Feu de paille.

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Personne ne gagne de Jack Black
débarque en librairie !

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F E U   D E   P A I L L E

PAR BARBEREAU PHILIPPE

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L’air était tiède et d’une moiteur pénétrante ; on pouvait sentir comme en rêve la sueur se mêler au sang et empreindre chaque globule d’une fine pellicule graisseuse et lubrifiante. Son cœur battait la javanaise et chaque salve sanguinaire le traversant lui procurait une décharge de plaisir toujours mêlée à la souffrance d’être seul. La lourdeur implacable des bons soirs de juin murait la fenêtre pourtant grande ouverte, et le soleil agonisant récitait toutes les couleurs de son vocabulaire en un angélus kaléidoscopique. Son sexe gisait suffocant entre ses jambes transi par l’effroi. Il tourna le dos à la nuit naissante, essuya le sperme sur son ventre et observa pour la première fois la femme qui gisait dans son lit. Il se saisit du drap auréolé de blancheurs lactées et la recouvrit presque tendrement. Elle poussa un petit soupir animalier et, frissonnant déjà, exprima de tout son corps le besoin d’être réchauffée. Dédaignant son attente il sortit du lit telle une ombre fuyante, emprunta l’escalier, ouvrit le tiroir de son bureau, en sorti un revolver et se tira une balle dans la tête.

Au moment du déclic il entendit frapper à la porte d’entrée. Il se posa alors la question pertinente de savoir si le bruit venait de son imagination ou s’il avait tout simplement imaginé ce bruit...

Ne parvenant à élucider le problème, il reposa le calibre encore chaud et vibrionnant sur son plan de travail et parcourut à quatre pattes la distance qui le séparait du corridor. Arrivant près du toréador en cire que lui avait offert la municipalité il se souvint qu’il haïssait les chiens andalous, aboya trois fois et se leva pour observer par le judas. Appliquant sa cornée à l’embouchure optique il entra son doigt dans la serrure et plaqua tout son corps nu contre le bois de la porte.

C’est à ce moment qu’il vit pour la première fois un petit faon avec sa mère au fond des bois.

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D ' A U T R E S   P E T I T E S   C H O S E S   À   L I R E ?

Le lai de bisclavret de Marie de France édité par Julie Berlot.
Une lexicagraphe à Gianduja par Sonia Marques.
1,146 mailles/seconde par Jean Vilain.
La trace du calamar par Julien Campredon.
Lettre ouverte à H.B. Derwent par Michelle Martinelli.

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V O U S   Ê T E S   S U R   L E    S I T E   D E S   É D I T I O N S
M O N S I E U R   T O U S S A I N T   L O U V E R T U R E