-le.»

— David Caviglioli, Le Nouvel Observateur. [sommaire]

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À lire cul sec

«On se croirait revenu à l'immaculée période des découvertes de Philippe Garnier… Les éditions Monsieur Toussaint Louverture, petite maison éditant des livres aussi beaux à l'extérieur qu'à l'intérieur, publient un talent inédit : Frederick Exley, écrivain fabuleux mais raté, pour ne pas dire suicidé, ayant survécu entre 1929 et 1992. Découvrir Exley à l'âge adulte représente la même expérience que lire pour la première fois, adolescent, Fante ou Bukowski. Dans ce récit autobiographique, Exley gratte sa vie. En filigrane d'une vie débilitante, la figure d'un héros des New York Giants, modèle d'une réussite inversée croisée à l'université : Frank Gifford. Toute sa vie, ponctuée de longs séjours en hôpital psychiatrique où il est régulièrement électrochoqué, Exley se mesurera à ce double réussi qu'il ne cesse d'applaudir dans les stades. Pour finir père inconscient, prof alcoolique, journaliste miséreux, écrivain méconnu. Le houblon qui coule à flots force la comparaison avec Hank Chinaski alors qu'en réalité Exley évoque plus que quiconque le Ken Kesey de Vol au-dessus d'un nid de coucou. Les descriptions d'internement sont hallucinantes. Mais l'auteur, tout de ciment, ne pleure jamais, et l'humour calciné porte son projet à bout de bras, transformant l'exercice de l'autobiographie gémissante en chef-d'œuvre hilarant. Son style était sublime, sa vie, lamentable. Il en est mort, le foie explosé.»

— Nicolas Ungemuth, Le Figaro Magazine. [sommaire]

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« (…) Exley se pose en enfant maudit de l'Amérique, c'est à dire en héritier de Poe, Hawthorne, Fitzgerald, Hemingway. (…) Dans l'Amérique évangéliste et petite-bourgeoise du début des années 60, un poète claudiquant aux allures de grizzli a bu tout ce qu'il pouvait boire, a maudit son âme de loser avant de pondre une lumineuse confession pétrie de tournures classiques et d'imprécations d'ivrogne. On découvre, ému, avec plusieurs décennies de retard, ce roman d'assoiffé héroïque, sorte de testament bohème et férocement désabusé. »

— Emily Barnett, Les Inrockuptibles. [sommaire]
Article complet

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Génie ou poivrot siphonné?

« Les deux. Frederick Exley, que le magazine Esquire qualifie de “rejeton de Salinger et de Bukowski”, a en effet trouvé dans la bouteille un dérèglement inspiré de tous ses sens. Chronique souvent hilarante de ses malheurs professionnels et amoureux, de ses slaloms entre petits boulots et hôpitaux psychiatriques, de ses amours contrariées et plantages conjugaux, Le dernier stade de la soif – aujourd’hui culte aux Etats-unis – est une boisson forte et peu recommandable. Que nous recommandons néanmoins.»

— Gilles Chenaille, Marie Claire. [sommaire]

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« (…) Si la crudité du verbe, le punch des phrases et ce penchant pour la bouteille rappellent Bukowski, il y a, à bien y regarder, du Thomas Bernhard dans cette haine farouche que ce jeune écrivain entretient pour ses contemporains, sa manière de démasquer l'hypochrisie et la médiocrité partout où elle surgit. (…) Le Dernier Stade de la soif transforme le glamour en cauchemar. Watcha ! »

— Étienne Ducroc, Technikart. [sommaire]

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La balade d'un ange maudit

« (…) C'est quoi? Une autobiographie romancée de quatre cents pages, véritable antimanuel de survie. À travers la dérive sentimentale et professionnelle d'un trentenaire marginal, fan des New York Giants et de bière, Exley livre une confession tendre et désabusée où tous les organes vitaux sont atteints. Un relooking hautement trash de la littérature underground, inspirateur plus tard des romans de Hornby. (…) »

— Emily Barnett, Grazia. [sommaire]
Article complet

.

« (…) En plus d'un autoportrait terrible, Frederick Exley exécute une peinture au vitriol de l'Amérique des années 1950-1960. Une contrée «ivre de beauté physique», déjà au régime et faisant du sport, où les marginaux de son espèce n'ont guère leur place. Il y a quelque chose d’épique et de tragique dans ces pages qui relatent sans fard les errances d’un écrivain incapable d’écrire et d’avancer droit. On en sort saoulé de mots et d’émotions, bousculé par la vitalité et la poigne d’un Exley, dont la noirceur n’a d’égale que la lucidité. »

— Alexandre Fillon, Lire. [sommaire]
Article complet

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« (…) Car finalement, Le Dernier Stade de la soif, c’est surtout l’histoire d’un écrivain qui s’assume et s’accomplit sous nos yeux, pour accoucher d’une œuvre poignante, confession désespérément drôle, d’un éclat littéraire digne des plus grands. »

— Mikael Demets, L'Accoudoir. [sommaire]

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« Ce titre renvoie de façon pavlovienne à d’autres grands buveurs - Charles Bukowski ou Alexis Violet. Fausse route : l’alcool irrigue cette autobiographie déguisée mais son auteur dessine, en creux, le portrait d’une génération crevant d’échapper à un American way of life pointé comme seul horizon, et croulant sous le poids de figures tutélaires (ici un père idéalisé, là-bas un sportif acclamé) auxquelles on s’accroche pourtant. Exley, disparu en 1992, signe un roman âpre et douloureux, qui secoue le lecteur et le renvoie à sa propre médiocrité. Relevé par une ironie mordante, Le Dernier Stade... reste un classique US trop méconnu, sauvé de l’oubli par une maison d’édition qui soigne le détail – on tenait à le préciser.»

— Thibaut Allemand, Let's Motiv. [sommaire]

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« Ce premier roman de Frederick Exley, publié en 1968, fit rapidement le succès de son auteur. Mémoires fictifs, ce texte tour à tour dense, drôle, brillant, aigre, revient sur les quarante premières années sur terre d'un humanoïde avide de de reconnaissance. Meurtri par une blessure qui le contraint, avant sa majorité, à abandonner son rêve d'égaler la gloire sportive de papa, il se noie tour à tour dans l'alcool, la folie, le rejet maniaque de l'American way of life et, plus original, dans un déroutant transfert : il devient, en effet, fan acharné des Giants et, parmi eux, de Frank Gifford. Une leçon de littérature de bout en bout. »

— François Perrin, TGV Magazine. [sommaire]

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Boire un coup et mourir / Roman réussi d'un vrai raté

« (…) Ce n’est pas parce qu’il ne larmoie pas que Fred Exley ne nous brise pas le cœur de ses histoires d’amour, vomi, ami, lose, et psy. Racontés avec une lucidité terrifiante, ses multiples séjours à l’asile (un endroit sordide appelé Avalon Valley) le font définitivement basculer du côté de ceux qui ne s’en sortiront jamais. (…) Exley s’exprime comme un écrivain maudit. Problème : à ce moment-là, il n’a encore rien écrit. Paradoxe : c’est ce genre d’imposture qui fera son grand roman. Les échecs et les mensonges ont fait de bons écrivains. Exley en est un. Malgré les comparaisons évidentes dont il a fait l’objet (Bukowski et la clique des soifards de génie), son Dernier Stade de la soif est tout sauf un simple livre sur la vie dans le caniveau. C’est la confession magnifique d’un triste salaud. La somme désordonnée d’une existence toute cabossée. Un récit sans début ni fin, qui fait débander les hommes trop sûrs, pleurer les filles naïves.

— Céline Ngi, Fluctuat. [sommaire]
Article complet

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« Le dernier stade de la soif est le roman d’un homme en proie à des tourments qui le dépassent, toujours hésitant entre les lumières d’un passé idéalisé et les promesses d’un futur brillant. Et entre les deux, il y a le présent, flou, imbibé d’alcool, d’âpreté, de laisser-aller et de folie. Le récit de la vie de Frederick Exley oscille entre rires et larmes, sérieux et (tragi)comique, en un mouvement régulier qui maintient le lecteur en haleine, le surprend, l’émeut, le révolte et le réconforte. Un récit plus rock que roll d’une vie en attente de mieux, dont les ingrédients ressemblent à s’y méprendre à une Amérique que l’on connait trop bien.»

— Aurélie Lucchi, Le Bleuet. [sommaire]

.

« Où Exley a-t-il cherché le plus à tordre la réalité ? Sur le papier ou au fond des bouteilles ? Peu importe, Le Dernier Stade de la soif est une autobiographie fictive hilarante et terrible, où il est bien difficile de discerner le vrai du faux. C'est le roman d'une déchéance magnifique dans l'alcool, les mensonges, les amours trahies... Exley en professeur d'anglais alcoolo ne s'épargne rien. Il boit pour ne pas avoir à supporter la crasse et l'ignorance du monde, et il ment pour ne pas faire de mal aux autres. Sa seule religion, c'est le foot et l'écriture. Incapable de suivre les pas d'un père tout-puissant, il se vit par procuration en la personne d'un footballeur pro, tandis que lui s'enfonce dans la fange, se complait dans la compagnie des fous et se ment sans cesse sur sa volonté de produire un roman. Mais le fond du trou atteint, comme s'il était parvenu à un état de renoncement suffisant, le mensonge de sa vie disparaît et les mots sortent d'eux-mêmes, brillants, libérés, porteurs de toute la misère et de toute la lucidité du monde. »

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«On se croirait revenu à l'immaculée période des découvertes de Philippe Garnier… Les éditions Monsieur Toussaint Louverture, petite maison éditant des livres aussi beaux à l'extérieur qu'à l'intérieur, publient un talent inédit : Frederick Exley, écrivain fabuleux mais raté, pour ne pas dire suicidé, ayant survécu entre 1929 et 1992. Découvrir Exley à l'âge adulte représente la même expérience que lire pour la première fois, adolescent, Fante ou Bukowski. Dans ce récit autobiographique, Exley gratte sa vie. En filigrane d'une vie débilitante, la figure d'un héros des New York Giants, modèle d'une réussite inversée croisée à l'université : Frank Gifford. Toute sa vie, ponctuée de longs séjours en hôpital psychiatrique où il est régulièrement électrochoqué, Exley se mesurera à ce double réussi qu'il ne cesse d'applaudir dans les stades. Pour finir père inconscient, prof alcoolique, journaliste miséreux, écrivain méconnu. Le houblon qui coule à flots force la comparaison avec Hank Chinaski alors qu'en réalité Exley évoque plus que quiconque le Ken Kesey de Vol au-dessus d'un nid de coucou. Les descriptions d'internement sont hallucinantes. Mais l'auteur, tout de ciment, ne pleure jamais, et l'humour calciné porte son projet à bout de bras, transformant l'exercice de l'autobiographie gémissante en chef-d'œuvre hilarant. Son style était sublime, sa vie, lamentable. Il en est mort, le foie explosé.»

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« (…) Exley se pose en enfant maudit de l'Amérique, c'est à dire en héritier de Poe, Hawthorne, Fitzgerald, Hemingway. (…) Dans l'Amérique évangéliste et petite-bourgeoise du début des années 60, un poète claudiquant aux allures de grizzli a bu tout ce qu'il pouvait boire, a maudit son âme de loser avant de pondre une lumineuse confession pétrie de tournures classiques et d'imprécations d'ivrogne. On découvre, ému, avec plusieurs décennies de retard, ce roman d'assoiffé héroïque, sorte de testament bohème et férocement désabusé. »

— Emily Barnett, Les Inrockuptibles. [sommaire]
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Génie ou poivrot siphonné?

« Les deux. Frederick Exley, que le magazine Esquire qualifie de “rejeton de Salinger et de Bukowski”, a en effet trouvé dans la bouteille un dérèglement inspiré de tous ses sens. Chronique souvent hilarante de ses malheurs professionnels et amoureux, de ses slaloms entre petits boulots et hôpitaux psychiatriques, de ses amours contrariées et plantages conjugaux, Le dernier stade de la soif – aujourd’hui culte aux Etats-unis – est une boisson forte et peu recommandable. Que nous recommandons néanmoins.»

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« (…) Si la crudité du verbe, le punch des phrases et ce penchant pour la bouteille rappellent Bukowski, il y a, à bien y regarder, du Thomas Bernhard dans cette haine farouche que ce jeune écrivain entretient pour ses contemporains, sa manière de démasquer l'hypochrisie et la médiocrité partout où elle surgit. (…) Le Dernier Stade de la soif transforme le glamour en cauchemar. Watcha ! »

— Étienne Ducroc, Technikart. [sommaire]

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La balade d'un ange maudit

« (…) C'est quoi? Une autobiographie romancée de quatre cents pages, véritable antimanuel de survie. À travers la dérive sentimentale et professionnelle d'un trentenaire marginal, fan des New York Giants et de bière, Exley livre une confession tendre et désabusée où tous les organes vitaux sont atteints. Un relooking hautement trash de la littérature underground, inspirateur plus tard des romans de Hornby. (…) »

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« (…) En plus d'un autoportrait terrible, Frederick Exley exécute une peinture au vitriol de l'Amérique des années 1950-1960. Une contrée «ivre de beauté physique», déjà au régime et faisant du sport, où les marginaux de son espèce n'ont guère leur place. Il y a quelque chose d’épique et de tragique dans ces pages qui relatent sans fard les errances d’un écrivain incapable d’écrire et d’avancer droit. On en sort saoulé de mots et d’émotions, bousculé par la vitalité et la poigne d’un Exley, dont la noirceur n’a d’égale que la lucidité. »

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« (…) Car finalement, Le Dernier Stade de la soif, c’est surtout l’histoire d’un écrivain qui s’assume et s’accomplit sous nos yeux, pour accoucher d’une œuvre poignante, confession désespérément drôle, d’un éclat littéraire digne des plus grands. »

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« Ce titre renvoie de façon pavlovienne à d’autres grands buveurs - Charles Bukowski ou Alexis Violet. Fausse route : l’alcool irrigue cette autobiographie déguisée mais son auteur dessine, en creux, le portrait d’une génération crevant d’échapper à un American way of life pointé comme seul horizon, et croulant sous le poids de figures tutélaires (ici un père idéalisé, là-bas un sportif acclamé) auxquelles on s’accroche pourtant. Exley, disparu en 1992, signe un roman âpre et douloureux, qui secoue le lecteur et le renvoie à sa propre médiocrité. Relevé par une ironie mordante, Le Dernier Stade... reste un classique US trop méconnu, sauvé de l’oubli par une maison d’édition qui soigne le détail – on tenait à le préciser.»

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« Ce premier roman de Frederick Exley, publié en 1968, fit rapidement le succès de son auteur. Mémoires fictifs, ce texte tour à tour dense, drôle, brillant, aigre, revient sur les quarante premières années sur terre d'un humanoïde avide de de reconnaissance. Meurtri par une blessure qui le contraint, avant sa majorité, à abandonner son rêve d'égaler la gloire sportive de papa, il se noie tour à tour dans l'alcool, la folie, le rejet maniaque de l'American way of life et, plus original, dans un déroutant transfert : il devient, en effet, fan acharné des Giants et, parmi eux, de Frank Gifford. Une leçon de littérature de bout en bout. »

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« (…) Ce n’est pas parce qu’il ne larmoie pas que Fred Exley ne nous brise pas le cœur de ses histoires d’amour, vomi, ami, lose, et psy. Racontés avec une lucidité terrifiante, ses multiples séjours à l’asile (un endroit sordide appelé Avalon Valley) le font définitivement basculer du côté de ceux qui ne s’en sortiront jamais. (…) Exley s’exprime comme un écrivain maudit. Problème : à ce moment-là, il n’a encore rien écrit. Paradoxe : c’est ce genre d’imposture qui fera son grand roman. Les échecs et les mensonges ont fait de bons écrivains. Exley en est un. Malgré les comparaisons évidentes dont il a fait l’objet (Bukowski et la clique des soifards de génie), son Dernier Stade de la soif est tout sauf un simple livre sur la vie dans le caniveau. C’est la confession magnifique d’un triste salaud. La somme désordonnée d’une existence toute cabossée. Un récit sans début ni fin, qui fait débander les hommes trop sûrs, pleurer les filles naïves.

— Céline Ngi, Fluctuat. [sommaire]
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« Le dernier stade de la soif est le roman d’un homme en proie à des tourments qui le dépassent, toujours hésitant entre les lumières d’un passé idéalisé et les promesses d’un futur brillant. Et entre les deux, il y a le présent, flou, imbibé d’alcool, d’âpreté, de laisser-aller et de folie. Le récit de la vie de Frederick Exley oscille entre rires et larmes, sérieux et (tragi)comique, en un mouvement régulier qui maintient le lecteur en haleine, le surprend, l’émeut, le révolte et le réconforte. Un récit plus rock que roll d’une vie en attente de mieux, dont les ingrédients ressemblent à s’y méprendre à une Amérique que l’on connait trop bien.»

— Aurélie Lucchi, Le Bleuet. [sommaire]

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« Où Exley a-t-il cherché le plus à tordre la réalité ? Sur le papier ou au fond des bouteilles ? Peu importe, Le Dernier Stade de la soif est une autobiographie fictive hilarante et terrible, où il est bien difficile de discerner le vrai du faux. C'est le roman d'une déchéance magnifique dans l'alcool, les mensonges, les amours trahies... Exley en professeur d'anglais alcoolo ne s'épargne rien. Il boit pour ne pas avoir à supporter la crasse et l'ignorance du monde, et il ment pour ne pas faire de mal aux autres. Sa seule religion, c'est le foot et l'écriture. Incapable de suivre les pas d'un père tout-puissant, il se vit par procuration en la personne d'un footballeur pro, tandis que lui s'enfonce dans la fange, se complait dans la compagnie des fous et se ment sans cesse sur sa volonté de produire un roman. Mais le fond du trou atteint, comme s'il était parvenu à un état de renoncement suffisant, le mensonge de sa vie disparaît et les mots sortent d'eux-mêmes, brillants, libérés, porteurs de toute la misère et de toute la lucidité du monde. »

— Michel Edo, Les Lucioles. [sommaire]

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« Pas facile d’écrire quelques lignes pour traduire le ou les sentiments que cette lecture fait naître. Il y a une écriture d’une extrême fluidité qui nous happe, comme pourraient le faire certains récits d’homme, la nuit, au fond d’un bar. Je pense d’un seul coup à ce poème de Ferre, “Richard, ça va ?”

Les gens, il conviendrait de ne les connaître que disponibles
À
certaines heures pâles de la nuit
Près d’une machine à sous,
[avec des problèmes d’hommes simplement
Des problèmes de mélancolie
Alors, on boit un verre,
[en regardant loin derrière la glace du comptoir
Et l’on se dit qu’il est bien tard...

On ne lache pas un type qui deverse sa vie comme cela. On en sort groggy. Les sejours en HP, les rencontres (bonnes et moins bonnes), les descentes et le reste. C’est plus qu’humain et on sait qu’il touche à l’intime le plus enfoui en chacun de nous. On rit, on pleure, l’émotion affleure sans jamais déborder une narration magistrale. »

— Patrick Frêche, Librairie du Rivage. [sommaire]

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« Ces mémoires électriques déguisées en roman ne manquent pas de panache littéraire et (…) leur excavation, quarante ans après leur découverte aux États-Unis, est plus que salutaire. Au-delà de la vie démente d’Exley — dont on laisse le détail des épisodes aux fans exaltés de Bukowski —, on a surtout aimé la belle confusion formelle du projet. Prisme à entrées multiples, le récit use d’une chronologie très complexe et d’une pléthore de sous-intrigues désopilantes pour conter la plus belle des transfigurations : celle d’Exley l’ivrogne, le fou autodestructeur, le supporter obsessionnel qui se condamne à « acclamer les autres », en égal de ses héros : Nabokov, Edmund Wilson ou du légendaire half-back des Giants, Frank Gifford… »

— Olivier Lamm, Chronic’Art. [sommaire]

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«La parution en français d’un classique américain comme Le Dernier Stade de la soif de Frederick Exley, mythique journaliste poivrot, vient à point rappeler les tourments autrement plus hard auxquels s’exposent les alcooliques, et le récit torturé et cette descente aux enfers d’un écrivain raté et fou de sport, se lit comme la terrible autobiographie qu’il prétend être, à fond les ballons (de rouge) et toutes vannes ouvertes: tricheries, mensonges, illusions, désillusions, dérapages, erreurs, oublis, la conduite est difficile pour les damnés de la boutanche et l’amour des New York Giants ne les sauvent que rarement de la géhenne et du feu éternel des regrets, aussi inextinguibles que leur soif. Préfacé par Nick Hornby, ce livre culte premier de son genre, confession, roman in vivo et à vif, démontre aisément les méfaits tragiques de l’alcool sans modération et la maestria de l’auteur, double à peine décalé du héros. Cheers! »

Agnés Léglise, Rock & Folk. [sommaire]

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« Ouvrir Le Dernier Stade de la soif c'est un peu comme ouvrir la vitre d'une voiture filant à cent cinquante à l'heure sous une pluie battante : une giboulée de mots. Frederick Exley manœuvre son autofiction à coups de digressions virtuoses, d'autodérision désopilante et de situations ubuesques en slalomant du coq à l'âne — le coq étant le plus souvent un match des Giants. On devine le gars capable de tenir le crachoir pendant des plombes aux clients du bar avec son génie de la formule et cette acuité dans le croquis du petit rien qui insuffle partout la vie dans sa syntaxe de looser céleste. Volubile comme un poste de radio, Exley trousse néanmoins des sentences ad hoc sur la nature humaine qui laissent à peu près autant de chance d'en réchapper qu'on bon uppercut. Surtout quand il s'agit de massacrer en règles les valeurs d'une Amérique bien pensante et proprette, élevée aux flocons d'avoine et gaulée comme un panneau publicitaire dans laquelle, bien entendu, il ne se reconnaît pas. Sa culture à haut potentiel d'épandage analytique, il préfère la resserrer dans une prose poétique qui semble tirer le récit d'un chapeau et n'en finit plus de tirer des phrases qui toutes ouvrent au voyage. Le Dernier Stade de la soif c'est le récit de rêves déchus un à un par le terne réel, la chronique du désenchantement inéluctable d'un éternel adolescent qui lance sa trille pendant que tout craque et lui en premier lieu, seul et le plus souvent aussi en forme qu'une chaussette sale oubliée sous un lit, avachi sur le canapé de sa tata. Les critiques américains en font le bâtard improbable de Bukowski, Fizgerald et Salinger, auxquels on pourrait ajouter l'infatigable bavard Henry Miller de Nexus et Plexus, bref, ce que l'Amérique a de plus grand en matière d'étoiles filantes soûlographes collectionneuses d'épiphanies. Et sur la route de la déroute, son rire et le nôtre sont toujours francs.»

— Emmanuelle Taillardas, Librairie l’Orange Bleue. [sommaire]

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«Premier jour de l’année 2011, la nouvelle année fêtée et Le Dernier Stade de la soif avalé, je me réveille avec un drôle de mélange de sensations. Qui des deux me laisse ce goût amer et splendide d’un réveil à la fois doux et douloureux : Le Dernier Stade terminé hier, ou le trop plein de verres d’une soirée de 31 décembre ? Je ne sais pas. Les effluves encore présents brouillent les repères mais nul doute que le savant mélange de justesse et de déchéance offerts par cette dernière lecture, comme s’il y avait là "quelque chose de romantique et de tragique à toucher ainsi le fond", ne me laisse pas indifférente… encore plus quand de tout ça nait alors un livre.»

— Aurélie Garreau, Le Monte-en-l’air. [sommaire]

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«Publié en 1968, livre culte aux Etats-Unis, Le Dernier Stade de la soif restait inédit en France. Les éditions Monsieur Toussaint Louverture nous en offre une traduction préfacée par Nick Hornby qui y voit, à juste titre, un « chef-d'œuvre » auquel « colle la puanteur d'une vie réelle qui a pris le chemin d'un véritable désastre ». Ici, le narrateur-personnage est aussi l'auteur, tout au moins en porte-t-il le nom. Cependant, dans son avertissement au lecteur, Frederick Exley note que « Même si les événements décrits dans ce livre ressemblent à ceux qui constituent le long malaise qu'est (s)a vie, nombre de personnages et de situations sont le simple fruit de l'imagination ». Il ajoute plus loin n'avoir « suivi que très vaguement le véritable déroulement de (s)a vie » et se considère, par là, « comme un auteur de fiction ». Il nous faut voir dans ce préambule à la fois la «précaution oratoire et juridique» de circonstance dans ce genre de récit et un pacte autofictionnel, l'autofiction étant ainsi entendue dans le sens qu'en a donné Vincent Colonna lorsqu'il parle d'autofiction biographique : « L'écrivain est (…) le héros de son histoire, le pivot autour duquel la matière narrative s'ordonne, mais il affabule son existence à partir de données réelles, reste au plus près de la vraisemblance et crédite son texte d'une vérité au moins subjective – quand ce n'est pas davantage ». Disons tout de suite, en ce qui concerne le présent « héros », que le substantif est à comprendre dans son acception de « personnage principal ». Frederick Exley n'a en effet rien d'héroïque à moins que l'on ne considère l'alcoolisme, le soutien inconditionnel et maladif à une équipe de football américain (les Giants) et la fréquentation des hôpitaux psychiatriques comme des faits d'armes dignes d'être glorifiés… Il est au contraire le modèle de l'antihéros, mais en cela, au même titre que son double inversé, un véritable personnage de roman que l'on suit au cœur de sa déroute. Ayant reçu de son père « ce besoin d'entendre (s)on nom chuchoté avec révérence », recherchant « l'adulation des foules », rêvant de devenir un génie, Frederick Exley est comme, dès l'origine, condamné à l'échec, sinon à la déception. Les insuccès sont nombreux, professionnels d'abord (dans la publicité, dans l’enseignement), amoureux et sexuels ensuite et s'accumulent tout au long du roman. Ajoutons quelque internement en hôpital psychiatrique et l’on se fera une idée plus précise du personnage. Mais paradoxalement, chez Exley, les revers et les déboires s’exhibent sans pudeur : ils constituent tous autant de trophées, de preuves de son génie incompris. Cette vie faite d'échecs, devenue roman, autofiction, se lit comme le bilan existentiel de Frederick Exley. Tour à tour hilarant, émouvant, sans aucune complaisance, Le Dernier stade de la soif est un roman picaresque de l'Amérique « Beat Generation », roman des marges, d’un marginal et des figures hautes en couleur qui l’entourent. Il retrace en même temps un parcours en forme de chute et sa transcendance rédemptrice par l'écriture car, selon les propres mots de l’auteur, « la littérature naît précisment de la souffrance » qu’elle essaie elle-même d’atténuer...»

— Arnaud Genon, autofiction.org. [sommaire]

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«Le Dernier stade de la soif est fort, beau, américain… unique.»

— Kurt Vonnegut

«Une piqure de rappel bienvenue de ce que les business de la littérature et de la vie sont vraiment. Tous les fans de l’art et de la vie doivent le lire.»

Newsweek


« Une instructive, puissante et éprouvante expérience.»

— William H. Gass


«Qu’est-ce qui dans ce livre est fiction et qu’est-ce qui ne l’est pas? Ça n’a aucune importance. Ce qui importe, c’est la véritable et parfois étonnante richesse de sa prose; c’est l’humour exubérant qui empêche le livre de sombrer dans l’apitoiement ou l’amertume, et c’est — surtout — la clarté avec laquelle Exley, en s’explorant lui-même, explore un monde auquel il refuse avec acharnement de s’adapter. »

— Jonathan Yardley

«Que se passerait-il si le rejeton de Salinger et de Bukowski, ivre de poésie et de bière bon marché, écrabouillait sa moto dans l’arrière-cour d’un gala donné par Gatsby le Magnifique? Le désordre engendré ressemblerait au premier du roman de Frederick exley. Le Dernier stade de la soif est le compte-rendu en grande partie autobiographique d’une vie passée à combattre des démons… de l’alcoolisme à un père désapprobateur en passant par un obsession malsaine pour le joueur star des New York Giants, Franck Gifford. Exley ne garde peut-être rien pour lui lorsque qu’il fait la chronique de ses échecs, mais son ton fréquemment drôle de son écriture lui fait éviter les écueils qui émaillent tout mémoire abordant des addictions contemporaines. Il en résulte une combinaison rare de tragédie et d’hilarité qui se révèle proprement américaine.»

Esquire. [sommaire]

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Une vie de freak

« Disparu en 1992 après une vie ravagée par les séjours à l'hôpital psychiatrique et l'alcool, Frederick Exley avait, à 30 ans, écrit son autobiographie. Ou les déboires d'un marginal dans les années 50-60. Totalement culte. En plein rêve américain, dans une bourgade de l'état de New-York, un homme sort en titubant d'un bar, aveuglé par le bleu du ciel. Il se croit victime d'une crise cardiaque, conséquence d'une épopée alcoolique de soixante-douze heures qui s'achèvera pour cette fois dans un lit d'hôpital. L'homme, vaguement prof, la trentaine, se prénomme Fredrick Exley: héros et auteur d'un livre estampillé culte dès sa publication aux Etats-Unis en 1968, et auprès duquel deux romans suivants feront figure d'oeuvres mineures.

Le Dernier Stade de la soif retrace la vie d'Exley, sous la pudique appellation de "mémoires fictives" ou d' "autobio romancée". Comprendre: pour éviter les emmerdes, l'écrivain a préféré changer les noms (à l'exception du sien) et trafiquer la narration ici ou là afin de rendre compte en toute impunité du "long malaise qu'est (sa) vie". Alcoolique notoire, marginal révolté qui multiplia les séjours en hôpital psychiatrique, Exley relate un début de jeunesse plutôt souriant: fils d'un ex-athlète de football, puis étudiant du sud de la Californie débarquant à New-York en quête de gloire littéraire; plus tard, les premiers déboires dans le milieu de la pub, suivi d'un job de luxe dans une société de chemins de fer à Chicago.

Mais déjà, Exley souffre de graves symptômes bukowskiens: l'addiction aux femmes dangereuses et à l'alcool. Un premier échec sexuel cuisant avec une lolita carnassière de 19 ans, puis la déroute du couple qu'il forme avec Patience, une conseillère conjugale, auront tôt fait de hacher crue cette âme sensible.

Authentique et halluciné, caustique sans une brise d'espoir, Exley révèle un flair hors normes, une haute conscience de son statut de pestiféré extralucide: "Je voyais le monde avec une telle acuité que cela en devenait insoutenable, j'étais maladivement clairvoyant, avec des aperçus de l'univers dont je me détournais immédiatement."

Exley se pose en enfant maudit de l'Amérique, c'est à dire en héritier de Poe, Hawthorne, Fitzgerald, Hemingway. Sa "chute vertigineuse vers la clochardisation" semble aussi bien inéluctable: licenciement, bagarres de poivrots, autodafé de ses propres écrits. Seul demeure un amour irraisonné pour une équipe de football américain: les Giants, que le narrateur vénère telle "une île de franchise dans un océan de circonspection". Dans l'Amérique évangéliste et petite-bourgeoise du début des années 60, un poète claudiquant aux allures de grizzli a bu tout ce qu'il pouvait boire, a maudit son âme de loser avant de pondre une lumineuse confession pétrie de tournures classiques et d'imprécations d'ivrogne. On découvre, ému, avec plusieurs décennies de retard, ce roman d'assoiffé héroïque, sorte de testament bohème et férocement désabusé. »

— Emily Barnett, Les Inrockuptibles. [sommaire]

 

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Dans le verre du désespoir

Jamais traduite en France, voici l'œuvre culte d'un écrivain aussi lucide que poignant: Frederick Exley.

Lorsqu'on l'interrogeait sur les auteurs qui pouvaient avoir influencé sa grande trilogie romanesque (Un week-end dans le Michigan, Independance et L'état des lieux), Richard Ford citait sans hésiter le nom de Frederick Exley. Un écrivain américain culte dont l'œuvre n'avait jusqu'ici curieusement jamais été traduite en France. L'erreur est aujourd'hui réparée grâce au travail d'un vaillant jeune éditeur toulousain à la tête des éditions Monsieur Toussaint Louverture, dont l'excentrique catalogue comprend déjà un roman de chevalerie du XIVe siècle, des nouvelles de Robert Benchley ou la réédition du Zuleika Dobson de Max Beerbohm.

Les lecteurs français ont donc enfin la possibilité de se familiariser avec la prose bouillonnante de Frederick Earl Exley (1929-1992). Les éditions Monsieur Toussaint Louverture ont eu la bonne idée de faire préfacer Le dernier stade de la soif – titre français de A Fan's Notes, le premier volet qui ouvrait en 1968une trilogie poursuivie avec Pages from a Cold Island (1975) et Last Notes from Home (1988) – par Nick Hornby. L'Anglais y explique avoir découvert ce chef-d'œuvre "honteusement drôle" en 1990, alors qu'il commençait juste sa propre carrière d'écrivain. Pour Hornby, Le dernier stade de la soif est "un roman-autobiographie-fictive-quel-que-soit-le-nom-qu'on-lui-donne".

Un livre inoubliable et dérangeant "sur l'alcoolisme, l'écriture, le sexe, l'échec, l'autodestruction et l'Amérique."

Dans son avertissement au lecteur, Exley souhaite qu'on le considère comme un "auteur de fiction" même si, dit-il, les évènements qu'il décrit ressemblent à ceux qui constituent le "long malaise" qu'est sa vie. Le narrateur se nomme comme lui Frederick Exley. Un dimanche de novembre dans les années 1960, le voici en train d'attendre la retransmission d'un match de football opposant les New York Giants aux Dallas Cowboys. Notre homme est assis au bar du New Parrot, sa ville natale si bien célébrée par Sinatra, dans l'État de New York. Fred n'est pas au mieux et pense même qu'il est victime d'une attaque cardiaque. Il faut avouer qu'il descend beaucoup de bières et de whiskys, et s'alimente peu. Que sa femme vient de demander le divorce et la garde de leurs jumeaux de deux ans…

Le double littéraire d'Exley enseigne la littérature dans une communauté rurale de dix mille habitants "enneigée la moitié du temps sous un ciel de plomb et assommée l'année durant par une ignorance crasse". Côté réconfort, à part s'adonner massivement à la boisson, rien ne vaut le football. Une "île de franchise dans un océan de circonspection". À ses yeux, les dieux du stade sont le Giants et son charismatique leader Frank Gifford dont il est un supporter fanatique.

Fred ouvre peu à peu la porte aux souvenirs d'enfance et d'adolescence. Revient sur ses divers séjours à l'hôpital psychiatrique d'Avalon Valley où on lui administrait traitement insuliniques et électrochocs. Il rappelle aussi ses premières bagarres des poivrots et se livre à divers portraits truculents. Ne pas rater celui de l'Avocat, défenseur rayé du barreau, qui a toujours foi en "la force consolatrice de la Fornication". Celui de Mister Blue, avec ses chaussures noires à talonnettes en peau d'alligator, un curieux type principalement intéressé par deux sujets: les revêtement extérieur en aluminium et le cunnilingus. Ou celui de Bunny Sue Allorgee, étudiante du Middle West blonde aux yeux verts, dont il pensait être tombé amoureux à Chicago. Sans parler de celui de son père Earl qui avait été maître nageur à l'âge de dix-sept ans. Un ancien joueur et entraîneur de football dont la carrière ne décolla jamais.

En plus d'un autoportrait terrible, Frederick Exley exécute une peinture au vitriol des années 1950-1960. Une contrée "ivre de beauté physique", déjà au régime et faisant du sport, où les marginaux de son espèce n'ont guère leur place. Il y a quelque chose d'épique et de tragique dans ces pages qui relatent sans fard les errances d'un écrivain incapable d'écrire et d'avancer droit. On en sort saoulé de mots et d'émotions, bousculé par la vitalité et la poigne d'un Exley, dont la noirceur n'a d'égale que la lucidité.

— Alexandre Fillon, Lire. [sommaire]

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Boire un coup et mourir / Roman réussi d'un vrai raté

« À ce livre colle la puanteur d’une vie réelle qui a pris le chemin d’un véritable désastre ; c’est pour cette raison qu’il s’agit d’un chef d’œuvre. » Auteur de la préface du Dernier Stade de la soif (éditions Monsieur Toussaint Louverture), Nick Hornby vous aura prévenu. Et on ne pouvait rêver d’une meilleure introduction à la vie et à l’œuvre de Frederick Exley, inconnu en France, mais que ces «mémoires fictives» ont rendu culte aux Etats-Unis.

Exley a une singularité, nous dit Hornby, grande figure du « roman confession à la première personne » : ayant renoncé à s’attirer la sympathie du lecteur (à l’inverse de la plupart des écrivains), lui s’aventure sur le « terrain de la vérité ».

Quelle vérité ? Allons, des échecs cuisants, des cuites mémorables. La vie d’un type marginal qui n’a qu’une seule vraie passion : les New York Giants, équipe de football dont il ne manque aucun match (et qui dit match dit : boire). Seule constante dans ce récit qui déjoue toute forme de chronologie, cette obsession pour les Giants – et plus particulièrement pour un joueur dénommé Frank Gifford – en dit long sur le malaise de Fred Exley : « C’est mon sort, mon destin, ma fin que d’être un supporter ». Être supporter, comme être groupie : vivre dans l’ombre d’un autre, se repaître des victoires (de la gloire) qu’on a soi-même renoncé à remporter.

Au fil des souvenirs qu’il voudra bien nous livrer, on apprendra du fan qu’il est lui-même le fils d’un athlète de bon niveau, une célébrité locale dans sa jeunesse. Il ne s’agit pas de mettre du Freud là où il n’y en a pas, mais les passages dans lesquels Exley – « Ex » – évoque son père sont parmi les plus forts du roman, peut-être même des images-clés pour comprendre sa propre maladie – désespoir chronique, défaistisme incurable. Evoquant la mort de son père, Exley a chassé bien loin toute forme de pathos, avouant ne pas être capable de savoir s’il l’a aimé vraiment.

Ce n’est pas parce qu’il ne larmoie pas que Fred Exley ne nous brise pas le cœur de ses histoires d’amour, vomi, ami, lose, et psy. Racontés avec une lucidité terrifiante, ses multiples séjours à l’asile (un endroit sordide appelé Avalon Valley) le font définitivement basculer du côté de ceux qui ne s’en sortiront jamais. « Ces récidivistes incarnaient la laideur, la décrépitude et la putréfaction », écrit-il à propos des autres pensionnaires. « À présent, j’étais persuadée de comprendre : ils n’avaient pas leur place dans l’Amérique d’aujourd’hui. Cette Amérique était ivre de beauté physique. L’Amérique était au régime. L’Amérique faisait du sport. » Pas de place donc dans ce pays au sourire éclatant pour les freaks, les solitaires, les ratés qu’Exley se retrouve naturellement à fréquenter. Il y a l’Avocat, radié de sa profession pour une moindre erreur ; Paddy The Duke, mystérieux sage rencontré chez les fous ; Mister Blue, petit homme spectaculaire obsédé par le cunnilingus. Il y a les potes ; et Ex ne l’oublie pas, il y a les femmes aussi, Lottie, Bunny, et puis Patience qui porte si bien son nom. Ex se marie avec cette dernière, a deux enfants avec elle. Il se donne le rôle du salaud dans l’affaire conjugale, imperméable à tout sentiment de paternité, promettant un roman auquel il ne travaille pas, pendant que son épouse s’occupe « de toute la dimension matérielle de (leur) relation ». Avant de tailler la route pour de bon, Ex composera le pastiche suivant pour la douce Patience (il ne le lui donnera jamais) :

« Tu m’as donné le pain, tu m’as donné le lait,
Tu m’as donné plein de bons trucs à manger ;
Seul problème, tu en conviendras
C’est que la poule au pot, très peu pour moi ».

Plus explicitement, il écrira encore plus tard dans une lettre qu’il n’enverra jamais : « mon cœur penchera toujours du côté de l’ivrogne, du poète, du prophète, du criminel, du peintre, du fou, de tous ceux qui aspirent à s’isoler de la banalité du quotidien (...) je ne me sentirais jamais plus à l’aise dans autre chose que des nippes de bas étage, qui rappellent les odeurs, les goûts, les rires et les larmes d’Avalon Valley. »

Exley s’exprime comme un écrivain maudit. Problème : à ce moment-là, il n’a encore rien écrit. Paradoxe : c’est ce genre d’imposture qui fera son grand roman. Les échecs et les mensonges ont fait de bons écrivains. Exley en est un. Malgré les comparaisons évidentes dont il a fait l’objet (Bukowski et la clique des soifards de génie), son Dernier Stade de la soif est tout sauf un simple livre sur la vie dans le caniveau. C’est la confession magnifique d’un triste salaud. La somme désordonnée d’une existence toute cabossée. Un récit sans début ni fin, qui fait débander les hommes trop sûrs, pleurer les filles naïves.

— Céline Ngi, Fluctuat.

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La balade d'un ange maudit

C'est qui ? Une âme errante des années 60, qui passé sa vie à alterner grosses bitures et séjours en HP. Mais avant de succomber à une attaque un quart de siècle plus tard et de rallier ainsi le paradis des enfants maudits d'Amérique, Frederick Exley a pondu un livre culte paru en 1968.
C'est quoi? Une autobiographie romancée de quatre cents pages, véritable antimanuel de survie. À travers la dérive sentimentale et professionnelle d'un trentenaire marginal, fan des New York Giants et de bière, Exley livre une confession tendre et désabusée où tous les organes vitaux sont atteints. Un relooking hautement trash de la littérature underground, inspirateur plus tard des romans de Hornby.
C'est pour qui? Pour ceux qui n'aiment pas se laver les dents et achètent la marque de bière la moins chère au supermarché. Pour les poètes maudits en mal de figure tutélaires. Pour ceux qui ne jurent que par Bukowski, Poe, Salinger ou Hemingway.

— Emily Barnett, Grazia. [sommaire]

 

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