À HB Derwent.

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Personne ne gagne de Jack Black
débarque en librairie !

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L E T T R E   O U V E R T E   À   H . B   D E R W E N T

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Cher H.B Derwent,

la première chose qui m’a séduite quand nous nous sommes  rencontrés, c’est ta tenue: ce "total look" noir anthracite, avec une petite touche d’orange, la grande classe, vraiment.

Ensuite ton nom : H.B  Derwent. Là j’ai craqué, le côté anglo- saxon, l’humour, le non-sense, le petit grain de folie indispensable, tu étais fait pour moi !

Il faut que je t’avoue qu’avant de te connaître, j’ai vécu une  grande déception. Je reconnais avoir été naïve. Quelle idée de s’attacher à  un crayon qui porte un nom de fromage suisse : B.Comté. Et ne parlons  pas de sa tenue, un vert immonde, très commun. Ajoutons à cela un caractère un peu glissant, adipeux, et autant de sensibilité qu’un inspecteur des impôts. J’étais jeune et il m’a fallu du temps pour reprendre confiance. C’est pour cela  que notre rencontre a été si importante pour moi.

Je t’ai emmené chez moi et je t’ai présenté ton nouvel  environnement. Je pense que tu as aimé les parquets de bois clair, les murs cirés, la lumière agréable, et surtout le plan de travail gris métallisé qui s’harmonisait si bien avec ton corps sombre. Dans ma main tu étais lisse, soyeux plein de promesses. Avec  toi j’allais enfin parvenir au plaisir, à l’osmose parfaite, à l’union subtile  entre le corps et la tête.

Hélas, il ne s’est rien passé: qu’une union mécanique, banale,  du genre de celle que l’on préfère oublier.Optimisme béat ou stupidité, j’ai préféré croire que notre relation conventionnelle ne te convenais pas, alors nous avons varié les lieux  et les positions. Tout cela n’a servi à rien: le bide, le flop, le ratage  intégral.  

Ma déception est immense. Mes exigences ne sont pourtant pas  difficiles à satisfaire, je te les ai expliquées mille fois. Il te suffit de  traduire, de ta pointe sombre, fine et acérée, les images originales, drôles,  pleines d’un humour fin et subtil qui naissent dans les délicats méandres de mon cerveau.

Mais tu refuses de comprendre et ta mauvaise volonté frise la  cruauté morale. Tu ne m’offres qu’approximations, ratures, flous, tremblés. Tu  piétines mes sentiments, ma créativité, il ne reste rien de mes  belles idées. Ton travail ressemble aux déplacements d’un escargot atteint de la maladie de Parkinson.

Pourtant, nous aurions pu devenir célèbres si ton mauvais  caractère n’avais pas tout gâché. Aujourd‘ hui tu serais une star comme F.Faber  Castell, D.Rowney, W.Caran d’Ache fidèles compagnons et amis de célèbres  dessinateurs comme Tomi Ungerer, Bilal, Fred.

Il est temps d’être lucide. Notre collaboration ratée me  désole, mais tu comprendras que je pense à ma carrière et à mes milliers de  futurs admirateurs. Demain j’ai rendez vous avec Photoshop… Je fonde de grands espoirs sur cette rencontre virtuelle.

Cependant, en souvenir de nous, j’ai décidé de me préoccuper de  ton avenir. Je refuse de t’abandonner dans le tiroir avec le bloc des  commissions, c’est pour moi une question d’éthique. Peut-être une famille d’accueil avec de jeunes enfants ou alors  une petite annonce dans Libération ? 

 

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