Zébu Boy, de Aurélie Champagne

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Moi, ce que j’aime, c’est les monstres
d’Emil Ferris vient de recevoir le Prix de la meilleure
bande dessinée – le Fauve d’Or à Angoulême !

Ce que cela coûte, de W.C. Heinz,
un bijou de la littérature américaine
est disponible en librairie.

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Z É B U   B O Y
A U R É L I E   C H A M P A G N E

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L ’ H I S T O I R E

Madagascar, mars 1947, l’insurrection gronde. Peuple saigné, soldats déshonorés, ce soir, l’île va se soulever, prendre armes et amulettes pour se libérer. Et avec elle, le bel Ambila, Zébu Boy, fierté de son père, qui s’est engagé pour la Très Grande France, s’est battu pour elle et a survécu à la Meuse, aux Allemands, aux Frontstalags. Héros rentré défait et sans solde, il a tout perdu et dû ravaler ses rêves de citoyenneté. Ambila qui ne croit plus en rien, sinon à l’argent qui lui permettra de racheter le cheptel de son père et de prouver à tous de quoi il est fait. Ambila, le guerrier sans patrie, sans uniforme, sans godasses, sans mère, qui erre comme arraché à la vie et se retrouve emporté dans les combats, dans son passé, dans la forêt.

Roman de la croyance, du deuil et de la survie, Zébu Boy fait naître les fleurs et se changer les balles en eau. Tout entier traversé d’incantations, ce premier roman qui oscille entre destin et pragmatisme, est porté par une langue puissante et fait entendre la voix mystérieuse qui retentit en chaque survivant.

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Zébu Boy
de Aurélie Champagne
Roman français
256 pages — 19,90 euros.
À paraître le 22 août 2019

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L ’ A U T E U R

Tout commence par un nom : Razafindrakoto. Deux, en vérité : Champagne-Razafindrakoto. Un jour, la mère d’Aurélie fait refaire les papiers d’identité de sa fille et lui demande si elle désire ou non porter son nom malgache. L’enfant a hérité d’un père absent, musicien et mythomane, dont elle ne sait pas grand-chose sinon qu’il traîne une histoire familiale lacunaire et traumatique. Celui-ci a tout juste évoqué de grandes lignées royales et un patronyme qui signifierait « Fils de Prince ».

En 1998, Aurélie a 20 ans. Elle sacre deux intenses années de prépa littéraire par un voyage à Madagascar et découvre là-bas que ce nom équivaut à « Durand ». Sa quête identitaire se mue en voyage initiatique de 6 mois durant lesquels elle embrasse un pays tout entier. Elle découvre le contexte historique de l’après-guerre sur l’île et se passionne pour l’insurrection de 1947. À son retour, Aurélie reprend sa vie parisienne, ses études de lettres et une myriade de petits boulots mais Madagascar a semé dans son cœur une obsession qui ne la quittera plus. D’elle, naît en 2003 une première ébauche de fresque historique sur quatre générations, qui ne trouve grâce auprès d’aucun éditeur. D’elle, naît aussi une nouvelle publiée en 2007. À l’époque, la trentenaire se passionne pour l’écriture documentaire et produit des reportages pour France Culture et France Inter (sur les violences domestiques en Inde et sur le quotidien d’une famille de femmes roms en région parisienne). Elle travaille également dans la presse écrite (Zurban, Transfuge, Le Point).

En 2010, elle commence à chroniquer le quotidien d’une poignée de sans-abri et rejoint la rédaction de Rue89 pour pérenniser ce travail et créer Rue89 Culture. Aurélie a beau, en parallèle, écrire des nouvelles, l’envie du roman malgache est toujours là. Elle le reprend, envoie sa dernière mouture à des éditeurs dont les retours, quand ils existent, s’avèrent plutôt décourageants.

Elle met le texte en sourdine et développe d’autres formes d’écritures. Elle travaille le dessin, la chronique journalistique, coécrit des scénarii de séries et de longs-métrages avec son compagnon scénariste, Olivier Volpi, et rencontre un succès web et éditorial avec leur collection de mots de voisins.

Le roman semble enterré pour de bon mais un coup du sort l’y ramène. Un deuil la laisse recluse chez elle pendant des mois et l’amène à tout réexaminer. En 2014, elle quitte Rue89 et après un crochet par la matinale du Mouv où elle retrouve le plaisir de l’écriture, elle reprend le roman. Cette fois, le récit se resserre, se nourrit des pertes et des forces, et s’incarne en un homme qui s’incarne à son tour en une île. Il devient Zébu Boy, et aura finalement survécu à tout.

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À   P R O P O S   D U   R O M A N   Z É B U   B O Y

U N   R O M A N - Î L E

Un monde proche et lointain. Un monde éloigné mais qui fonctionne, et au sein duquel le lecteur se repère, parce que ce monde est cohérent. Le livre est le portrait d’un homme qui est une île : on découvre le monde aux côtés d’Ambila, qui y est né, mais qui y évolue un peu en étranger depuis son retour de métropole, ce qui permet aussi au lecteur de se l’approprier. Rentrer dans Zébu Boy, c’est plonger tête la première dans un univers.

U N   R O M A N   I N A T T E N D U

L’auteur a réussi à bâtir un roman qui défie les attentes que l’on pose sur un premier roman. Le sujet est inattendu, la force qui s’en dégage, sa construction, son effet de réel. Tout concourt, que ce soit l’aspect social, culturel, politique, historique, psychologique, par leur densité respective et unique, à donner à l’histoire une puissance d’évocation sans pareille.

U N E   P L O N G É E 
 D A N S   L A   R É B E L L I O N   O U B L I É E   
D E   M A D A G A S C A R

L’insurrection malgache de 1947 a longtemps été considérée comme une anecdote de l’histoire coloniale. Or, le bilan humain de la répression coloniale est supérieur à celui du massacre de Sétif en Algérie par exemple. Le 29 mars est jour de deuil national à Madagascar mais là-bas, le sujet demeure tabou. On n’en parle pas ou peu. L’État français lui aussi n’est pas prolixe sur les exactions de l’armée et la répression. Aucun intérêt à en faire état. Et il n’y a jamais eu d’excuse officielle de la France

U N   L I V R E 
Q U I  R A C O N T E  L A  S U R V I E 

L’obsession des gens porte souvent sur ce que l’on devient après la mort, alors que la vraie question est plutôt de savoir ce que l’on devient quand on est celui qui ne meurt pas. Zébu Boy est un livre sur ceux qui restent. Ceux qui survivent au pire, qui survivent à ceux qu’ils aimaient. Comment l’épreuve casse ou transforme celui qui la vit. Comment, pour survivre, il faut neutraliser celle ou celui qu’on était et devenir un autre.

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R A P P E L   H I S T O R I Q U E 
E T   C H R O N O L O G I E   

En août 1946, des milliers de soldats malgaches enrôlés dans l’armée française rentrent enfin à Madagascar, convaincus que le général de Gaulle va leur donner l’indépendance. Quand ils sont renvoyés dans les plantations coloniales, certains prennent la tête d’une insurrection. Le soulèvement s’accompagne de massacres de colons français et de Malgaches non-indépendantistes. Il est suivi d’une terrible répression conduite par l’armée française. Les rebelles et une partie de la population se retranchent dans la forêt. Certains y résistent pendant dix-huit mois, galvanisés par les sorciers et le savoir-faire des anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale. Au final, le bilan humain de cette « campagne de pacification » menée par la France fait encore débat, mais s’élèverait à plus de 30 000 morts côté malgache. Cette insurrection est commémorée à Madagascar par un jour de deuil national chaque 29 mars.

Premiers siècles de l’ère chrétienne

Peuplement de Madagascar par des migrants venus de Malaisie et de Polynésie.

IXe-XIIe siècle

Apports migratoires africains et arabes.

XVIe-XVIIIe siècle

Tentatives d’installation européenne (Portugaise, puis Française et Britannique).

1787-1810

Début de l’unification de l’île par Andrianampoinimerina, roi des Merina.

1810-1896

Poursuite de l’unification de l’île. La France installe progressivement son protectorat sur le royaume et envoie une expédition de conquête en 1895. La reine Ranavalona III est exilée et l’île devient une colonie française.

1914-1918

Des milliers de Malgaches sont enrôlés dans l’armée française pour défendre la Mère patrie durant la Première Guerre mondiale.

1928

Manifestation anticolonialiste à Tananarive.

1939-1945

Seconde Guerre mondiale, de nouveau, des milliers de Malgaches sont réquisitionnés. Jusqu’à la prise de contrôle de l’île par la France libre, en 1943, les Vichystes organisent une répression coloniale (internement de militants et exécutions).

1946

Création du MDRM (Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache), dont les députés demandent, en vain, à l’Assemblée nationale, l’indépendance de Madagascar.

29 mars 1947

Début de l’insurrection malgache et de la répression militaire.

12 avril 1947

Dissolution du MDRM et arrestation de ses députés.

Juillet 1948

Tous les foyers insurrectionnels sont éteints et les campagnes sont soumises.

1960

Indépendance de Madagascar.

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  B I B L I O G R A P H I E   S É L E C T I V E

L I V R E S

Cotte, Vincent (R.P). Regardons vivre une tribu malgache, La Nouvelle Édition, 1946.

Fremigacci, Jean. État, économie et société coloniale à Madagascar (Fin xixe siècle-1940), Éditions Karthala, 2014.

Mabon, Armelle. Prisonniers de guerre « indigènes », La Découverte, 2010.

Rabearison. Contes et légendes de Madagascar, T.P.F.L.M. (Trano Printy Fiangonana Loterana Malagasy), 1967.

Renel, Charles. Contes de Madagascar, Éditions Leroux, 1910-30.

Tronchon, Jacques. L’Insurrection malgache de 1947, Éditions Karthala, 1986.

A R T I C L E S

Université Madagascar. « Omaly Sy Anio : Hier et aujourd’hui », Revue d’études historiques, 1995-1996, n° 41-44.

Fremigacci, Jean. « L’insurrection de 1947 dans la région de Mananjary. Troisième partie : le drame », Tsingy : Revue de l’Association des professeurs d’histoire et de géographie de Madagascar, 2012, pp. 106-163.

Madagascar 1947, la tragédie oubliée, actes du colloque AFASPA – Université Paris VIII-Saint-Denis 9, 10 et 11 octobre 1997, Le Temps des Cerises, 1999.

F I L M   D O C U M E N T A I R E

Dejoie-Robin, Violaine. Oubliés et trahis. Les prisonniers de guerre coloniaux et nord-africains durant la Seconde Guerre mondiale, Grenade Productions, 2003, 55 minutes.

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  P O U R   A L L E R   P L U S   L O I N
A R T I C L E S   E N   L I G N E

Madagascar, la révolte des sagaies.

Il y a 70 ans, les Malgaches s’insurgeaient contre le pouvoir colonial.

En 1947, l’armée française réprimait violemment l’insurrection malgache.

1947, un massacre colonial français à Madagascar.

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V O U S   Ê T E S   S U R   L E    S I T E   D E S   É D I T I O N S
M O N S I E U R   T O U S S A I N T   L O U V E R T U R E