Si un homme averti en vaut deux, que vaut l'homme qui ne sait pas? Et celui qui croit savoir mais qui se trompe? Celui à qui on a dit quelque chose, mais qui comprenant de travers est tombé juste? Celui-là est-il chanceux? ou alors a-t-il simplement de l’intuition?
Mettons, mais que dire de celui qui est sûr de lui, sûr à 100% et qui ne peut pas faire marche arrière en changeant d'avis? Au fond, est-ce que ça marche proportionnellement?
Est-ce que ça marche pareil pour les femmes? Une femme avertie en vaut-elle deux, ou plus? Si le rapport est différent, parce qu'il est forcément différent, combien un homme averti vaut-il de femmes?
L'homme averti, au fait, par qui l'a-t-il été? Par un autre homme ou bien par deux? Si homme un averti en vaut deux, les deux en question le sont-ils aussi? Si non, c'est bizarre. Mais si oui, est-ce que ça fait quatre, ou est-ce que ça fait plus?
Un homme averti en vaut deux, soit. Est-ce au sens propre ou au figuré? Parce que si c'est au propre, un homme averti doit tailler grand, d'autant plus grand qu'il est au courant. Non?
Mais est-ce qu'on se demande ce que c'est que la vie de l'homme averti? Le matin, quelques minutes avant que le réveil ne sonne, il ouvre les yeux ; devant sa tasse de café, il attend le bon moment pour ne pas se brûler les lèvres ; au bureau:
— Bonjour, ça fait un bail qu'on ne s'était pas vu.
— Tu as changé.
— Tu vas être surpris par ce que j'ai à te raconter, j'ai tellement hâte de te le dire. Tu ne devineras jamais ce qui m'arrive.
— Si.
Ou pour son anniversaire:
— Devine ce que nous t'avons acheté comme cadeau !
— Une montre.
— …
Ou à la maison:
— Mais où est-ce que j'ai bien pu mettre ce foulard, j'ai retourné toute la maison pour le retrouver, je vais devoir m'en acheter un autre.
— Il est dans ton sac marron et si tu passes par la cuisine, éteins le café.
D'accord, d'accord. Mais que se passe-t-il «lorsqu'il y en a pour deux, il y en a pour trois», si l'un d'entre eux est un homme averti? Doit-il feindre de n'avoir pas été au courant, ou doit-il mourir de faim? Et surtout, y en aura-t-il assez pour lui?
Du même ordre d'idée, un homme averti peut bien chasser deux lièvres à la fois, sinon à quoi servirait-il d'être averti.
Bon, bon, je crois qu'on avance un peu. Si un homme averti en vaut deux, alors c'est sa femme qui va être contente; contentement qui peut un peu être réduit si elle-même est au courant. Cette équation fonctionne-t-elle pour tout, ou juste pour certains avertissements?
Est-ce que quelqu'un pourrait m'avertir?