Q : Comment avez-vous eu ce travail ?
R : Surtout parce que je suis un lieutenant de louveterie.
Q : Qu’est-ce que c’est que la louveterie
?
R : C’est une institution qui remonte au 9ème siècle,
le corps des "luparii" assure depuis cette époque
la régulation des espèces nuisibles.
Q : Les loups ?
R : Plus les loups, mais les renards, sangliers, mustélidés,
pigeons, corvidés, ragondins, cormorans, lapins… tout
ce qui peut faire des dégats. Je suis habilité à
diriger des battues et à chasser même quand la saison
de chasse est terminée.
Q : Quand êtes-vous devenu chasseur professionnel
à la SNCF ?
R : En 2001, mais j’étais cheminot avant ça, depuis
une trentaine d’années. Le nom exact de mon emploi est
chef d’équipe voie.
Q : En quoi consiste ce travail ?
R : Mon travail consiste, dans la mesure du possible, à faire
sortir les animaux, sinon je les abats.
Q : Pourquoi ?
R : Quand j'ai été nommé en septembre 2001, il
y avait beaucoup de gibier sédentaire vivant dans « l'emprise
» de la SNCF, c’est l'enclos grillagé entourant
la ligne TGV. Les retards de trains, provoqués par des heurts
avec les animaux, se sont multipliés suite à l'explosion
ces vingt dernières années de la population de chevreuils
et de sangliers.
Q : Quels sont les pires animaux que vous chassez
?
R : Les blaireaux sont les pires car ils font des trous dans les barrières
qui sont ensuite utilisés par les sangliers et enfin par les
chevreuils.
Q : Qu’est-ce que vous aimez dans ce métier
?
R : J'adore mon métier parce que je suis dans la nature et
je fais tous les jours 15 à 20 km à pied. Mais je n'apprécie
guère d'être obligé de tuer les animaux qui ne
veulent pas sortir.
Q : Combien en avez-vous abattu jusqu’à
présent ?
R : L’an dernier j’ai abattu 54 chevreuils, mais j’ai
quand même réussi à en faire fuir une douzaine.
Q : Comment êtes-vous perçu par les autres
?
R : Par la SNCF bien, parce que les retards dus aux heurts d’animaux
sur la ligne Bourgogne sont en chute libre. Les autres chasseurs sont
envieux, il y a beaucoup de candidats pour prendre ma suite en 2005,
l’âge de la retraite. Tous les chasseurs du coin veulent
mon boulot. Mais l'heureux élu sera un cheminot.
Q : Qu’est-ce que vous aimez le moins dans ce
travail ?
R : La blague sur le boulot, qu’on m’appelle le chasseur
de TGV, je préférerais qu’on me nomme Monsieur
sécurité.