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« Tous les hommes du roi commence
comme une comédie du pouvoir, emprunte les chemins
de la fresque historique et se conclut sur un entrelacs
de tragédies, la somptuosité de l’écriture le disputant
dans chacun de ces registres à la profondeur de la pensée.
Chef-d’œuvre ? Oui, dix fois plutôt qu’une. »
Les Inrocks

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L E T T R E S

De : François B.
À : Joshua
Objet : Objets (21/01/04)

Joshua,

nous sommes aujourd'hui le 11 et seulement 8 jours me séparent de mon retour en France auquel je ne peux pas m'empêcher de penser ces temps-ci (avec bonheur).
Ces mystérieuses paroles à propos de ta récente mise en ménage m'ont profondément intrigué et je dois t'avouer que je donne ma langue au chat même si ça n'est pas de ces derniers dont il s'agit.
J'ai moi-même vécu quelque chose d'assez étrange récemment et je pense éà toi aussi ça va te paraître des plus étonnants (faut il un "s"?).Comme à peu pres tous les jours, j'avais pris le métro et je m'etais assis. Mon esprit vagabondait joyeusement et soudain mon regard s'arrêta sur le sac à dos pose sur les genoux du mec assis en face de moi (rien de bien extraordinaire jusque-là). Mais, alors que mon attention était fixée ledit sac (pour je ne sais quelle raison), je m'apercus d'un détail tout à fait anormal, le sac...comment dire?.. oui, le sac (je sais que ca va te paraître invraisemblable)... respirait. Tout ceci doit te sembler dément mais je serai pret à mettre ma main au feu que j'ai bien vu son petit corps dodu se gonfler (comme sous le coup d'une inspiration) pour perdre aussitôt cette prise de volume aussi brusque que momentanée et cela, à trois reprises. Au bout de la troisiéme fois, flairant le caractère totalement irrationnel de la chose, je me frottai vigoureusement les yeux pour m'assurer que tout ceci n'était pas le fruit d'une hallucination et... plus rien. Cela dit, je ne pense pas avoir rêvé et je soupconne plutôt le petit saligaud de m'avoir vu le regarder et de s'être alors mis en apnée (j'ai toujours un doute sur l'orthographe de ce mot) pour me faire croire qu'il n'était qu'un banal sac à dos, aussi inerte et denué d'intelligence et de vie que ses semblables. Cet episode m'a rendu méfiant à l'égard des objets (apparemment si innocents) qui nous entourent et je regarde à présent d'un autre oeil les "pannes accidentelles" (du moins c'est ce qu'il cherche à me faire croire) de mon frigo... Je te conseille donc d'être attentive et méfiante à l'avenir car cela pourrait t'éviter bien des tracas...

À bientot, Francois.

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De : François B.
À : Joshua
Objet : Reflets (19/01/04)

Cher Joshua,

encore une fois il m'est arrivé l'autre jour un épisode des plus singuliers (le grand frisson de l'aventure m'en secoue encore) et encore une fois ça s'est passé dans le métro.Donc,comme à peu prés chaque jour, j'étais dans le métro et comme cela arrive plus rarement en revanche, j'étais assis(aucune vieille dame à l'air implorant pour me faire éprouver un insupportable sentiment de culpabilité-parce qu'il faut bien le dire, l'air outré par contre, ça n'a strictement aucun effet sur moi, mais les petites vieilles intelligentes l'ont bien compris de toute facon et la plupart d'entre elles ont depuis longtemps abandonné cette methode, à la place elles préfèrent lancer un regard humide avec un gentil sourire triste du style: "ne vous dérangez surtout pas pour moi, je suis bien peu de chose vous savez" et la en général, une expression au moins aussi désolée sur le visage, je me léve en un mouvement que je ne peux pas m'empêcher -à ma grande honte- de considérer comme diablement chevaleresque et je leur designe d'un geste maladroit la place désormais vide de ma personne qui ne mérite vraiment pas un tel confort). Ce jour là donc,alors que j'étais assis et que je regardais dans le vague, mes yeux s'arrêtèrent sur la vitre en face de moi qui reflétait un visage au menton grotesquement allongé. Alors que je me demandais qui pouvais être le propriétaire d'un visage si disgracieux, je compris qu'il s'agissait tout simplement de moi dont la fenêtre irrégulière avait déformé le reflet. Cette découverte m'enthousiasma et je commençai à baisser légèrement mon visage pour aggrandir mon nez qui prit alors à son tour une taille tout à fait demesuree. Je continuai de la sorte à faire des expèriences, ressemblant successivement à un lemurien aux grands yeux implorants, à un macaque au regard fier... et puis soudain une image tout à fait surprenante entra dans mon champ de vision accompagnée d'une légére secousse sur le fauteuil où j'étais installé: quelqu'un s'était assis à côté de moi. J'observai alors le visage de mon voisin sur la vitre en face qui avait elle aussi pris une apparence tout à fait cocasse (un front et des yeux dont la taille minuscule était soulignée par un organe nasal d'une longueur risible) rendue plus rejouissante encore pas l'expression grave et désapprobatrice qu'il arborait comme pour manifester son agacement devant mes enfantillages. Je tentais de le derider en aggrandissant mes sourcils qui devirent aussitot épais et touffus, mes dents...rien n'y faisait. Il gardait le même air excessivement serieux -et du coup excessivement drole- et meme presque en colère. Un peu irrité par ce manque de fantaisie, je lui lancai, le sourcil froncé, un fugitif regard, à lui cette fois-ci et non plus a son reflet. La verité m'apparut alors,cruelle et saisissante: cet homme ressemblait vraiment, trait pour trait, au reflet grotesque dont je m'amusai depuis un bon quart d'heure, je veux dire, son visage était réellement fait dans des proportions aussi invraisemblables que sur la vitre. Je le dévisageai grossièrement pendant de longues secondes, l'air médusé, ne pouvant détacher mon regard...Puis, térrassé par la honte, je bredouillais de vagues excuses en baissant la tête et en me recroquevillant le plus possible à défaut de pouvoir disparaitre totalement (attitude d'ailleurs bien pire que si j'avais affronté -comme je l'aurais du- la situation avec panache, sans rien laisser paraître de mon trouble, car tout dans ma présente conduite confirmait son hilarante laideur-la pire de toute). Fort heureusement mettant fin à un moment pénible pour nous deux, l'Homme descendit l'arrêt suivant me laissant seul baigner dans ma honte. J'espère au moins que cet épisode assez humiliant t'aura distrait le temps de cette lettre.

À bientot, Francois.

* * *

De : Benoît Benzène
À : M. Cédric Marzelière
Objet : Cher M. Marzelière, tout ceci est infiniment plus sérieux que tout le reste (5/01/04)

Monsieur,

Je serais bref. Ma réponse est “ non ! ”.

J’ai lu votre liste intitulée “ Locutions paradigmatiques ”, sur le très bon site de M. Toussaint Louverture et je dis “ non ! ”. Ça n’est pas bien compliqué. Il suffit d’en écouter la sonorité (lire à voix haute).

D’abord le titre. “ Locutions paradigmatiques ”, pour le début, ok, d’accord, certes, bien, je vous l’accorde, admettons, passons. Mais la suite ? Qu’en est-il du reste de votre liste ? Gödel se retourne dans sa tombe (qui ne contient pas de tombe) à l’idée que votre liste n’en est pas une ou alors qu’elle contient elle-même une autre liste (voire deux) qui ne serai(en)t pas mentionnée(s) dans son titre. Les pluriels entre parenthèses ne simplifient pas la lecture, j’en conviens. Donc je vous propose comme autre titre, ou nouveau titre, ou bon titre (car il existe sans doute un meilleur titre que le votre, et le mien est forcément meilleur) : “ Dont locutions paradigmatiques ”. Ce titre qui débuterait par une conjonction de coordination aurait tout lieu d’étonner votre potentiel lecteur et lui laisserait entendre qu’aujourd’hui maman est morte (chez Camus) sans tambour ni trompette (chez Dac).

Lesdites locutions paradigmatiques m’ont ravies, surtout “ laissez ma névrose tranquille ! ”. Ce à quoi j’aurais répondu volontiers “ ma psychose te dit bien des choses ! ” mais je ne le peux pas car, c’est le principe de la psychose, je n’ai pas conscience d’en être atteint.

Arrivons à la partie qui aura suivi : ce qu’il faut / ne faut pas faire même / au moins une fois dans sa vie. Les caractères discriminants de type “ slash ” ne facilitent pas la lecture, je vous l’accorde.

Reprenons. (Tous ceux qui n’auraient pas lu la liste intitulée jusqu’à mon entremise “ Locutions paradigmatiques ” et rebaptisée d’autorité “ Dont locutions paradigmatiques ” devront s’y reporter.)

I.1. Vous nous prônez le “ Faites ce que je dis, pas ce que je fais. ” Je le reconnais d’autant mieux que je le fais moi-même (prôner le FCQJDPCQJF mais aussi participer à une revue de nouvelles en n’ayant aucune idée)

I.2. et 3. Oui.

I.4. Mon pauvre ami ! S’il ne faut surtout pas faire quelque chose sans l’avoir fait auparavant, je ne vois pas vraiment ce que l’on ferait d’autre de toute sa vie que de brailler pour pleurer la douleur pulmonaire de la première inspiration de ce bon oxygène terrestre (indice de pollution 4 sur la capitale).

I.5., 6. et 7.Je conseille vivement la masturbation mozarella.

I.8. Mais qu’est-ce que c’est que le paddle ?

I.9, 10 et 11 Oui. (surtout la voiture dans la brousse !) (Allez relire “ Locutions paradigmatiques ” pour vraiment goûter le sel de I.11)

I.12. Il existe foule de prénom atroce et hideux issus de la mythologie. Si j’ai une fille, je l’appellerai Terpsichore (muse de la danse). Ça devrait lui pourrir facilement 40 ans de sa vie.

I.13. Je suis une fois encore entièrement d’accord avec vous. Il se trouve que c’est là mon travail, mon job, la source de mes revenus, mon emploi rétribué, le truc qui fait que je peux manger tous les jours et sortir le week-end.

I.14 à 22. Pourquoi pas.

I.23. Brian De Palma ? Le maître ? Mais moi je l’éclate à Tekken III Brian De Palma.

Pour la liste de ce qu’il faut faire au moins une fois dans sa vie je dirais globalement “ oui ”, sachant que cette liste est quasi infinie, et que vos 23 items ne sont représentatifs que de votre existence. J’insisterai juste légèrement sur vos propos de la façon suivante : 3, 7, 11, 14, 17, 20, 23 (au moins une seule et unique fois dans sa vie). Je viens en même temps de vous donner les chiffres à jouer pour réaliser le 17. (Il va vraiment falloir relier attentivement “ Propositions paradigmatiques ” de Cédric Marzelière pour comprendre quelque chose à tout ceci.)

Cordialement,

Benoît Benzène dit “ Benoît Benzène ”

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De : François B.
À : Joshua
Objet : De la mode (15/12/03)

Cher Joshua,

pour en finir une bonne fois pour toutes avec les formalités, comment vas-tu (ne va pas croire cela dit que je me désintéresse de ton sort)? En ce qui me concerne tout va bien mais ce n'est pas pour te donner de mes nouvelles que je t'écris, donc passons dés à présent au véritable objet de cette lettre.

J'ai fait récemment une découverte tout à fait surprenante et qui m'a beaucoup rejoui. Depuis un certain temps déjà j'avais remarqué quelque chose d'étrange dans l'accoutrement de nos amies les hongroises (je parle des plus élégantes d'entre elles, celles dont on sent bien en les voyant qu'elles ont passé de longues heures à parfaire leur parrure): elles portaient jeans, petits hauts moulants et manteaux de fourrure pour les plus extravagantes(ou les plus frileuses?) d'entre elles, rien de bien étonnant jusque-la te dis tu probablement(et tu as raison). Non en réalité,c'est à un autre niveau que se situait l'objet de ma surprise: au niveau des pieds si j'ose m'exprimer ainsi.Un jour, en effet, mon regard vagabondant librement comme à son habitude s'arrêta sur ces drôles de chaussures dont l'extremité, remarquablement allongée et pointue,ne permettrait à aucun pied humain normalement constitué de se loger douilettement. Cette constatation m'inspira trois hypothèses:

1/une nouvelle race mutante qui se distingue du genre humain par la curieuse forme de ses pieds est arrivée recemment sur Terre pour accomplir un dessein encore inconnu ou

2/une catégorie de jeunes femmes particuliérement masochistes s'est mise dans la tête de se ridiculiser tout en souffrant le martyre en achetant et(et c'est dans ce point que reside l'enormité de l'affaire) en portant des chaussures dont la silhouette allongée est à elle seule une promesse de douleur continue.

ou encore 3/(et c'est, je le crains, la solution la plus vraisemblable) ces jeunes filles souffrent certes, mais ne songent pas une seule seconde à se ridiculiser avec ces abominables escarpins longilignes,si elles les portent,c'est parce que ça leur plait tout simplement.

Tout cela me plongea,comme tu t'en doutes, dans des abîmes de perplexité et je me demandais comment le goût international(car malheureusement, il me semble avoir déjà vu de ces horreurs ailleurs qu'ici) avait pu tomber si bas.Tu te souviens peut-être du début de ma lettre où je te faisais part d'une découverte qui m'avait "profondément rejoui" et tu trouves peut-être à present contradictoire que je semble affligé par ce que je t'ai raconté. Patience patience, c'est tout simplement que je ne t'ai pas dit quelle avait été ma découverte...

En effet, je trouvais ces chaussures atroces et celles qui les portaient irrécupérables jusqu'au jour où je pris conscience d'un élément qui changea radicalement mon regard, désormais teinte de tendresse, sur les malheureuses. Ces chaussures n'étaient pas sans me rappeler une mode passée trés ancienne et à laquelle, sans même en avoir conscience, ses jeunes filles rendaient un vibrant hommage. De longues chaussures qui s'achèvent par une pointe grotesque (parfois orne d'un grelot autrefois mais je n'ai jusqu'alors jamais vu personne pousser l'audace jusque-là de nos jours)... ça ne te rappelle donc rien?... Moi aussi il m'a fallu du temps pour les reconnaître les chères petites... Je ne vais pas te faire languir davantage: c'est (bien sûr! comment cela ne m'avait il pas saute aux yeux avant!) le grand retour des poulaines que l'on croyait (et on avait tort, comment a-t-on pu les croire enterrées aussi facilement?) à jamais disparues!

Elles sévissent donc à nouveau dans le monde de la mode, surgies(qui eut cru cela possible?)du Moyen Âge. C'est pourquoi, alors qu'avant je n'y voyait que la preuve d'un indéniable mauvais goût, je ne peux pas m'empêcher à présent de leur lancer de tendres regards, lorsque je les apercois aux pieds d'une innocentes que ses petites malicieuses s'emploient à ridiculiser et à transporter 600 ans en arrière (ce dont la naive jeune fille ne se rend évidemment pas compte), au temps ou les poulaines étaient du dernier chic à la cour de Charles VI le fol.

Il me semble que cette lettre est déjà beaucoup trop longue et je vais donc te laisser.

À bientot j'espère,

Francois.

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De : Sabine B.
À : M.T.L.
Objet : Dans le ch'nord (15/11/03)

A peine sorti dans la rue, vous remarquerez une première chose : les voitures s'arrêtent pour laisser passer les piétons. Mais uniquement sur les passages et quand le bonhomme est vert, sinon elles sont prêtes à vous passer sur le corps.

De même, les gens tiennent les portes ouvertes en attendant que vous passiez. Vous devez alors plonger en avant pour que la gentille personne n'attende pas trop longtemps. Et si vous ne la remerciez pas, vous risquez de vous faire copieusement insulter.

Puis, si d'aventure vous avez faim et que vous allez acheter une baguette à la boulangerie, on vous dira

S'IL VOUS PLAIT

en vous tendant votre commande. Décontenancé, vous répondrez

MERCI

tout en vous demandant si c'était bien la réponse adéquate.

Enfin, lors d'une soirée dans un des nombreux bars toujours pleins de Lille, vous repérerez éventuellement un(e) charmant(e) jeune homme (femme). Vous vous rapprocherez discètement mais, tout à coup, la personne engage la conversation, vous battez alors en retraite : l'accent ch'ti n'est vraiment pas sexy...

Sabine

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De : Laurie.
Au : Représentant de M.T.L. (15/11/03)

Pour me presenter, je ne sais pas ce que vous savez de moi...

Je suis artiste, peintre, je fais des installation, j'ai fait des performances et je touche au multimedia, car j'ai été designer pendant plusieurs années.

Maintenant je privilegie le graffity, ou le muralisme.
Parceque je suis une femme et dans le graffity il y en a peu, et les rares qui peignent reste souvent dans l'esthetique, alors que ce moyen artistique peut être une bombe, nous avons tellement de choses a dire... tellement d'yeux à ouvrir, d'esprits à reveiller, et bien sur, les aquarelles sont belles, les poupées de miss van sont...heu...enfin...ellle maitrise son style, mais moi j'ai bien aimé"bowling for colombine" et je ne suis pas une poupée, ce n'est pas quelquechose de mal en soi, mais le probléme c'est que l'ennemi nous le fait croire chaque jour, non nous ne sommes pas faibles, ni superficiel(le)s de nature, ni passif(ve)s, ni impuissant(e)s, etc etc...

En tant qu'artiste je ne suis pas un accessoire, ni en tant que femme, alors si je peins dans les rues c'est "to represent" comme mes frères et mes soeurs l'articulent si bien, alors que nous representons si peu la plus part du temps, si paresseusement, si complice, si irresponsablement...

Je suis artiste de vocation, c'est à dire que je n'ai pas le choix.

"My people" sont partout, des marginaux tombés dans le sac d'autres marginaux, pas des mendiants, non, des rois, mais qui par leur nature, et surtout leur éthique, ne peuvent se permettre de collaborer à 100 pour 100.

Je n'ai pas de racines, ma mère est immigrée polonaise, mon père est belge, j'ai du sang allemand, russe...j'ai vécu 12 ans en France, la même chose en Irlande, et puis je suis en Catalogne depuis 3 ans, j'ai un passeport belge. Je dois me battre partout pour me faire une place, avec amour et avec endurance, car je ne suis chez moi nulle part, l'europe est une illusion, un jeu de mots.

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[JUSQU'À LA MI NOVEMBRE]
[JUSQU'À LA MI OCTOBRE]

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V O U S   Ê T E S   S U R   L E    S I T E   D E S   É D I T I O N S
M O N S I E U R   T O U S S A I N T   L O U V E R T U R E