2 0 M I N U T E S PAR BENOÎT BENZÉNE - - - -
Le colonel Easy F. Forward de la flotte impériale fait face au conseil de crise. Il a gardé ses mains sur les cuisses. Il est gêné, il est embarrassé, il a la sensation d’avoir des bras en trop et de ne pas savoir qu’en faire. Le président Weller finit de vider son verre et le repose sur la table en fibre métallique. - Le conseil vous écoute, Colonel. Où en sont vos recherches ? Vaguement, Easy se dit que c’est à lui de prendre la parole. Il est bien mal parti avec sa grosse boule dans la gorge et le temps qui tourne. Il reprend son souffle et lâche l’information que ses techniciens lui ont rapporté. - Il ne nous reste que 16 minutes 30 avant la destruction quasi-complète de la planète, monsieur Le Président. (Si le texte est lu, ou joué, on doit bien sentir la majuscule). Le Président penche la tête vers le conseiller militaire. - Vous avez toute confiance dans ce guignol ? Le président toise Easy Forward. - Vous voulez rire, mon jeune ami ? Le conseiller militaire s’osa auprès du Président. - Vous voyez, il est compétent. C’est pourtant clair, Robert. Vous n’êtes plus le président de rien. Nous y voilà ! L’Armaggedon. Easy, où va tomber la météorite ? Easy danse d’un pied sur l’autre. - C’est là le truc marrant, Bob. D’après
nos calculs, qui sont précis au mètre carré près,
nous nous trouvons vous et moi dans un lieu qui est sur la ligne de
probabilité. Un silence absolu se pose sur la pièce, que l’officier de renseignements décide de trancher aussitôt. - Messieurs, ne vous l’avais-je pas dit ? La météorite classique. Ah ah ah ! Une petite boule de Terre, voilà sur quoi nous sommes posés, messieurs. Le président. - Marguerite, votre gueule, merde ! Le conseiller militaire. - C’est bon, Maggy, vous aviez raison, et après ? Marguerite se lève et s’approche d’Easy. Lui, il est cuit, confit dans sa sueur. - (au Président) Mes respects, Robert
! (au conseiller) Ne m’appelez plus jamais Maggy ! (à
Easy) On y va, Easy ? Easy et Marguerite s’éloignent très franchement du Président et du conseiller, qui restent comme deux malheureux autour de la table de la salle de réunion. Cette salle qui dans 2 minutes ne sera peut-être plus qu’un puits de cendres. Aucun des deux n’ose parler. Pour dire quoi ? Le président s’y risque quand même. - Fait pas chaud, hein ? 00 : 00 – Impact. La salle de réunion et plus de la moitié
du bâtiment ont été arrachés. La buanderie
est intacte.
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