De : Philippe de J.
À : M. Toussaint Louverture
Objet : Une contribution (15/10/03)
« Paisible petit couple de retraités,
Gérard et Francine se croyaient à l'abri des violences
quotidiennes auxquelles ils assistent chaque soir à la télévision.
Il est 18h30 et le dîner est prêt, lorsque quatre hommes
surgissent dans la cuisine. Après avoir frappé et
brutalisé Gérard et Francine, leurs agresseurs saccagent
le pavillon. Ils finissent par trouver 80.000 francs en billets,
et s'enfuient, après avoit ligoté leurs victimes.
Pendant quatre jours, Francine et Gérard ne mangeront ni
ne boiront et connaîtront l'enfer avant de parvenir à
se libérer. »
Oui je crois que vous avez raison. Je
finis quand même par me demander pourquoi je vous l'ai envoyé
celui-là. Je crois que je n'ai pas le chic pour les textes
courts, or je sais que c'est cela que vous recherchez. Je me souviens
avoir lu ce fait divers et je me souviens que la somme de 80.000 francs
était étrange, mais je ne crois pas que je sois bien
arrivé à dire justement ces 80.000 francs.
Ce n'est pas grave. Vous aimez bien ma lettre de future millionaire,
cela suffit à ma peine d'en recevoir autant, de ces courriers
qui annoncent ma fortune enfin faite d'ailleurs si on me donnait un
euro à chaque fois que j'en reçois une, c'est sûr,
je serais riche.
Amicalement
Phil
PS: dites vous ne travailleriez pas de nuit des fois,
tout comme d'autres que je connais qui ne sont pas encore millionaire?
- - -
De : Sandrine B.
À : M. Toussaint Louverture
Objet : Une grenouille (14/10/03)
Bonjour,
Ayant vu votre appel sur le forum de la revue Le Matricule des Anges,
et après avoir fait un tour sur votre site (je ne regrette
pas, j'ai bien ri et j'aimerais bien que votre représentant
m'explique comment disparaître en fumée, cela me servirait
beaucoup, notamment quand mon mari me demande ce que j'ai bien pu
acheter l'autre jour, celui où j'ai disparu avec le chéquier-
ça je sais faire si vous voulez, on échange. C'est à
dire que vous me donnez votre chéquier et je vous passe le
mien (celui que mon mari secoue dans tous les sens pour voir s'il
reste une feuille).
Vous êtes toujours là ?
Bon, bref, après avoir vu votre appel, je me permets de vous
proposer un texte, genre sketch théâtral pour votre revue.
Ce texte est en ligne sur le site Proscenium (ou le sera bientôt)
et va être joué fin mai au Centre culturel de ST Raphael,
dans le Var par le théâtre de l'aparté.
Comme j'ai noté que vous n'aimez pas les pseudonymes, je ne
signerais pas la panthère en maillot de bain ou le phénix
de la littérature mais bien de mon nom, Sandrine B., et
si vous le trouvez stupide, adressez-vous à mon mari, c'est
lui le coupable. Mais je vous préviens, là, tout de
suite, il n'est pas de très bonne humeur.
Au cas où vous vous posiez la question, non, je ne suis pas
habituellement dans cet état-là, non, je n'ai rien fumé,
même pas les trous de la moquette mais je crois que vous voyez
là les effets secondaires d'un passage sur votre site.
Amitiés,
Sandrine B.
SI J'ETAIS UNE GRENOUILLE
La grenouille, une jeune femme ou une adolescente, le prince
La grenouille :
Tout d'abord un coassement, puis des mots des sons qui ressemblent
à des syllabes, puis des phrases intelligibles
Si j'étais si j'étais
Si j'étais le monde
Si j'étais une île
Si j'étais sorcière
Si j'étais folle
Si j'étais belle
Si j'étais tout
Et si je n'étais rien ?
Si j'étais moi
Ou même toi ?
Si j'étais
Si j'étais
La jeune femme :
Avec ta scie, grenouille, on mettrait nos rêves en bouteille.
Ils flotteraient sur le ruisseau, descendraient le courant, pousuivis
par tes petits têtards. Un jour, ils se jetteraient dans l'océan.
S'adressant à la fois à la grenouille et au public
Mais nous, nous resterions là, bien assis sur nos conditionnels.
La grenouille indifférente poursuit :
Si j'étais Si j'étais
Si j'étais la nuit
Je serais ses étoiles
Si j'étais un animal
Si j'étais un rêve
Si j'étais un conte
Si j'étais une fée
Si j'étais aujourdh'ui
Ou même demain
Si j'étais
Tu dormirais
Si j'étais si j'étais
La jeune femme s'est couchée et s'est endormie. Elle rêve.
Un prince s'approche de la jeune femme :
Belle princesse, je vais te donner un baiser et je te délivrerai
de ce sort terrible.
La grenouille :
Si j'étais une princesse, je ne pourrais plus être une
grenouille.
Si j'étais une femme, je ne voudrais pas être princesse.
Si j'étais un homme, je n'embrasserais pas les grenouilles.
La jeune femme ouvre les yeux, elle regarde le prince avec surprise.
Il se penche vers elle pour l'embrasser.
Elle bondit avant qu'il n'ait pu lui donner un baiser.
La jeune femme :
Mais mais mais...je ne suis qu'une femme !
Le prince tape du pied :
Si ! Je peux tout faire avec des si !
Pas de mais !
Le prince s'accroupit, l'air furieux, il gonfle les joues puis
il se met à sauter comme une grenouille (il se transforme en
grenouille). Il rejoint la première grenouille et les deux
se mettent à coasser.
La jeune femme :
Si c'est un monde !
Si c'est comme ça,
je retourne dans le mien.
Elle annonce aux grenouilles, en leur faisant un pied de nez :
demain, je me marierai et j'aurai beaucoup d'enfants !
- - -
De : Benoit B.
À : M. Toussaint Louverture
Objet : Attention les yeux (6/10/03)
Tiens, je vous soumets un truc drôle
pendant que j'y pense...
Vous vous y connaissez en verbes défectifs ? vous savez, ces
verbes qui n'ont plus que quelques unes de leurs formes conjuguées...
Un vrai bonheur, des mots qui ont perdu une bonne part de leur existence
(un peu comme un aveugle sans bras nu dans le couloir d'un hôtel
lors du colloque des base-balleurs voyeurs muets). L'un d'entre eux,
mon préféré, est le verbe challoir. Il est dit,
dans le Grévisse et le Bécherelle, que ce verbe n'est
usité que dans l'expression : "peu me chaut" (entendu
: peu m'importe). Les autres formes conjuguées n'existent plus,
et il est donc devenu impossible de l'utiliser autrement...
Seulement voilà (et c'est là qu'intervient B. le
retors, B. le filou, le roué B.) : la forme verbale infinitive
existe !!!
C'est justement CHALLOIR. Mouhahaha... hahahahah... Il est
donc possible d'utiliser le verbe dans cette autre forme qui lui reste
et de former une phrase comme celle qui suit (attention les yeux)
:
IL EN FAUDRAIT PLUS POUR ME CHALLOIR
!!!
Cordialement,
B.
PS : un jour prochain, nous réfléchirons
ensemble au sens du mot "fur" sorti de son contexte phrasial
"au fur et à mesure"...
- - -
De : Philippe de J.
À : M. Toussaint Louverture
Objet : Omission (6/10/03)
Authentique lettre d'un assuré
à son courtier :
« Dans mon courrier précédent, relatif à
mon accident de voiture du ... ( date inconnue ), j'ai omis de vous
préciser qu'il y avait eu un mort.»
- - -
De : Philippe de J.
À : M. Toussaint Louverture
Objet : Ambivalence policière (6/10/03)
Insolite, lors d'une descente de police
dans un quartier de prostitution, les agents de police du XII ème
arrondisement de Paris, soupçonneux également d'un traffic
de stupéfiants ont été bien embarassés
pour la fouille au corps de deux détenus transsexuels. La règle
stipule en effet que toute fouille au corps doit être exécutée
par un agent de police du même sexe.
Apparemment la police manque cruellement de policiers transsexuels.
- - -
De : Philippe de J.
À : M. Toussaint Louverture
Objet : Lettre (6/10/03)
On me l'a envoyée, je vous l'expédie.
Elle vient du Vénézuela, est écrite par un légionnaire.
Cette chaîne doit faire le tour du Monde. Même si vous
n'êtes pas supersticieux, faites attention à ce qui suit...
Monsieur Froid, père de sept enfants, reçoit la chaîne
en 1969, fait 7 copies et les envoie. Il gagne trois millions à
la loterie trois jours après. Monsieur Malgras la reçoit
en 1969, la fait photocopier par sa secrétaire et les envoie.
Il voit ses conditions sociales s'améliorer rapidement. Monsieur
Hulé reçoit la chaîne, la lit et la brûle,
sa femme et ses deux fils ont trouvé la mort, la nuit, dans
un incendie de la maison. Monsieur Menvussa l'oublie dans un tiroir
et perd son emploi. Il la retrouve et obtient un emploi supérieur
au précédent. Dans aucun cas cette chaîne doit
être brisée. Faites 7 copies et envoyez les. Vous aurez
un événement dans les neuf jours.
Bien amicalement.
- - -
De : Benoit B.
À : M. Toussaint Louverture
Objet : Ouverture (25/9/03)
Sur votre site : j'aime tout (sauf les
fautes de frappe qui décrédibilisent le personnage comme
le slip kangourou de Thierry Lhermitte dans les bronzés. Mais
comme le dit Thierry (alias Popeye) "si ça casse le personnage,
ça casse pas c'qu'y a dedans".
- - -
De : Benoit B.
Objet : Pas le temps de jouer (20/9/03)
Ce jeu m'énerve. Pourtant j'y joue tous les
jours, du soir au matin, je m'acharne, je lutte, sans succès.
Je n'ai jamais réussi à passer le premier niveau. Je
n'ai jamais vu la suite, j'ignore totalement de quoi elle est faite.
Et à chaque fois, je perds au même endroit du jeu, sur
le même score. Pourtant le premier niveau est d'une facilité
incroyable. Il suffit de répéter exactement les mêmes
gestes pendant tout le tableau. Et le score augmente. Parfois vite,
parfois plus lentement selon les difficultés rencontrées,
mais c'est quand même toujours la même chose. Les personnages
changent constamment, on croise de nouvelles têtes, il y a des
caractères qui restent. Globalement, la forme change, les décors
aussi, mais le principe est toujours le même jusqu'à
la chute. Je connais le premier niveau par cœur. mon score augmente
d'un en un sur la fin, et à chaque fois la machine se bloque
sur 2359. Ensuite je perds la partie et je suis obligé de repartir
à 0000, à chaque fois. Le programme m'encourage sur
la seconde moitié du premier niveau en me disant PM, ce qui
signifie Pas Mal, si l'on en croit les concepteurs du jeu. Mais à
chaque fois que je chute, le programme recommence et, sarcastique,
me fait AM :
Ahh Moyen.
- - -
De : Chris T.
À : Un ami de M.T.L.
Objet : Rien n'est inutile (17/9/03)
Je n'ai que 15 ans.
Chris.
- - -
De : Anne-Charlotte R.
À : Dominique B.
Objet : _________ (31/7/03)
Je pense que pour commencer je vais aller verser un
encrier sur la chaise de mon abruti d'ex.
Ensuite, je vais débrancher son clavier et sa souris de l'unité
centrale...
...
Non ca me fait même pas rire...
Je pense que là, la seule chose qui me soulagerait serait de
lui foutre mon poing dans la figure...
Et encore...
Y'a pas un club de boxe à côté de la piscine?
AC2R
- - -
De : Cédric M.
À : Dominique B.
Objet : Une déchirante passion (9/9/03)
Ton absence m'est intolérable. Je ne sais plus
si je suis fou ou simplement malade mental ou peut-être les
deux. Il me sera difficile de venir te rejoindre avant la pentecote
comme nous en avions parler la dernière fois. Cela m'ennui
et contrecarre nos projets mais tu sais comment est Père dès
qu'il s'agit de toi.
Sans toi ma vie n'est qu'un songe et ma douleur n'a d'égal
que la distance qui me sépare de toi.
Cet été nous avons eu une bonne récolte de Maïs,
mais l'heure n'est plus aux joies de ces douces journées estivales
à la propriété car Père a décider
d'installer ce vieux canon de 72 pouces de la guerre de sécession
grace auquel il avait franchi les lignes ennemies (te souviens-tu
de cette histoire? Oh, mais oui, ta mémoire n'a d'égal
que la taille du boulet de ce pauvre canon en bronze poli par les
ages et la sueur des soldats...Mais je m'égare!)
Donc il nous faut préparer l'hiver au domaine et mon ambition
professionelle n'a d'égal que la lenteur des formalité
de mon concessionnaire terrien affilié à l'Administration
Fromagère des Propriétaires Anglais. Et oui, Père
a enfin accepté que je me lance dans les affaires et m'octroie
pour cela l'administration des réseux fermiers producteurs
de fromage de brebis, le seul dans toute la caroline du Sud, dois-je
te le rappeler.
Quand reviens tu mon amour, mon chagrin n'a d'égal que l'intensité
des étoiles au coucher du soleil sur le port de Brisbank où
nous avions regarder ces pauvres esclaves noirs manger des conques
sur la plage, te souviens tu, mais oui.
Scarlet, bisous, bisoux,smack,smack (+odeur de parfum de fille)
Post Sriptum: Je t'ai tricoté un gilet au crochet, j'espère
qu'il te plaira.
- - -
De : Ludovic F.
À : M. Toussaint Louverture
Objet : Performances et références (11/9/03)
Je voudrai juste souligner les références
musicales et filmiques présentes dans le touchant récit
d'Émilie D.
Dimanche 13 octobre - "Il raconte aussi une histoire de carte
routière et décidément il commence à vraiment
me plaire."
Samedi 26 octobre - "Je passe à la bibliothèque
et achète ensuite le CD de Bumcello, ça me
fait penser à G."
Samedi 3 novembre - "On regarde un passage de Paris Texas,
puis on rentre. G n'est pas venu parce qu'il est rentré tard
de Saint Malo. Il s'est d'ailleurs perdu sur la route, avec son sac
à dos."
Dimanche 10 novembre - "On s'embrasse, je lui sers un verre de
muscat puis on reste planté pas mal de temps sur mon lit. On
décide d'aller manger puis de voir Mulholland Drive."
Samedi 16 novembre - "On passe des moments décisifs sur
Jimy Hendrix."
Samedi 23 novembre - "G passe vers 20 heures 30. On regarde Baisers
volés puis Domicile conjugal. On fait l'amour
sur The sound of silence."
Dimanche 24 novembre - "G est le dernier à partir, reste
encore vingt minutes, m'embrasse sur la BO d'Amélie Poulain."
Ok pour dimanche 13 octobre, il n'y a pas de référence.
Ludovic Florenty.
- - -
De : Marie S.
À : M. Toussaint Louverture
Objet : Les enfants (11/9/03)
Je pense que les enfants s'amuseraient beaucoup plus
si on voyait des elfes plus souvent.
Marie.
- - - -
[D'AUTRES LETTRES]