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Le Séducteur de Jan Kjærstad,
une merveille romanesque venue de Norvège.

Fanny Ardant invite Monsieur Toussaint Louverture
à La Grande Librairie, irréel !

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T E E N A G E   M O V I E S

PAR ANNE-CHARLOTTE DE R.

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J’entretiens une relation bien particulière avec les films américains mono neuronaux destinés aux adolescents prépubères. Une sorte de fascination hystérique. Pour rien au monde je ne raterais la sortie ciné de "How to loose a man in 10 days" ou DVD de ‘Never been kissed’ !

Et pourtant j’avoue difficilement cette fascination. Ou plutôt, je la modifie. Comme lorsque je vais acheter le Cosmo en même temps que le Courrier International, "en plein second degré, avec tout le fun du recul sarcastique". Je sais que c’est faux. Les gens savent que c’est faux. Je sais qu’ils le savent. Et pourtant je me plais dans cette mascarade à laquelle personne n’est dupe mais qui donne ce piment si particulier à la situation.

Mais aller voir la dernière trouvaille teenage n’est pas chose si facile. Parce qu’il s’agit de toute une mise en scène savamment organisée. Une fois le film sélectionné, il faut laisser s’écouler le laps de temps nécessaire à faire monter l’enthousiasme. Ne surtout pas aller voir le film tout de suite. Prendre le temps d’en parler, de laisser les gens ironiser sur mes choix cinématographiques, tenter vainement d’entraîner quelques amis avec moi.. Laisser monter lentement l’envie irrépressible, parfois même attendre la sortie DVD. Parce que la démarche cinéma est totalement différente de celle DVD.

Une fois que j’ai laissé mûrir l’idée, que j’ai trouvé une copine suffisamment détachée ou un copain suffisamment en attente d’une occasion de m’embrasser, je peux enfin aller voir le film. Rater la première séance programmée, pour laisser entrer la frustration, et enfin pénétrer dans la salle de cinéma. Un rapide coup d’œil avant de m’asseoir finit généralement de me rassurer : public quasi exclusivement féminin à l’exception des quelques garçons à s’être fait piéger par des charmes auxquels ils ne goûteront probablement pas ou capitulant devant la construction du couple.

La lumière s’éteint et je me régale déjà. Une heure trente plus tard, après des éclats de rire non contenus, des coups de fards devant les situations tellement traversées et une fin totalement convenue, je suis ravie. Enchantée même.

Mais le rituel ne s’arrête pas là. Le café obligatoire qui s’ensuit pour commenter par le menu toutes les scènes et les comparer à la réalité et aux évènements vécus. Les regards atterrés des copains qui se maudissent d’avoir accepté et qui subissent en plus les remakes façon "ma vie".

Se succèdent alors toute une série de conversations bâties sur les mêmes modèles. Vanter les mérites du film auprès des copines, s’inspirer de faits réels -si possible nous ou leur étant arrivé- pour les intéresser. Ou adopter à nouveau le détachement ironique et sarcastique -raaah le second degré- auprès des pauvres garçons cinéphiles qui subissent mon verbiage.

Mais le scénario est loin de s’arrêter. Car vient la sortie DVD. Et la encore tout un rituel se met en place. Schéma bien différent de celui qui s’applique au cinéma, car généralement, il s’agit d’un film déjà vu et revu.

La préparation prends également un long moment de maturation. Une fois l’idée bien ancrée, il s’agit de trouver LA copine (et uniquement une fille) qui se place dans la même situation de pseudo auto-dérision. S’ensuit encore l’expédition au vidéo club pour choisir le DVD. Les regards désespérés du loueur et les pouffements des deux copines.

Une fois installées devant l’écran, une bouteille de rouge ouvertes et les paquets de cigarettes pleins, le show commence. Car on est loin du silence quasi religieux de la salle de cinéma. Là, commentaires et critiques sont recommandées voire indispensables. Les arrêts sur image, les ralentis, les retours en arrière pour voir et revoir les scènes cultes. Le "divertissement" prend alors tout son sens. Mise en situation, interaction, le film se regarde comme un jeu, non, le film se vit !

 

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D ' A U T R E S   T E X T E S   M . T . L .

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V O U S   Ê T E S   S U R   L E    S I T E   D E S   É D I T I O N S
M O N S I E U R   T O U S S A I N T   L O U V E R T U R E