MTL est une revue de nouvelles ! La preuve, notre prochaine
publication est un recueil de poésie… En vue du lancement,
le service marketing a décidé de mettre Franck Rouanes
sur le coup, pour faire bonne impression à la radio.
Franck avait déjà passé des nuits
dans sa cave, traduit la petite Argento et préparé une
note à son sujet. Hélas, au cours d’une échappade
à Montpellier : catastrophe, il oublie sur place son pantalon
de traducteur poète et se retrouve à nouveau coincé
dans sa cave. Maintenant qu’il na plus son artéfact vaudou
en toile écrue pour communiquer avec le monde des muses : patatratra...
Concertation au service Marketing. Allons, voyons voir:
Rouillé est en train de refaire son salon, Bonnet a une tête
au réveil à faire peur à un poète, Monsieur
Pi est un nombre trop mathématique… Et il nous faut absolument
dès lundi une note sur Ossang pour le site. Voyez avec Campredon
car même s’il collectionne des scalps poétiques
dans sa cuisine, juste entre ses saucissons d’Ariège
et le jambon des Pyrénées, on dit bien qu’Ossang
est originaire du Massif Central, ça passera peut-être…
L ’ A L I B I D
U R O C K E R
Avant de rentrer plus ou moins dans le vif de quelque
chose – à défaut du sujet – je tiens à
me positionner de manière indépendante : je n’ai
rien à dire à propos de la poésie. En effet il
serait un peu facile de passer une couche de langue sur tout ce passé
bouillonnant et d’oublier Lydia Lunch et son « genuine tampax
» s’écrasant sur la scène des Deads Boys.
Ainsi – vive les punks – ne parlons pas des poètes
(il n’y a qu’à les lire) mais de F. J. Ossang car
j’ai une photo de lui chez moi et tout part de là, ce qui
d’ailleurs nous ramène au punk. Sur ce cliché nous
retrouvons Ossang qui, dessus, a une tête de poète et porte
un manteau de poète, aux côtés de Joe Strummer qui,
pour sa part, ressemble plutôt à un Anglais en parka. Joe
Strummer n’ayant pas d’accessoire poète, il n’aurait
donc peut-être jamais été de ceux-là –
à voir.
Cette photo appuie un témoignage d’Ossang sur le défunt
clashman ; l’homme au manteau de poète réalise aussi
des films de poète (fétichisme ?) et a fait tourner Strummer
dans l’énigmatique Docteur Chance. En 1997, nous revoyions
ainsi Joe Strummer dans le rôle d’un trafiquant d’armes
planqué dans un paquebot éventré à l’échouage
improbable ; le réalisateur lui ayant mis dans la bouche ces
mots surprenants : « I was a rock star ». C’était
une sorte de réponse à tous les fans du leader du Clash
qui s’interrogeaient alors sur ce qu’il était devenu
depuis la dissolution du groupe culte : ne vous en faîtes pas
les gars, ce fou est simplement pervers et trafique des armes dans un
lieu improbable. Ouf !
Quelques temps plus tard Joe a démenti en disant qu’il
élevait tranquillement ses filles dans un cotage quelconque…
Pour le coup, c’était moins poétique, mais au fond
peut-être plus surprenant. Or, il faut savoir que notre poète
– Ossang – est aussi un rocker. Ainsi, pour les gens qui
s’interrogent sur le pourquoi de ses poèmes et du montage
de son prochain film en Amérique du Sud, je propose une autre
lecture : il s’agit d’une couverture. En effet, peut-être
que cet homme ment. Peut-être que, un peu comme Joe Strummer,
il élève simplement ses filles dans une maison en pierres
du massif central dans laquelle, à l’instar de Nicolas
Rouillé, il est en train de refaire son salon…