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É C R I V E Z D
E S L E T T R E S . . . . . . Ils ne vous répondront probablement pas, voire jamais : alors c'est bien à eux qu'il faut écrire. Au "Brouhaha", à l'acteur qui incarnait "Winny l'Ourson", aux "661 nouveaux romans de la rentrée", à la "Mode du string qui dépasse", à "Mon rapport de stage", à ceux qui occupent le devant de la scène, comme à ceux qui habitent notre quotidien, à "Ce petit voisin qui se bagarre tout le temps avec sa petite sœur", à "La vaisselle qui s'entasse dans mon évier", au "Verre de tequila de trop". Ils ne vous répondront sûrement pas, mais ce n'est pas pour ça que vous n'avez rien à leur dire. Parce que vous avez des choses à dire. Alors, allez-y, allez-y franchement, tendrement, avec humour, douceur et diplomatie. Tendez leur votre regard en coin. Dénoncez avec tact, moquez-vous avec tendresse, ne vous prenez pas au sérieux le temps d'une lettre. Quelle absurdité ! Qui peut écrire à quelqu'un qui ne répondra pas ? J'espère qu'une majorité d'entre vous s'y essaiera, et explorera les idées les plus dingues et les plus inattendues. Vous ne savez pas de quoi VOUS êtes capable, NOUS allons bientôt le savoir. C'est le moment de prendre la parole et de secouer de l'intérieur cette littérature qui se regarde le nombril. Sortez des sentiers battus, faites une surprise aux clichés, vous avez la parole, vous savez vous en servir, vous avez le monde entier comme terrain de jeux. Comme nous l'avons fait pour les "20 minutes" : dans un premier temps nous publierons vos lettres sur le site, puis les meilleures seront publiées dans la revue. Vous pourrez trouver quelques exemples de Lettres Ouvertes sur Louverture, mais nous savons que vous avez ça dans le sang, que ces aiguillons des contraintes sont de bonnes circonstances pour votre créativité. Vous allez être épatant. Faites-nous regretter de ne pas y avoir pensé plutôt. Mais dîtes-lui, dîtes-lui ce que vous en pensez, de toute façon il, elle, eux ou ça ne vous répondront probablement pas. Qu'est-ce que c'est que ce monde où personne ne vous répond ? Un monde où personne n'a rien à dire ? Vous écrivez, alors écrivez-leur ! Un roman, une nouvelle sont toujours un peu comme de grosses lettres d'un auteur à un lecteur, même si celui à qui on s'adresse ne répond jamais, c'est notre conception de la littérature. Alors envoyez vos lettres ouvertes à contribution@monsieurtoussaintlouverture.net
. . . . . . À H.B. DERWENT . . . . . . Cher H.B Derwent, La première chose qui m’a
séduite quand nous nous sommes rencontrés,
c’est ta tenue : ce "total look" noir anthracite,
avec une petite touche d’orange, la grande classe,
vraiment. Il faut que je t’avoue qu’avant de te connaître, j’ai vécu une grande déception. Je reconnais avoir été naïve. Quelle idée de s’attacher à un crayon qui porte un nom de fromage suisse : B.Comté. Et ne parlons pas de sa tenue, un vert immonde, très commun. Ajoutons à cela un caractère un peu glissant, adipeux, et autant de sensibilité qu’un inspecteur des impôts. J’étais jeune et il m’a fallu du temps pour reprendre confiance. C’est pour cela que notre rencontre a été si importante pour moi. Je t’ai emmené chez moi et je t’ai présenté ton nouvel environnement. Je pense que tu as aimé les parquets de bois clair, les murs cirés, la lumière agréable, et surtout le plan de travail gris métallisé qui s’harmonisait si bien avec ton corps sombre. Dans ma main tu étais lisse, soyeux plein de promesses. Avec toi j’allais enfin parvenir au plaisir, à l’osmose parfaite, à l’union subtile entre le corps et la tête. Hélas, il ne s’est rien passé: qu’une union mécanique, banale, du genre de celle que l’on préfère oublier.Optimisme béat ou stupidité, j’ai préféré croire que notre relation conventionnelle ne te convenais pas, alors nous avons varié les lieux et les positions. Tout cela n’a servi à rien: le bide, le flop, le ratage intégral. Ma déception est immense. Mes exigences ne sont pourtant pas difficiles à satisfaire, je te les ai expliquées mille fois. Il te suffit de traduire, de ta pointe sombre, fine et acérée, les images originales, drôles, pleines d’un humour fin et subtil qui naissent dans les délicats méandres de mon cerveau. Mais tu refuses de comprendre et
ta mauvaise volonté frise la cruauté morale.
Tu ne m’offres qu’approximations, ratures, flous,
tremblés. Tu piétines mes sentiments, ma créativité,
il ne reste rien de mes belles idées. Ton travail
ressemble aux déplacements d’un escargot atteint
de la maladie de Parkinson. Il est temps d’être lucide. Notre collaboration ratée me désole, mais tu comprendras que je pense à ma carrière et à mes milliers de futurs admirateurs. Demain j’ai rendez vous avec Photoshop… Je fonde de grands espoirs sur cette rencontre virtuelle. Cependant, en souvenir de nous, j’ai
décidé de me préoccuper de ton avenir.
Je refuse de t’abandonner dans le tiroir avec le bloc des
commissions, c’est pour moi une question d’éthique. . . . . . . LETTRES OUVERTES PRÉCÉDENTES À posteriori À Dieu À la tartine que
je mangerai demain matin À
l'amitié entre les hommes et les femmes À la personne
qui fixe mon petit ami parce qu'il est plus séduisant que moi Au jeune
garçon qui a volontairement laissé la voiture lui rouler
sur le pied Aux sacs plastiques
des supermarchés Aux incrédules Au teenager qui
riait pendant Matrix |
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