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Le Séducteur de Jan Kjærstad,
une merveille romanesque venue de Norvège.

Fanny Ardant invite Monsieur Toussaint Louverture
à La Grande Librairie, irréel !

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L E S   B R E L O Q U E S
À   L A   C E I N T U R E
D E   L A   F A M I L L E

PAR CHRISTIAN ZORKA

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Christain ZorkA est l'un de nos fins auteurs publiés dans notre dernière et magnifique anthologie de nouvelles: Samarkand! Samarkand!

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Ô les bonhomeaulx, vous m’en donnez rarement l’achoison… « Pourquoi la girouette grince-t-elle ? » que vous me demandez. Et les abeilles de vrombir. Et le gris de tirer sur le vert. Mon fils, c’est le garde des seaux; même lui ne m’a jamais parlé de la girouette en cuivre martelé. Pourquoi vous ? Sur la girouette, c’est un cheval, pas un coq. Soyons d’accord là-dessus. Et puis, je ne la vends que parce que… Attendez ! N’allez pas la blandir tout de suite, le brouillard arrive. Cachez-moi ce gouffanon. «Pourquoi la girouette grince-t-elle?» J’y arrive.

Papa a fait la guerre. À son retour, il méprisait la vie. Il a passé plusieurs mois à délibérer en vain. Soudain, la poitrine affaiblie, il a fait placer son lit dans la cuisine. Là, il se plut à brûler du coton dans un cendrier. À sa mort, au fond du cendrier, on a découvert que le fond ressemblait à une médaille incuse où se dessinait un panorama étranger. Ça n’explique donc rien ?

Maman a beaucoup maudit le maire. Il offrait des passe-thé en argent à toutes les veuves. Pis encore, le verre dépoli de ses lunettes avait quelque chose de louche. Puis, il disait toujours en arrivant « J’ai les pieds en compote », ce qui, à force de répétition, énervait même les plus indulgents. Vous voyez ?

Bref, mon oncle s’est un jour avisé de se pointer. Il était facile de se tromper en pensant que ses chaussures étaient des pièges tendus pour des lièvres. Il mesurait plus de deux mètres. Moi, je n’étais même pas en âge de croquer des pommes ; ma sœur cadette avait des frisettes sur les côtés. Pour en revenir à l’oncle : il venait d’un hameau perdu où le forgeron était gentil. Il distribuait toujours de fausses pièces de monnaie aux enfants. C’est lui qui aimait les chevaux.

« Et le cabanon ? » On y mettait la brouette ; il y vivait un chat. À quatre ans, j’y ai trouvé une faux. À quinze ans, ma sœur m’y dépucela et nous parlâmes de partir loin. Hélas, dans la cuisine il y avait des casseroles à récurer… et le bacille tuberculeux paternel. Bastonné, hutiné, je n’ai jamais quitté la ferme. Vous me l’achetez ou pas, cette girouette ? Mon doux tourment, il faut que je le promène ailleurs. Je partirai sur un voilier.

Adjugé, vendu !

 

D U   M Ê M E   A U T E U R

Raisons de se rêver hobereau

 

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D ’ A U T R E S   T E X T E S   M . T . L .

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V O U S   Ê T E S   S U R   L E    S I T E   D E S   É D I T I O N S
M O N S I E U R   T O U S S A I N T   L O U V E R T U R E