V E N D E U S E S D
E C
O L L I E R S
S U R L
A C
Ô T E A
F R I C A I N E
PAR DOMINIQUE BORDES
. . . . . .
Anta et sa
sœur marchent le long d’un mur, s’abritant de la pluie grâce à un
sac plastique.
ANTA
Les marins débarqués à 10
heures, ils sont dangeureux ?
LA SŒUR D’ANTA
J’ai dit à un, tu veux des colliers ? — Non,
je veux une gazelle pour aller me promener. Et je me tourne
et y en a un qui me fait pssst…
UN PASSANT (pas
un touriste)
Ça va Anta ?
ANTA
Ça va…
LA SŒUR D’ANTA
Que le ciel arrête la pluie.
ANTA
On ne peut rien vendre. (En regardant le ciel) Toi,
tu veux me faire pleurer !
Elles éclatent de rire. Plus tard, elles
discutent des clients quand un groupe de femmes passe, l’une
d’entre-elles parle.
LA FEMME
Mettre un mort directement dans le sable c’est
pas bien. Tu le laves, tu lui met du parfum et un beau boubou
— tu le mets dans le sable, c’est pas logique.
ANTA (à sa
sœur)
Hier, un client m’a fait déballer tout un
rouleau de
paréos…
LA FEMME
Dieu nous a fait intelligents et tu le mets dans
le sable,
ce n’est pas logique.
ANTA (à sa
sœur)
…et il a rien acheté.
LA SŒUR D’ANTA
Le fils de pute.
Le cortège de femmes s’éloigne
un peu.