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Remarquable, n’est-ce pas ? de Robert Benchley, notre dernière publication, est disponible, remarquable, n'est-ce pas ?
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L
A I S S E Z - M O I V O U S
D I R E O Ù E L L E V
A
PAR SARAH
B.*
. . . . . .
C'est le matin que je peux le mieux décrire
son trajet.
Elle s'est levé depuis cinq minutes que déjà
elle passe et repasse par sa chambre. Même si ses allées
et venues m'ont réveillé, je fais douillettement semblant
de dormir, ou je dors pour de bon. Elle va dans la salle de bain,
puis dans son bureau, elle y réunit ses affaires, le travail
qu'elle a préparé la veille. Elle fait aussi du café
que mon flair me permet de sentir.
Et elle s'en va. Avant je profite de l'un de ses passages à
ma proximité pour lui extorquer un peu de tendresse. La scène
est toujours floue mais très chaleureuse, elle a l'odeur parfumée
et piquante des femmes du matin et sa main me caresse souvent le
haut de la tête.
Après je sais qu'elle n'est plus là. Elle marche dans les rues,
elle prend son bus. Elle traverse le fleuve pour rejoindre l'endroit plein d'enfants
sur l'autre rive. Arrivée là-bas, je ne peux décrire avec
certitude ses déplacements, je sais que moi je tourne un peu dans l'appartement,
je m'attaque
à quelque chose puis j'oublie ce que je suis en train de faire
pendant qu'elle est dans la grande pièce aux petits bureaux.
Elle est du genre à occuper l'espace, à se rendre présente,
je suppose que sa voix cour après les enfants bruyants à
longueur de temps.
Il y a une pause le matin, alors elle sort, si c'est bien son tour de surveiller,
sinon elle reste dans la pièce de dressage. Puis il est rapidement midi,
elle se rend à la cantine tandis que je fouine pour dégotter quelque
chose à manger. Le soir quand elle est rentrée, elle parle de sa
journée, de façon générale elle n'aime pas autant
que moi la cantine.
Les enfants dont elle s'occupe sont trop grands pour faire la sieste, alors elle
les amène courir au stade. Pour passer le temps je la cherche dans l'appartement,
ou alors je m'endors et je la vois passer de la pièce où je suis,
dans une autre. Alors je m'élance, mais même en regardant bien partout
je ne la trouve pas.
Enfin elle revient, en bus ou en voiture, enjambant le fleuve parmi la circulation.
J'entends des pas dans l'escalier, mais je ne m'agite que quand ses clés
tintent et cliquettent. Elle jette nonchalamment son sac dans le couloir pour
venir directement me serrer dans ses bras. Après je suis tellement content
de la voir, elle est si présente, que je ne me rappelle plus très
bien de ce que nous faisons. À part peut-être qu'elle m'accompagne
faire un tour dans le quartier. Sans laisse.
*Écrit sous pseudonyme et avec le point de vue
d'un chien appelé injustement STEEVY
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