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LE DERNIER STADE DE LA SOIF
de
Frederick Exley vient de sortir
et reçoit un très bon accueil.

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P O U R Q U O I   J ' A I M E
L E   F O O T B A L L

PAR RENAUD SACHET

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1. Ma maman, Colette, née au début des années 40 a été dès sa plus tendre enfance promenée sur le stade Bonal du FC Sochaux par mon arrière grand-père, monsieur Guichard. Notre famille est implantée à Belfort depuis des lustres, et il est naturel ici de supporter ce club lié à l’usine Peugeot. Pendant son adolescence, Colette tenait en guise de journal intime de nombreux cahiers remplis des exploits sochaliens, découpés dans les journaux locaux L’Est Républicain, l’Alsace (pas encore devenu le Pays de Franche Comté) ou autres. Plus tard, quand elle fut ma mère, Colette a toujours suivi les matchs à la télévision avec mon père, Georges.

2. Mon père et ma mère regardaient Stade 2 le dimanche soir, on mangeait des sandwichs devant la télé, le dimanche soir, c’était cool, ça atténuait la tristesse de fin de week end, de manger des sandwichs devant Robert Chapatte et ses vieux amis; Roger Couderc, trainait encore dans les parages, cette teigne de Thierry Roland, du service public, si si.

3.Mes parents regardaient aussi les résumés le samedi soir de la Bundesliga sur une chaîne allemande. Pas de déconnade, les présentateurs fichaient le trouille, on aurait dit des médecins pas sympas, stricts comme des profs de français.

4. Le foot sous le préau à l’école. J’étais Paul Breitner, l’allemand à barbe et aux cheveux frisés, le rebelle. On jouait avec une balle orange qui devait avoir la même flottaison que les ballons argentés aujourd’hui. Où certaines fois, j’étais K.H. Rumenige. Sur un vrai terrain, j’étais une tanche, en clubà l'A.S.M. Belfort, celui qui ne joue jamais le dimanche, celui qu’on sous classe avec les petits, jusqu’à ce qu’il se sente mal, et qu’il parte jouer au handball. Cette vieille merde de péquenaud alcoolique de gardien du stade s’était même amusée à m’enfermer à clé dans une pièce toute noire des vestiaires, pendant une éternité. Personne pour m’aider. Début des névroses dues au foot : impossible de s’en détacher. Voir ceux qui ont réussi, qui triment, leurs joies, leurs peines, ça me fait du bien.

5. La coupe du monde 1982. Dans un hôtel presque luxe à Cervia en Italie. Voir la France perdre devant les touristes allemands, une honte. Le lendemain, gueule de bois pour toute la famille, j’avais onze ans, je croyais que Battiston allait porter plainte contre Schumacher et que la match serait rejoué ou gagné sur ‘tapis vert’. On écoutait la radio, on refaisait le match, bien avant Eugène Sacomano. Depuis, une amitié indéfectible était née avec les Bleus ce jour-là. Impossible de s’en détacher, je les ai vu souffrir. Je pensais 1998 comme un accomplissement, qui me libérerait du football, revanche accomplie. Mais non, trop tard.

6. Le championnat d’Europe des Nations de 1984 / la coupe du monde 1986, avec Brésil-France (écoute des tirs au but à la radio, obligé de revenir voir à la télé, le son saturé sur Europe 1, tellement les commentateurs criaient) et Platini.

7. Le Dynamo de Kiev de 1986.

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Merci à Renaud Sachet et à sa fine équipe.

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D'AUTRES CONTRIBUTIONS À M.T.L.