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Le Séducteur de Jan Kjærstad,
une merveille romanesque venue de Norvège.

Fanny Ardant invite Monsieur Toussaint Louverture
à La Grande Librairie, irréel !

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F A C É T I E S   D E   V A U T O U R ,
O U   C E   Q U ' I L   N ' A D V I N T
P A S   D E   M O N S I E U R   J O L I B O N
A U   S O R T I R   D ' U N E   N U I T
S U L F U R E U S E .

PAR MARTINE PRUNIER

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Capria, la buitre léonardo, noble vautour ibère, lâcha son rejeton par inadvertance alors qu'elle survolait la cheminée de monsieur Jolibon. Une carence en zinc due à la vieillesse était la cause de cette défaillance. Le grand oiseau, si majestueux autrefois, ne pouvait plus transporter en ses serres émoussées ses nourrissons. Ils tombaient régulièrement sur les toits des voitures, dans les caniveaux, voire dans les bénitiers d'église via les gargouilles et autres pieuses gouttières.

Capria souffrait peu de temps de ces pertes, frappée d'une démence précoce de type Althzeimer elle oubliait souvent pourquoi elle survolait ainsi la cité où elle s'était perdue. Le grand rapace volait sans but, frappé d'amnésie et de stupeur. Des brigands de son espèce profitaient de sa fragilité psychique pour l'engrosser sans vergogne, Capria se laissait faire, soumise à des ruts incessants qui la rendait mère et infanticide sans intention de mal faire.

Laissons là, Capria et ses errances, le petit paquet quasi fœtal et à peine emplumé qu'elle avait laissé tomber se retrouva dans l'appartement de Jolibon. Il avait emprunté, à son corps défendant, la cheminée et il se percha sur la télévision où il s'ébroua de la suie amassée. Muguette, la souris blanche apprivoisée vint frotter son nez curieux au bec de l'oiselet.

Ce dernier la boulotta sans réfléchir, ne laissant sur l'écran culturellement-vôtre qu'une traînée de sang coagulé. Roland Jolibon rentra tard de son concert de belote, l'alcool avait alimenté les débats avec les copains, le combat des bouchers parisiens pour préserver la pratique de l'abattage sans anesthésie fut un sujet d'exaltation.

Quand il vit les traces sanguinolentes sur l'écran télévisuel, il sut que l'actualité avait bercé l'écran. Bleu de peur il se coucha en considérant l'abstinence comme un avenir possible.

Caprion, le fils de Capria se trouva requinqué de son repas, il fit le tour de l'appartement à la recherche d'un coup à boire. La cuvette des vécé lui fournit de quoi se désaltérer. Un arrière goût d'eau de Javel troubla ses papilles mais provoqua chez le rapace une croissance fulgurante. C'est avec un mètre d'envergure tout neuf qu'il vint trouver Roland Jolibon endormi comme un juste. Ce dernier se réveilla en sursaut et hurla d'épouvante en voyant l'oiseau près de lui. Caprion, à qui ces cris rappela vaguement les glapissements de sa mère, crut qu'il lui dit " Je t'aime mon petit". Aussi, grimpa-t-il au lit de Roland pour chercher le câlin. Le quinquagénaire se vit en proie à un cauchemar dû au mélange pastis/vin rouge qui courait encore dans ses veines. Il avait beau battre des mains, crier:" à chat, à chat", secouer les couvertures, la figure d'horreur ne disparaissait pas mais se faisait plus pressante.

De son côté, le jeune rapace croyait à un jeu: "mon dieu qu'il est rigolo, celui-là, il s'en donne du mal pour me faire rire" se disait-il, l'esprit à la farce.

Jolibon, lui, n'en pouvait plus de terreur, il avait sauté de sa couche humide de trouille et se rapprochait de la fenêtre; Il avait dans l'idée d'ouvrir la croisée pour se donner de l'air. "Ne ne ne t'approche pas" bégayait-il en direction de Caprion. Ce dernier, plus taquin que jamais lui donna une bourrade de son aile. Roland Jolibon sauta sur le balcon avec l'ardeur de ses vingt ans retrouvés. Le rapace poussa son avantage et l'homme avec, du quinzième étage.

Il vole mal remarqua le jeune vautour en suivant le tournoiement de Jolibon vers le sol. Subodorant un drame, il prit son envol, fondit sur le futur mort. Il l'agrippa par le col au moment ultime et redressa la situation en l'emmenant dans ses serres. Le lever du soleil accompagna ce sauvetage, la silhouette de Caprio, se dessina sur le ciel. comme une arabesque chinoise.

Sous son ventre, une proie gigotait fort grossièrement, c'est pourquoi, Folon qui était à sa fenêtre ne fut pas inspiré par le tableau.

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