Notes de botanique et de zoologie dans la nouvelle biodiversité — partie II

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Personne ne gagne de Jack Black
débarque en librairie !

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N O T E S   D E   B O T A N I Q U E
E T   D E   Z O O L O G I E
D A N S   L A   N O U V E L L E
B I O D I V E R S I T É

PAR JEAN-FRANÇOIS COADOU

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E X T R A I T S   II

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LE COCHON À MORT DIFFÉRÉE
sus moriturus posterius

Rien ne le distingue au premier abord du cochon traditionnel. Mais essayez donc de le mettre au saloir !

Véritable cauchemar du paysan qui l’élève, le soigne, vaccine, engraisse pour finalement se rendre compte qu’il a dépensé énergie et argent pour rien. Relâché dans la nature par souci d’économie, il encombre et pollue nos campagnes en nombre croissant. Laissons le soin aux générations futures de régler le sort de ces vigoureux centenaires.

Le cochon à mort sans cesse différée fut mis au point par des chercheurs végétariens à la demande de bigotes regroupées en associations de défense des animaux.

Son anatomie étant fort semblable à l’anatomie humaine, son seul intérêt est médical : la greffe d’organes. 

 

LES OIES DITES « À FOIE DE GENDARME »
anseres nominatae « cum jecore lictoris »

Les oies à foie de gendarme, quant à elles, sont paisibles, voire passives. Elles semblent cuver un excès d’alcool, œil vitreux en permanence et mauvaise haleine comme dans un éternel lendemain de cuite.

Paradoxalement mises au point par des chercheurs dissidents opposés aux OGM, dans le but de couler les lobbies US de maïs transgénique, les oies à foie de gendarme ne nécessitent nul et fastidieux gavage : leur foie naturellement cirrhosé de naissance présente un volume exceptionnel et ses prometteuses boursouflures excitent l’appétit de tout gourmet qui se respecte.

On sait quand elles sont prêtes à l’abattage en les faisant souffler dans un ballon. Pour les tuer, rien de plus doux : on leur offre un petit verre de gnôle du Gers (dit « le verre de trop ») qui parfumera délicatement leurs chairs, et elles entrent spontanément en coma éthylique, puis s’éteignent.

Cette absence de violence (ni gavage ni décapitation) a permis la conquête du marché anglo-saxon.

Quant à l’absence d’OGM dans leur nourriture, elle rassure la prudente ménagère, secrètement amoureuse de José Bové.

Réussite indiscutable, ses ventes ne cessent de grimper.

 

LE COCHON QUI S'EN DEDIT
sus qui sententiam mutat

Peu fiable.

Les associations de consommateurs de charcuterie obtinrent du ministère de la santé un étiquetage précisant sa nature inconstante, et les éleveurs la mention « à vos risques et périls » dégageant toutes leurs responsabilités.

Consommé presqu'exclusivement dans les cantines d'entreprises, en aveugle.

 

PÉGASE
pegasus

Les chevaux dits « Pégase » sont issus du rêve de chercheurs nostalgiques nourris à la mamelle gréco-latine.

Incapables du moindre effort agricole, ils sont censés décorer nos campagnes d'un parfum antique.

En fait, trop imbus d'eux-mêmes pour travailler mais trop lourds pour prétendre s'élever un tant soit peu dans les airs à l'aide de leurs ailes de cygne, on les retrouve fracassés au fond de ravins les soirs de grand vent.

À leur sujet, les généticiens reconnurent leur erreur : au lieu de modifier le cheval, ils auraient dû entamer leurs recherches à partir de l'oiseau.

NB : autre échec spectaculaire, l'équidé à deux têtes, dont les grammairiens ne savent toujours pas s'il faut l'appeler cheval ou chevaux.

 

LES VERS TRÉS LUISANTS
lumbrici lucentissimi

Gadget extrêmement prisé par les néo-ruraux, le vers très luisant obtint dès sa mise sur le marché un succès colossal. Il faut préciser qu'à cette époque-là, le vers luisant naturel était donné comme espèce disparue du fait de l'utilisation massive de pesticides et insecticides par une agriculture aux abois, et que donc sa « réapparition » bénéficia d'une forte nostalgie, comme feu de bois et poutres apparentes.

On trouve dans les animaleries des galeries marchandes de supermarché, des vers de 50 W, 75 W et jusqu'à 100W.

Sa prolifération donne quelques soucis au ministère de la défense en cas d'éventuelle nécessité de couvre-feu, et les astronomes se plaignent de leur forte pollution lumineuse dans les campagnes les plus reculées.

 

LE PETIT POIS DIT « COMM'CI, COMM'CA »
pisum nominatum « hoc aut illud »

Légume capricieux dont le goût change inexplicablement d'une cosse à l'autre, d'un grain à l'autre. Tantôt délicieux, tantôt fade voire répulsif, sans qu'aucune explication scientifique, qu'elle soit météorologique, qu'elle prenne en compte la nature des sols ou les méthodes de culture, les lunaisons ou  humeurs de la fermière, etc., n'y puisse donner une réponse satisfaisante.

D'un faible prix de vente à cause de cet handicap, il nourrit les pauvres et tire son nom de la sempiternelle réponse à la sempiternelle question : « Alors, ils étaient comment ? »

 

 

PARTIE I

 

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V O U S   Ê T E S   S U R   L E    S I T E   D E S   É D I T I O N S
M O N S I E U R   T O U S S A I N T   L O U V E R T U R E