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Le Séducteur de Jan Kjærstad,
une merveille romanesque venue de Norvège.

Fanny Ardant invite Monsieur Toussaint Louverture
à La Grande Librairie, irréel !

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U N   P E U   C O M M E   P H I L I P P E   S É G U R ,
M A I S   E N   2 0   M I N U T E S

PAR JULIEN CAMPREDON

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(Philippe Ségur a publié La métaphysique du chien, édition Buchet Chastel, 2001.)

Cela faisait un petit moment que, en fait, ça n’y était plus. Ou du moins que l’on ne savait plus vraiment où c’était, du moins, ce que nous voulions. Du coup nous sommes allés cherché ailleurs et nous y avons trouvé autre chose ; du coup nous sommes revenus au point de départ mais ça n’y était toujours pas. Alors, nous avons repris notre route, fait tout ce que le manuel nous disait de faire, c’est-à-dire remplir méthodiquement le coffre, sapin de Noël et ses boules, sex-shop, inviter des amis et participer à des souscriptions pour sauver des dauphins malades, bref, la totale. La voiture avançait toujours, pareille à un vieux diesel, un peu poussive avec le pot un peu troué et la carrosserie écaillée, mais de loin les gens pouvaient penser que nous avions retrouvé la sécurité d’une Berline. Elle s’investissait dans son avenir professionnel et moi, en saisonnier amoureux de l’été, je passais mon hiver neurasthénique à jouer à l’ordinateur et à regarder des émissions sur le tuning.

Me voyant dégénérer et moisir sur pied, elle songea à se dédouaner de sa faible présence en m’offrant un chien qui étrangement lui ressemblait beaucoup. D’ailleurs il s’agissait d’une chienne. Cela a donné un sens à mes journée désespérément vide: je la nourrissais, l’engueulais, la faisais chier devant le portail du couple de retraité dont la femme me crie dessus quoiqu’il arrive: bref, je m’en occupais comme d’une femme. Elle me faisait rire avec ses mimiques interrogatives, son air innocent et ses pets furtifs. Elle me léchait la main, vomissait sous l’escalier et aboyait dès que je tentais de faire la sieste. Pourtant l’hiver persistait malgré les petits mots attentif et toujours gentils que ma femme m’envoyait par le biais de sa mailing list.

J’ai commencé moi aussi à me laisser aller à de sournoises flatulences, à manger dans la gamelle du chien et à chier devant la porte de la voisine. Puis après, j’ai arrêté, je ne sortais plus trop de mon appartement, ma copine faisant les courses et nettoyant nos déjections sous l’escalier. Elle s’est montré relativement compréhensive jusqu’au jour où j’ai mangé la chaussure de son amant après avoir pissé sur son manteau. Alors, après m’avoir corrigé avec un journal, elle m’a traîné de force pour que je trouve un emploi. Bien que nous nous soyons séparé depuis, je lui en suis très reconnaissant, car aujourd’hui, je vis au grand jour ma passion pour cette chienne qui tout en véhiculant toute la candeur de mon ex ne m’en rappele pas les mauvais côtés. En plus nous travaillons ensemble maintenant, dans la sécurité. Le vigile est un brave homme, du moins tant qu’on ne pisse pas n’importe où.

 

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D ' A U T R E S   P E T I T E S   C H O S E S   À   L I R E ?

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V O U S   Ê T E S   S U R   L E    S I T E   D E S   É D I T I O N S
M O N S I E U R   T O U S S A I N T   L O U V E R T U R E