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Le Séducteur de Jan Kjærstad,
une merveille romanesque venue de Norvège.

Fanny Ardant invite Monsieur Toussaint Louverture
à La Grande Librairie, irréel !

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B R E F   E N T R E T I E N   A V E C
J É R O M E   B . ,   C R É A T E U R   D E
S L O G A N S   P H A R M A C E U T I Q U E

PAR LYDIE ROMAIN

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Q: Combien de temps avez-vous exercé ce travail?
R: Deux années, de 2001 à 2003. J'ai arrêté en septembre 2003.

Q: Quel âge avez-vous?
R: Trente-cinq ans.

Q: Comment avez-vous eu ce travail?
R: Je travaillais comment consultant dans une boîte de publicité, en fait c'était plus un poste d'assistant dans un service de créa. Mon boulot consistait à regarder les autres suivre une charte graphique qui avait été établie par le service marketing. Je passais mon temps sur internet. Un jour j'ai répondu à une annonce pour du contenu éditorial. Je me suis présenté et j'ai été pris.

Q: Vous avez une formation médicale?
R: Quand j'ai signé mon contrat, on m'a aussi fait signer des clauses de confidentialité, je ne peux pas répondre à toutes vos questions, par exemple celle-là.

Q: Vous pouvez me donner l'un des slogans que vous avez créés?
R: Oui, l'un de mes préférés: parce que les insomniaques ne sont pas tous les mêmes. Il peut fonctionner avec tout, voyez: parce que les boulimiques ne sont pas tous les mêmes.

Q: Comment ça se passait, vous travailliez en équipe?
R: Oui, nous étions une équipe de cinq, toujours les mêmes.

Q: Des hommes et des femmes?
R: Non, juste des hommes.

Q: Vous savez pourquoi?
R: Le service qui nous employait, pensait qu'une ambiance masculine était plus propice à la création.

Q: Vous aviez des brainstorming?
R: En quelques sorte. Tout était fait pour que nous ayons l'impression d'être une bande de potes à la sortie d'un gymnase. On devait blaguer, mettre toutes les idées qu'on pouvait avoir par écrit, tout rassembler, même le pire. Le matin on arrivait un peu quand on voulait, on pouvait rester connecté au web toute la journée, ou regarder des chaînes câblées, on pouvait avoir accès à toutes les infos du monde. On avait aussi un squash. La direction, nous encourageait à jouer ensemble. On sortait un peu plus tard que la moyenne en fin de journée, mais ce n'était pas vraiment grave. Ça nous encourageait à prendre un verre ensemble.

Q: Vous aviez aussi en charge de trouver les noms des médicaments?
R: Non, ça c'était une autre équipe, je crois. Des femmes uniquement, mais personne n'était sûr, on ne les a jamais rencontrées. On avait accès à un réfectoire, mais c'était mal vu de se mêler aux autres. Nous on devait trouver des slogans. Au départ on vous donne le type de médicament sur lequel vous devez travailler, puis on vous laisse.

Q: À quoi ressemblaient vos réunions de travail?
R: Imaginez cinq gars, en bras de chemise, en train d'essayer de lancer une petite balle en mousse dans une corbeille placée au-dessus d'une porte.

Q: Et ça marchait?
R: Ça dépendait d'où on lançait.

Q: Non, pour les slogans.
R: Oui, pour les slogans ça marchait pas mal, pas toujours pour le bon produit, mais ça ne posait pas de problème, on le mettait de côté, pour plus tard.

Q: Combien de slogans par jour?
R: Entre quatre et cinq. Mais de vraiment bons, je dirais trois maximum.

Q: Qui contrôlait votre travail?
R: Un superviseur, c'est lui qui nous donnait des types de produits et les publics ciblés. C'est lui aussi qui s'occupait du comité d'entreprise. Un mec sympa, un bosseur. Il repassait en fin d'après-midi, pour prendre nos slogans.

Q: Vous avez des mauvais souvenirs de cette expérience?
R: Pas trop, j'étais bon au lancer. Les jours où ça venait pas, on ressemblait plus à cinq gars dans leurs coins, enfin, quatres dans leurs coins et un au milieu, et pas un bruit. Mais ça ne durait jamais longtemps. On recevait plein de mails rigolos, comme il en circule beaucoup dans les bureaux. Ou alors, il y en avait un qui faisait sonner le téléphone d'un autre, mais sans se faire voir, vous voyez. Et qui raccrochez quand l'autre décrochez. Tout de suite ça décoince.

Q: Vous vous souvenez de tous les slogans que vous avez créés?
R: Non, juste de quelques-uns.

Q: Vous pouvez m'en dire un?
R: La santé passe par la peau.

Q: Quand vous devez acheter un médicament, vous faites attention au slogan?
R: Non.

Q: Hum... Vous n'avez pas confiance en ces slogans?
R: Si, mais vous savez...

 

 

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V O U S   Ê T E S   S U R   L E    S I T E   D E S   É D I T I O N S
M O N S I E U R   T O U S S A I N T   L O U V E R T U R E