U N E F I C T I O N PAR LUC SANTOLINI . . . . . . Cette histoire se passe à New York. Parce que New York est un bon endroit pour situer une histoire. Je n’y suis jamais allé, mais tout le monde a une ou deux images de cette ville. Et pour le réalisme d’une histoire c’est bien de faire intervenir des clichés que le lecteur peut facilement partager. Là, le cliché c’est New York, on peut mettre en place n’importe quel rideau de décor, du moment qu’on pense que c’est New York : les tours jumelles,une rue bordée d’immeubles géants au cœur de la city, la statue de la Liberté, un pont suspendue ou Time square. Cette histoire se passe à New York. Gordon Davis vit avec sa femme et ses
deux enfants depuis maintenant 15 années. Régulièrement,
ils changent de quartiers pour que les enfants – un garçon
et une fille – ne s’enferment pas dans une seule vision
de la ville. Dans chaque école, ils se font de nouveaux amis,
qui viennent s’ajouter aux anciens. À New York, c’est
facile de rester en contact, même quand on est des enfants,
tout est fait pour ça, le métro, internet, les portables.
Vous voyez un peu l’importance du réalisme dans la façon de raconter une histoire. Moi et mon ex-femme sommes partis il y a deux ans dans le nord du Maroc, à Casablanca. Nos enfants – un garçon et une fille – étaient chez leurs grands parents. Nous avons changé plusieurs fois d’hôtels pour mieux découvrir la ville. Un soir ma femme et moi avons eu une conversation. Peu après, elle me quittait. Je me rappelle bien l’avoir vu monter dans un taxi tout poussiéreux. Pour raconter une bonne histoire, il faut savoir de quoi on parle. Vous devez penser que celle de Gordon Davis, c’est un peu la mienne. Que de toute façon, beaucoup d’histoires, de bonnes histoires ont un fond de vérité. Parce qu’il est idiot d’essayer de parler de quelque chose qu’on a pas vécu. Vous allez aussi vous demandez : alors pourquoi j’ai situé mon histoire à New York ? Un écrivain doit écrire sur ce qu’il connaît. Écrire sur ce que je connais. Mais je ne suis jamais allé au Maroc non plus.
. . . . . .
|